Équipe de France

Geoffrey Kondogbia, un nouveau roc à Monaco

The last but not the least. La dernière recrue de l’ASM renforce encore un peu plus l’armada de Claudio Ranieri. Geoffrey Kondogbia est relayeur mais pas que. Découverte du nouveau prince de Louis-II, accessoirement champion du monde à 20 ans.

Il faut croire qu’il n’est pas superstitieux. Qu’il croit en sa chance. Ou qu’il ne savait pas. Geoffrey Kondogbia fut la treizième recrue monégasque de l’été 2013. Après les folies du début, les Falcao, Joao Moutinho, Eric Abidal et autres, il est venu fermer le mercato de l’ASM comme une évidence. La dernière pierre manquante d’un édifice déjà classé monument historique, après à peine quelques semaines d’existence. Geoffrey était courtisé par les plus grands, le Real Madrid notamment. Mais c’est à Monaco que le néo-Bleu a choisi de poursuivre sa carrière.
Une vie de pro placée dès le départ sous le signe de l’accélération. Pote de chambrée de Raphaël Varane au centre de formation du RC Lens, il quitta la Gaillette dans l’intimité alors que le « Raph’ » attirait flashes et micros à lui, sur la route de Madrid. Sa direction ? L’Espagne aussi, pointe Sud. L’Andalousie et sa capitale, Séville. Kondogbia devint en quelques mois un pilier de l’équipe et l’une des grandes révélations de la saison. Gaucher, milieu relayeur, toujours attiré par la profondeur, il se révèle le parfait complément de Paul Pogba au milieu chez les Bleus, jusqu’en U20 et ce fabuleux titre de champion du monde en Turquie. Le grand Geoffrey (1,88 m), à l’instar du géant Paul, ne passera pas – ou si peu – par la case Espoirs.

Deschamps : « Un relayeur gaucher mais avec un profil différent des autres »
En mars 2013, alors que ses performances commencent à faire parler au-delà des frontières andalouses, il refuse de prêter attention aux bruits, préférant se concentrer sur son jeu et son travail, son pain quotidien. « On parle beaucoup, on me parle, oui. Mais je le prends à la rigolade le plus souvent. Je n’aime pas me projeter trop loin. Je me sens capable d’atteindre le niveau de Paul (Pogba) ou de Raphaël (Varane). Ils ne me semblent pas très loin mais il me reste du travail. » Ce n’était qu’une question de semaines. Tout va toujours très vite avec lui.
Didier Deschamps le convoqué au mois d’août. S’il n’y avait pas eu la Coupe du monde en Turquie, il aurait été appelé dès juin pour la tournée des Bleus en Amérique du Sud. Ça faisait un petit moment déjà que « la Desch’ » était séduit par ses prestations andalouses. « C’est un relayeur gaucher mais avec un profil différent des autres parce que Geoffrey a aussi une efficacité offensive dans la passe ou même vers le but », explique « DD ».

Monaco a déboursé 20 millions pour l’avoir
Régulateur du milieu mais surtout premier relanceur (hors pair), le nouveau roc de Monac’ possède cette faculté à se projeter vers l’avant et à couper les lignes défensives d’en face grâce à sa qualité de passe. « J’ai été un peu surpris par tout ça, raconte-t-il. Ça va tellement vite ! J’ai eu un peu d’appréhension, je voulais d’abord découvrir comment vivait le groupe France. Du coup, je ne me suis pas fixé d’objectif particulier. Je suis rapidement redescendu de mon nuage après le titre de champion du monde. C’était obligé. La marche est haute entre les Espoirs et les A. Mais je suis prêt à tout. Et puis ce n’est que du foot. » Dit comme ça…
Le voilà donc monégasque puisque l’ASM a fait l’effort de débourser le montant de la clause libératoire du gaucher : 20 patates. Aux côtés des Jérémy Toulalan, Moutinho et autres Abidal, l’histoire se poursuit sur le même mode, accéléré, mais quelques paliers au-dessus. Pierre Mankowski, sélectionneur des U20 champions du monde, n’est pas surpris. « Qu’il soit plus ou moins offensif, son poste, c’est milieu gauche. Après, il possède une telle maturité pour son âge et une telle intelligence de jeu qu’il s’adapte. » « Il a toujours possédé une forme d’analyse, d’intelligence, supérieure à la moyenne », assure Georges Tournay, ancien directeur du centre de formation du RC Lens.
Olivier Bijotat, qui l’a aussi eu en formation à Lens, est tout aussi conquis : « Je n’ai jamais vu un joueur aussi déterminé. Sur le terrain, c’est un aspirateur, il va chercher le ballon dans les pieds de l’adversaire et ressort souvent vainqueur du duel. Et il est super à l’aise techniquement. Il sait jouer court et long. Donc, il est capable de distribuer. » Ce qui peut faire très mal à Monaco, quand il s’agit de lancer les flèches de l’attaque avec Toulalan et Moutinho.

Geoffrey Kondogbia en short
■ Né le 15 février 1993 à Nemours
■ 1,88 m, 77 kg
■ Milieu
■ Roadbook : RC Lens (2010-2012), FC Séville (ESP, 2012-13), AS Monaco (depuis 2013)
■ International A. Première sélection : le 14 août 2013, Belgique-France 0-0
■ Palmarès : Champion du monde U20 en 2013 avec la France

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