Équipe de France

France : On demande un cordon bleu (1)

Avec Didier Deschamps prolongé et donc renforcé à son poste, avec des cadres très Champions League et des jeunes pleins de talent, il va falloir trouver le bon dosage. La bonne recette pour se délecter et rêver plus grand.

Ce n’est pas vraiment une surprise mais cela reste un message fort. Au cœur de l’automne, une vingtaine de jours après la qualification des Bleus pour la Coupe du monde en Russie et pile un mois avant le tirage au sort du tournoi au Kremlin de Moscou, Noël Le Graët, président de la Fédé, a convoqué fissa une conférence de presse pour annoncer la prolongation du contrat de Didier Deschamps, qui courait jusqu’au rendez-vous mondial, de deux années supplémentaires. Ce n’est pas une surprise parce que le feeling (parfait) entre les deux hommes ne s’est jamais démenti depuis le début de leur collaboration.
Le président apprécie le sélectionneur et l’homme. Son travail et son investissement, qui dépassent les limites strictes du cadre bleu. Les deux sont sur la même longueur d’ondes. Seul le cas Karim Benzema, qu’ils n’envisageaient pas forcément de la même manière, aurait pu constituer un point de crispation. Mais Le Graët a décidé de se ranger derrière son commandant de bord sur ce dossier. Pour le reste, c’est grand soleil. « Pour moi, Didier est le meilleur, il n’y a pas photo, a martelé le big boss. Il a la responsabilité totale, il réussit parfaitement et il est bien intégré à la Fédération. Il respecte les engagements pris et il a atteint tous les objectifs fixés. Avec lui, l’équipe de France est redevenue une nation qui compte. » Fermez le ban.
Ce n’est pas une surprise mais cela reste un message fort. D’abord, au niveau du timing. L’information est tombée avant le tirage au sort et ce n’est pas un choix neutre. Alors que certaines critiques commençaient à percer sur le niveau de jeu des Bleus, durant la deuxième partie de leur parcours éliminatoire, le Breton a en quelque sorte sifflé la fin de la récréation et remis tout le monde en ordre de marche, derrière le panache blanc du coach. Une façon tranchée d’empêcher les inévitables rumeurs d’enfler et de se propager de manière venimeuse, ce qui serait arrivé s’il avait laissé du temps au temps avant de rendre sa décision. Le Graët dit encore que les performances en Russie ne changeront rien au programme mais il fixe quand même un objectif : « Faire mieux qu’au Brésil et atteindre le dernier carré. »
Atteindre le dernier carré ? Les Français n’ont pas donné les meilleures assurances lors des rendez-vous cruciaux de septembre et d’octobre, où le groupe a été loin de nous offrir une partition harmonieuse. Un nul qui a sonné comme une défaite contre le Luxembourg, suivi de deux victoires plutôt paresseuses en Bulgarie et surtout face au Belarus. Des résultats qui ont interpelé. Mais on ne doit pas oublier, dans ce tableau, de mentionner les disparitions sur blessure de Paul Pogba et N’Golo Kanté, deux éléments majeurs au cœur des débats. Avec le joueur tout-terrain de Chelsea à Sofia, l’équipe de France, sûre de son jeu, a parfaitement maîtrisé son sujet pendant une demi-heure. C’était, d’un coup, beaucoup moins fluide et beaucoup moins évident après sa sortie. Et on connaît aussi le poids – décisif – de Paul le Poulpe, capable des inspirations les plus folles comme des transversales les plus diaboliques. De quoi mettre la tête des adversaires à l’envers.
Et puis, rançon de la gloire, il y a l’arrivée en force et en masse – surtout dans le secteur offensif – de la nouvelle vague bleue (Kylian Mbappé, Thomas Lemar, Nabil Fékir, Anthony Martial, Kingsley Coman, Ousmane Dembélé…). Elle apporte tonicité, vitesse et technique. Elle nécessite aussi certains ajustements afin de mettre tout ce beau monde au diapason et éviter la cacophonie. Au chef Deschamps, donc, de trouver le bon dosage, la bonne recette pour faire prendre la sauce et nous offrir le mets royal que permet d’imaginer le talent de cette troupe. On demande un cordon bleu pour les Bleus.
« Mais, se défend l’intéressé, je ne peux pas prendre des jeunes et les voir tout de suite à 20 ou 30 sélections, avec l’expérience accumulée qui va avec. C’est vrai, tout a été loin d’être parfait contre le Luxembourg ou le Belarus mais ces jeunes apprennent. Ces matches les aident à grandir. Et en juin prochain, ils auront grandi davantage. » Surtout que les mômes, sans complexe, ingurgitent vite les leçons. Vivement demain, donc.

Classement FIFA : 7

1er tour
Le 16 juin à 12h, Stade de Kazan : France-Australie
Le 21 juin à 17h, Stade d’Ekaterinbourg : France-Pérou
Le 26 juin à 16h, Stade Loujniki à Moscou : France-Danemark

Visa mondial
• Superficie : 672 370 km2
• 67,6 millions d’habitants
• Capitale : Paris
• Fédération : Fédération Française de Football
• Année de fondation : 1919
• Affiliation FIFA : 1904
• Couleurs : maillot et short bleus, bas rouges
• Equipementier : Nike

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