Équipe de France

Florian Thauvin, OM de cœur

Il a fait des pieds et des mains pour venir à l’OM, des pieds et des mains pour y revenir. Le dernier essai a l’air d’être le bon pour le chouchou autoproclamé du Vélodrome.

Et si l’avenir s’écrivait sur un fil ? Il y aurait tant à dire sur celui de Florian Thauvin (le fil), tant son début de carrière s’apparente à une succession d’espoirs envolés. Lui, le champion du monde U20 2013 avec Paul Pogba et Alphonse Areola, notamment, qui sort d’une saison pleine à Bastia (10 buts, 32 matches joués), sa première en Ligue 1. Il a signé à Lille, convaincu par le discours de Rudi Garcia et le jeu léché et tourné vers l’avant du LOSC d’alors.
Mais Garcia est parti à la Roma. Et Thauvin n’a jamais voulu jouer à Lille. Dès son retour du championnat d’Europe U20 en Turquie, il avait fait son choix. Enfin, il connaissait son souhait et son souhait tenait en deux lettres : OM. Au bout d’un bras de fer de plusieurs semaines, que certains qualifieront de ridicule, voire de tragique, de grève en grève, il obtient gain de cause et signe à Marseille. Le début d’une véritable histoire d’amour.
Trois ans plus tard, Thauvin a déçu. N’a jamais percé. A subi les foudres du public marseillais. Mais il ne s’est jamais caché. Dans l’historique braderie du siècle, concoctée par Vincent Labrune au cours des trois dernières années, il a signé à Newcastle. Il ne voulait pas. Labrune, qui l’adorait et voyait en lui « le nouveau Franck Ribéry » à son arrivée, non plus, mais il ne savait plus trop ce qu’il faisait.
Thauvin est donc parti dans le Nord de l’Angleterre… pour revenir au bercail en janvier. Marseille au cœur. Puis il a rogné son salaire pour rester sur la Canebière. En répétant ses envies de stabilité. L’OM a peut-être vécu six mois parmi les plus ternes de l’ère Margarita Louis-Dreyfus, entre les envies de vente, l’absence totale de projet et Michel sur le banc, qui n’a jamais parlé assez couramment le français pour comprendre où il avait mis les pieds. Et Florian a répété, inlassablement, qu’il voulait rester. L’arrivée de Rudi Garcia, qu’il fréquente pour de bon, cette fois, depuis le mois d’octobre et le rachat du club par Frank McCourt, n’était pas écrite mais presque.
Depuis le début de la saison, c’est un peu comme si un nouveau Thauvin déboulait dans le couloir droit marseillais. Le jeu est plus épuré, tend vers l’efficacité. Le joueur est plus costaud, athlétique, comme s’il avait pris du muscle dans sa tête et ailleurs. « Il y a eu un déclic psychologique en Angleterre, explique-t-il. J’ai beaucoup travaillé là-bas, j’ai commencé à comprendre que ça devenait compliqué pour moi. Je me suis remis en question. »
Résultat, il griffe la pelouse. On revoit – enfin – le gaucher destructeur que l’on avait aperçu lors de ce fameux championnat du monde U20. Une patte gauche subtile et puissante à la fois. Il enchaîne, il marque mais ne change pas de refrain : il répète encore et toujours son amour du club. Il n’hésite pas à dire qu’il se verrait bien « dans la peau du Francesco Totti de Marseille ». Comprenez faire toute sa carrière sous le maillot blanc, à l’image du monument italien, classé au patrimoine mondial des Giallorossi. « C’est une possibilité, quelque chose que je n’exclus pas. »
Francesco Totti, un joueur que Rudi Garcia connaît bien pour l’avoir eu sous ses ordres au cours des trois dernières saisons. Trois saisons d’hésitations, parfois de galères pour Florian, mais trois saisons qui n’auront jamais altéré son envie de s’imposer à l’OM. En novembre dernier, il s’est fait agresser par deux individus en bas de chez lui, dans sa rue. Il a répliqué et les a coursés avant d’aller porter plainte. Au moment où le nouveau board marseillais met en place un plan très rigoureux pour la sécurité des joueurs, lui n’a même pas peur.
Capitaine à Toulouse en Coupe de France, il était autant fier du brassard que de la qualification. « J’ai beaucoup travaillé pour revenir au top, même seul. Ce passage en Angleterre m’a fait grandir en tant qu’homme. » Le joueur n’est pas mal non plus. Paul Le Guen, qui le voit régulièrement les jours de grand match sur Canal+, n’a pas hésité, alors que Monaco mettait une fessée aux Olympiens. « Sa première mi-temps est celle d’un joueur de niveau international. J’imagine, si les dirigeants de Newcastle voient ce Thauvin-là, la tête qu’ils doivent faire. Il me paraît plus fort, plus athlétique. »
On lui promettait l’équipe de France, c’est vrai, quand il avait déboulé avec sa patte gauche de feu il y a trois ans. On l’a moqué ensuite. S’il continue sur ce rythme, l’idée pourrait s’inviter de nouveau dans l’air du Vieux-Port. Pas grand-monde ne s’en offusquerait. Si l’avenir ne tient qu’à un fil, le sien est tout bleu. Bleu ciel pour l’instant. Bleu marseillais.

Profil
Florian Thauvin
• Né le 26 janvier 1993 à Orléans
• 1,70 m, 70 kg
• Attaquant
• Palmarès :
Vainqueur de la Coupe du monde U20 avec la France en 2013

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