Équipe de France

Franck Ribéry, le roman de sa vie (6)

C’est l’histoire d’un p’tit gars qui a grandi à Boulogne-sur-Mer, dans le quartier agité du Chemin Vert. C’est l’histoire d’un mec qui a bien galéré et connu des fins de mois sans le sou avant de percer. C’est l’histoire d’un joueur qui a trouvé la lumière de Metz à Marseille en passant par Istanbul. C’est l’histoire d’une star devenue le boss chez les Bleus et l’un des acteurs majeurs des succès les plus fous du Bayern Munich. C’est l’histoire de Franck Ribéry…

NOUVEAU KAISER AU BAYERN MUNICH

En Bavière, Franck Ribéry a changé tous les codes. Il est devenu en 2013 le meilleur joueur d’Europe après avoir tout gagné. Sa voie semble désormais tracée.
Raymond Domenech lui avait dit au moment de son transfert : « La Bundesliga est faite pour toi. Il y a énormément de duels en un contre un, tu vas te régaler. Le Bayern, c’est la meilleure chose qui puisse t’arriver. » Raymond n’a pas toujours eu raison mais il faut bien reconnaître que sur ce coup, l’ancien sélectionneur des Bleus ne s’est pas trompé.
Franck arrive en Bavière après un transfert de 27 millions d’euros. Le chiffre plane au-dessus de sa tête. Le statut, qu’il n’a pas choisi, pèse sur ses épaules. Le Bayern a passé la vitesse supérieure, en cet été 2007, sur le marché des transferts. L’ex-Marseillais découvre la Säbernerstrasse, le centre d’entraînement des Rouges, en même temps que l’Allemand Miroslav Klose et l’Italien Luca Toni. Le trio a de la gueule. De quoi revoir les ambitions du club à la hausse. Le Bayern n’est pourtant pas qualifié pour la Ligue des champions.

Les mots rassurants de Bixente Lizarazu
Franck aurait pu la disputer s’il était resté à Marseille. Il n’a toujours pas goûté aux joies de la C1 ni entendu sa musique si particulière. Pas grave, son choix est réfléchi. Bixente Lizarazu confie : « Il m’a consulté plusieurs fois avant de rejoindre le Bayern. Ce qui l’inquiétait, c’était de ne pas disputer la Ligue des champions. Mais je l’ai rassuré, je lui ai dit que c’était un simple accident. Avec Ottmar Hitzfeld, qui était là lorsqu’il est arrivé, il avait l’entraîneur idéal pour poursuivre son développement. »
Coup de bol ou coup de maître, ses débuts sont juste exceptionnels. Dès le 21 juillet, il claque un doublé (dont un but magistral) et délivre une passe décisive en Coupe de la Ligue, sur la pelouse du Werder Brême. Une nouvelle passe dèc’, en Coupe contre Burghausen. Puis un premier but en championnat, dès la deuxième journée, encore sur la pelouse du Werder. On finirait par croire qu’il aime le Nord… Franz Beckenbauer, qui n’a pas l’habitude de manier la langue de bois, y va de ses premières impressions dans la presse. « Quand nous l’avons engagé, c’est comme si nous avions gagné au Loto ! » Franck en mascotte de l’Euromillions ? L’idée peut faire son chemin.

Une première saison en forme de consécration
Onze buts et huit passes décisives agrémentent sa première saison de Bundesliga. Toutes compétitions confondues, les totaux montent à 21 buts et 20 passes décisives (46 rencontres sous le maillot du Bayern). On n’est pas loin du jackpot, effectivement. Cette première saison tourne à la consécration avec le triplé Coupe de la Ligue, dont il termine meilleur buteur, Coupe d’Allemagne et championnat. N’en jetez plus !
Sérieusement blessé à la cheville à Zurich contre l’Italie pendant l’Euro, Ribéry ne signe sa rentrée que fin septembre, contre l’OL, en Ligue des champions. Il retrouvera vite son pic de forme. Toujours virevoltant, le roi du dribble et du changement de rythme s’impose pour de bon comme l’homme fort de la Bundesliga. Jürgen Klinsmann, son entraîneur, n’est pas mécontent de le revoir sur les terrains. « C’est Dieu qui lui a donné son talent. » Dans son couloir gauche, Franck enchaîne les bonnes périodes et les repos forcés. Cette cheville opérée le titille toujours, d’autant qu’il n’est pas du genre à se cacher sur un terrain. Et comme on le dit dans le jargon, son jeu appelle les coups. Donc… Une vilaine tendinite au tendon rotulien l’éloigne plusieurs semaines.

