Équipe de France

Florian Thauvin : « Je n’ai pas peur de dire que je suis ambitieux »

L’année dernière avait inversé la courbe : Florian Thauvin a réalisé la meilleure saison de sa carrière. Mais ce n’était qu’un début. La saison en cours est encore au-dessus en ce qui le concerne. L’attaquant de l’OM marque et fait marquer. Il a clairement franchi un cap et regarde droit vers la Russie, un an – bientôt – après sa toute première convocation chez les Bleus. Souvenirs, souvenirs avant de se pencher vers cette fin d’exercice qui s’annonce exaltante.

PLANETE FOOT : A quelques semaines de l’annonce de la liste des 23 pour la Coupe du monde, comment fait-on pour ne pas trop se focaliser sur l’équipe de France ?
Florian THAUVIN : En se concentrant sur son travail. En se disant que le seul moyen de retrouver les Bleus, c’est d’être performant avec son club. Match après match.

PF : Justement, c’est la régularité dans tes performances et cette permanence que tu affiches depuis plus d’un an qui font dire que tu as franchi un palier. Es-tu d’accord avec ça ?
F.T. :
Etre plus régulier, c’est un point sur lequel je devais travailler et progresser. J’ai franchi un cap la saison dernière à ce niveau-là. J’ai vraiment beaucoup bossé et j’ai la preuve, aujourd’hui, que le travail paie. Donc, oui, je suis conscient d’avoir franchi un cap mais ce n’est pas pour cela que je suis arrivé. J’ai beaucoup bossé pour en arriver là mais je bosse toujours beaucoup et je ne vais pas cesser de le faire ! J’aimerais juste que ça ne s’arrête jamais.

PF : Y a-t-il eu un déclic ?
F.T. :
Tout remonte à mon passage à Newcastle. En Angleterre, j’ai beaucoup réfléchi à ma façon d’aborder les matches. J’ai aussi repensé à certains comportements que j’ai pu avoir et qui n’étaient pas ceux que l’on pouvait attendre de moi. Cette situation m’a fait me poser les bonnes questions. J’ai bien réfléchi. Et comme en plus, je vivais une situation compliquée, vu que je ne jouais pas…

PF : Tu peux détailler ?
F.T. :
Quand tu te trouves dans la difficulté, il y a deux façons d’aborder les choses. Soit tu fais profil bas et tu bosses. Là, tu avances. Soit tu fuis et tu fonces mais tu recules. En Angleterre, je me suis rendu compte de la chance que j’avais de jouer à Marseille. J’y suis revenu avec plus d’envie, plus de hargne et surtout plus de maturité.

PF : Un retour qui ne fut pas gagnant tout de suite puisque tu as été pris en grippe par une partie des supporters pendant une certaine période. Mais tu n’as jamais lâché…
F.T. :
C’était un passage compliqué mais c’était exactement pareil. J’ai affronté la chose, je n’ai pas choisi la fuite. Je leur ai montré que j’aimais particulièrement ce club et que j’avais une farouche envie d’y réussir.

PF : Aujourd’hui, tu affiches des statistiques assez folles qui font de toi l’attaquant français le plus efficace des cinq grands championnats. As-tu le sentiment d’avoir changé de statut ?
F.T. :
J’ai conscience d’avoir franchi un palier, je l’ai dit. Je me rends compte, aussi, que mes adversaires me connaissent mieux. Ça doit vouloir dire qu’ils étudient mon jeu et c’est gratifiant. Mais c’est plus dur aussi, du coup !

PF : Là, tu parles de ta spéciale. L’enroulé du pied gauche, lucarne opposée…
F.T. :
Dans 90% des cas, les défenseurs et les gardiens le savent, oui, ce qui m’oblige à varier mes frappes. Mais c’est un geste que je travaille à l’entraînement. Tant que ça marche, je continuerai de le tenter. Je ne cadre pas toujours ; parfois, je cadre et je ne marque pas. Il faut persévérer.

PF : La spéciale Thauvin viendrait de la spéciale Arjen Robben. Ça aussi, tu confirmes ?
F.T. :
Oui. C’est un joueur que j’ai toujours admiré. Je l’ai énormément observé. Parfois, on avait l’impression que dès qu’il tentait l’enchaînement, tout le monde le voyait venir. Mais ça marchait quand même. Il est gaucher et c’est vrai que plus jeune, je m’identifiais à lui.

PF : Il y a bientôt un an (mars 2017), tu arrivais pour la première fois en équipe de France. A ce moment-là, on pense aux étapes passées ou, au contraire, à la suite ?
F.T. :
Chacun agit et réagit de façon différente par rapport à ça. Pour moi, cette première convocation était un honneur avant tout. J’étais terriblement fier, ému même… L’équipe de France, c’était dans un coin de ma tête. J’y pensais secrètement depuis pas mal de temps mais je ne voulais pas, non plus, oublier le reste, le plus important : mon travail au quotidien. Mais j’y pensais beaucoup, oui. Tout joueur de foot rêve d’évoluer en bleu. Il s’agissait de mon rêve le plus cher. Donc, oui, je l’ai pris comme une reconnaissance. Il n’y a rien de plus beau que de représenter son pays. Ensuite, j’ai pensé au chemin parcouru, aux difficultés que j’ai rencontrées mais qui m’ont servi. Et puis je me suis dit : « Le plus dur commence… »

PF : Bientôt un an après, comment te sens-tu chez les Bleus, alors que le grand départ pour l’aventure Coupe du monde se rapproche ?
F.T. :
On se connaissait à peu près tous quand je suis arrivé la première fois. Nous nous étions croisés dans les différentes sélections de jeunes. Au début, j’étais pressé et un peu stressé. Mais tout le monde te met tellement à l’aise – et vite – que c’est facile. Tout le monde te met à l’aise, c’est vraiment à souligner. Aujourd’hui ? Je me considère comme un membre du groupe au même titre que les autres, je dirais « au naturel ». Parce que c’est exactement ça.

PF : Et à l’OM, où tu es l’atout offensif numéro un, le podium n’est plus un rêve ?
F.T. :
On avance. On a toujours dit qu’on voulait faire mieux que la saison dernière. On ne lâche rien, on connaît nos qualités. A titre personnel, je savoure mais je sais très bien que tout peut aller très vite. Nous vivons bien ensemble, lancés à fond sur l’objectif. C’est une bonne saison mais elle n’est pas terminée. Le plus important commence maintenant. On est dans l’exigence du très haut niveau. La fin de saison s’annonce palpitante avec la Coupe du monde en filigrane. C’est un objectif pour moi. Il ne faut pas se mettre de pression particulière mais je n’ai pas peur de dire que je suis ambitieux.

Laurent Gibaud / PLANETE FOOT

Le joueur français le plus décisif cette saison
Avec 10 buts et 9 passes décisives sur les 22 premières journées de championnat, l’Olympien affiche des stats impressionnantes. Il est le joueur français le plus décisif des cinq grands championnats. C’est aussi le seul joueur à plus de 10 buts et 8 passes décisives avec Lionel Messi et Neymar. Il est à la lutte avec le Brésilien du Paris SG en tête du classement des meilleurs passeurs de L1.

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