Équipe de France

France : En avant, toute ! (1)

Didier Deschamps, qui met un point d’honneur à toujours remplir ses objectifs, en a un bien précis coché sur son agenda, pour 2016. Même sans Karim Benzema.

Dire qu’il s’en serait bien passé est une litote mais Didier Deschamps n’a pas le choix. Après tout, quand il a accepté le poste, il connaissait les œufs qu’il y avait dans le panier. Karim Benzema a beau être devenu le troisième meilleur buteur de la Ligue des champions en activité derrière Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, ce qui n’est pas rien, il n’y en a qu’un, sur les trois cités, qui est sûr de disputer l’Euro. Et il n’est pas français.
A trop vouloir jouer avec le feu, même déconnecté de tout, Benzema s’est brûlé et pas que les mains. Noël Le Graët adore le joueur, cultive une certaine empathie naturelle à l’égard des footeux en général et ceux de l’équipe de France en particulier mais le président de la Fédé n’avait pas d’autre choix que de déclarer l’avant-centre titulaire « non sélectionnable jusqu’à nouvel ordre ». Bien sûr, seule la juge chargée de l’affaire a un pouvoir sur ce « nouvel ordre ». Mais on devine le coup d’ici. Le temps judiciaire obéit à ses propres règles et elles sont à des années-lumière de l’immédiateté toute relative, elle aussi, qui régit les matinées de Didier Deschamps.
Le sélectionneur tricolore, qui ne voit ses joueurs qu’un mois et demi dans l’année, si l’on met bout à bout les dates des rendez-vous internationaux de 2015, travaille depuis deux mois sur le plan B. Un plan sans Benzema et peut-être sans Mathieu Valbuena. Pas dupe, « DD ». Il mesure déjà, entre les déséquilibres, les surdosages, les silences et les regards qui plongent vers le plancher, les conséquences d’un retour de « Petit Vélo » dans un groupe où Benzema ne figurerait pas. Ambiance…
Mais Deschamps a aussi un plan A. Le prioritaire. Bien qu’il ne le dise pas et même s’il ne le dira jamais, excepté peut-être à la veille d’une finale, il vise la victoire. C’est la finalité de sa mission, qui a débuté par une qualification pour la Coupe du monde 2014 et s’est poursuivie par une place dans le grand huit mondial au Brésil. Le troisième étage de la fusée sort du hangar.
2016 est là. Comme toutes les années paires, elle arrive pleine d’espoirs, de défis et de boules au ventre. Le tout programmé aux alentours de la mi-juin (on espère voir l’aventure se prolonger jusqu’à la mi-juillet). Sans Benzema, c’est probable. Sans Valbuena, c’est possible, même si Le Graët n’arrive pas à le dire. Il faut bien acter les choses. Et alors ? Les intérêts supérieurs des Bleus ne s’arrêtent pas là. Ils voient plus loin, plus haut que l’élastique d’un short ou le contenu d’un téléphone portable oublié sur le coin d’une table basse. Les sextapes, les intérêts supérieurs s’en tapent. Ils reposent sur l’éclosion de la nouvelle vague emmenée par Antoine Griezmann, le gringo de l’Atlético de Madrid, sont symbolisés par Raphaël Varane, le vice-capitaine, sont personnifiés par Paul Pogba, le phénomène.
Tout ça aussi, Deschamps le sait. L’aventure au Brésil a servi de tremplin, dans le sillage de l’acte fondateur de novembre 2013, le contre l’Ukraine. On y revient encore, toujours ? Oui parce que ce fut l’acte fondateur d’une équipe, de cette équipe, renforcée par le retour aux affaires de Lassana Diarra, qui forme avec Blaise Matuidi et Paul Pogba le nouveau triangle des promesses. Enrichie par l’expérience commune de la Coupe du monde au Brésil. Et le sentiment de frustration né de l’élimination en quart de finale, sur la plus petite des marges, contre l’Allemagne. Galvanisée par l’émergence de Kingsley Coman et Anthony Martial, toujours des Espoirs mais plus seulement. Ou encore celles de Paul-Georges Ntep et Nabil Fekir, s’ils retombent à temps sur leurs pattes. Soutenue par tout un public redevenu force de soutien. On s’emballe ? Pas forcément.

Populaires

Presse magazines

Société d’Édition de Sites Internet Musicaux et Sportifs

Vélo Tout Terrain Planète Cyclisme City Ride Ride it

© 2017-2018 Editions Blue Print / SESIMS

To Top