Le malaise Louis Van Gaal
Le Bayern ne gagne rien en 2009 mais il remet le couvert en 2010. Doublé Coupe-championnat. Francky voit rouge en demi-finales de la Ligue des champions contre Lyon. Vilaine semelle, comme un réflexe, sur la cheville de Lisandro Lopez. La sanction tombe : deux matches de suspension. C’est donc depuis les tribunes de Santiago Bernabeu qu’il suit sa première finale de C1. Et il la vit mal. Ce soir-là, Madrid voit le triomphe de l’Inter Milan de José Mourinho. Retour tête basse et bière tiède. De toute façon, ce n’est pas franchement l’éclate entre Franck et son entraîneur, Louis Van Gaal.
Arrivé en juillet 2009 pour prendre la succession de Jürgen Klinsmann, le Néerlandais impose ses préceptes tactico-tactiques. Il fait jouer Arjen Robben, Ribéry and co comme des automates. La saison 2010-2011 sera celle de trop. Le Batave est remercié en avril. « J’ai dit qu’il n’y avait pas un bon feeling, se souvient Franck. C’était vraiment ce que je ressentais. L’important, c’est la confiance entre un entraîneur et ses joueurs. Et là, c’était compliqué… Il aurait fallu qu’on rigole un peu plus, qu’on prenne du plaisir. C’est la première et la seule fois de ma carrière où le contact avec un entraîneur n’a pas été positif. »

Jupp Heynckes bâtit une machine de guerre
Van Gaal, amoureux du conflit, expliquait : « Quand je suis arrivé au Bayern en 2009, (Ribéry) voulait partir au Real Madrid. J’étais favorable à son départ mais les dirigeants ne voulaient pas en entendre parler. » Aujourd’hui, l’évocation du coach néerlandais n’est plus qu’un mauvais souvenir. Le board munichois se réjouit d’avoir conservé son Français dans ses rangs. Depuis l’époque « LVG », les choses ont bien changé.
Jupp Heynckes, sorcier, maître ou pompier de service, reprend le flambeau en juillet 2011. Comme un nouveau départ. Une saison pour prendre la température, une autre pour réciter son football. Le Bayern ne rafle aucun titre en 2012 mais la troupe commence à ressembler à quelque chose. Mieux : une vraie machine de guerre se met en place. « Deux ans sans titre, ça commençait à faire long pour un club comme le Bayern », se souvient le Français. Sans le savoir encore, celui qui est, depuis plusieurs années déjà, « Kaiser Franck » outre-Rhin entame la saison de tous les records. L’année de ses 30 ans. Le bel âge, paraît-il, pour un footballeur.
Il faut entourer d’un cercle rouge la date du 28 octobre 2012. Ce jour-là, un Bayer Leverkusen béni s’impose sur la pelouse de Munich (2-1). Ce sera la seule défaite bavaroise en championnat. Franck, blessé, n’était pas sur le terrain. Il faut remonter au 2 octobre 2012 pour retrouver sa dernière défaite en club : 1-3 chez le BATE Borisov en Ligue des champions.

Fin de carrière au Bayern ?
Sur l’année 2013, il dispute 37 matches. Bilan : 34 victoires, 3 nuls. En août, il devient le premier joueur de l’histoire à remporter 18 matches de suite en Bundesliga. Début novembre, il est associé à un nouveau record décroché par le Bayern : décisif à Hoffenheim (victoire 2-1), il permet aux siens d’aligner une 36e rencontre sans défaite en championnat. Record de Hambourg (1983) égalé. Les barrières tombent. Le Bayern devient invincible. Et Franck en veut toujours plus. « Le fait d’avoir tout gagné la saison dernière nous met une pression supplémentaire, disait-il au moment d’aborder l’exercice 2013-14. Mais il faut oublier ce qui s’est passé. Même si cette Ligue des champions, elle est à nous. Personne ne viendra nous l’enlever. J’aimerais qu’on devienne la première équipe à conserver le trophée. La gagner deux fois de suite, ça, ça serait vraiment beau ! »
Tous les voyants clignotent. Jupp Heynckes parti à la retraite en pleine gloire, Pep Guardiola s’est assis sur le banc munichois. Ça n’a pas l’air de calmer l’appétit féroce de ces Bavarois. Il faudra être fort, très fort pour les empêcher de refaire le même coup. Kaiser Franck, lui, est sûr de son fait. Le joueur a non seulement pris une autre dimension mais il se sent dorénavant chez lui. Ça aide. Et accentue encore un peu plus son impact au sein du géant de Bavière. « En arrivant ici, je ne pensais pas que j’y terminerais ma carrière. Mais aujourd’hui, je ne me vois pas jouer ailleurs qu’au Bayern. »

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