Étranger

Francesco Totti, Romain éternel (1)

C’est l’histoire d’une vie auprès d’une Louve qu’il a adorée de tout son cœur. C’est l’histoire unique d’un joueur qui a porté pendant vingt-cinq ans le même maillot. C’est l’histoire du huitième roi de Rome ! C’est tout Francesco Totti.

C’était une journée (très) particulière pour les supporters des Giallorossi. C’était une journée (tellement) particulière pour Francesco Totti. C’était un jour de grandeur flamboyante et de tristesse infinie. Il y a eu des cris d’amour, des chants de dévotion, des larmes, qui ont coulé à flot de tous les côtés du stade. C’était le 28 mai et l’AS Rome, qui recevait dans son stadio Olimpico Genoa, ne disputait rien de moins qu’une place directe en Ligue des champions (assurée de la 2e place et donc d’y participer en cas de victoire). Mais en fait, c’est bien plus qui se jouait à ce moment-là. « Il Capitano », comme on le surnommait le plus communément, ou bien, pour d’autres, « Il Gladiatore » et « Il Bimbo d’Oro », bref, le héros éternel de la Louve, faisait ses adieux aux armes et en larmes à son club et à son maillot de toujours.
A 40 berges et huit mois, celui qui était arrivé chez les Giallorossi à 13 ans (premier match avec les pros à 16 ans et des poussières) a tiré sa révérence sur un total de 786 matches et 307 buts, rien que sous ses couleurs de cœur, auquel on peut ajouter 58 sélections et 9 buts avec la Squadra Azzurra. Et c’est tout un monde qui tombe. Et c’est toute une vie qui s’achève.
Ce 28 mai restera le sien pour toujours, dans une Rome aussi éternelle que lui. Il a pénétré sur le terrain avant de rejoindre le banc des remplaçants, comme un empereur, sous les vivas d’une foule en délire. La suite s’est inscrite dans la confusion des sentiments. Avec le son et l’image : toutes ces banderoles, tous ces tifos, tous ces chants à sa gloire. Tout ce bruit et toute cette fureur. Etourdissant, époustouflant, ensorcelant. On pensait avoir atteint le paroxysme, on se trompait.
Quand ce héros de Francesco est entré à la 55e minute (le score était de 1-1), à la place de Mohamed Salah, on était prêt à jurer que la Terre s’était mise à trembler, depuis le stade olympique jusqu’aux rives de la Méditerranée. Dès lors, chacune des balles qu’il a touchées a été accompagnée d’un tonnerre d’applaudissements, chacun de ses gestes était une dernière ode à la joie. Et comme la fête devait être belle jusqu’au bout, la Roma s’est finalement imposée 3-2 grâce à un but de Diego Perotti à la 90e minute, assurant définitivement la 2e place de la Serie A aux hommes de Luciano Spalletti. Et, par voie de conséquence, une qualification directe pour la Ligue des champions.
Alors, le dieu vivant a été porté en triomphe par ses partenaires, envoyé très haut dans le ciel, si près des étoiles, dans une effervescence toujours aussi folle et dans l’incandescence d’une cité en fusion. Et puis tout à coup, grand moment de silence, le seul de cette journée. Totti s’est emparé d’un micro pour lire une longue lettre d’amour aux fans romanisti. Il a d’abord commencé par les remerciements, parce qu’il ne savait pas s’il aurait la force de terminer sa lecture. Puis, il a enchaîné, submergé par l’émotion. Extraits.
« Aujourd’hui, le temps est venu frapper sur mon épaule et m’a dit : « Nous devons grandir. Dorénavant, tu es un homme et tu ne peux plus sentir l’herbe de si près, le soleil sur ton visage pendant que tu cours vers le but, l’adrénaline qui te consume et la satisfaction d’exulter. » (…) Cette fois, ce n’est pas un rêve, c’est la réalité et je ne peux pas reprendre le fil. J’ai enlevé le maillot pour la dernière fois mais éteindre la lumière n’est pas facile. Maintenant, j’ai peur et c’est moi qui ai besoin de vous et de votre chaleur. Avec votre amour, je peux tourner la page et me lancer dans une nouvelle aventure. (…) Etre né à Rome et être supporter de la Roma est un privilège, être le capitaine de cette équipe a constitué un honneur. Vous êtes et serez toujours ma vie. Mon cœur restera là, avec vous. »
Et « Il Capitano » s’en est allé pour un ultime tour d’honneur…

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