Équipe de France

FC Séville-Leicester : Pas si petits que ça !

Aller le 22 février, retour le 14 mars. Sur le papier, c’est la confrontation la moins attractive de ces huitièmes de finale haut de gamme. Et si les poucets de la Ligue des champions se rebiffaient ?

Dans le vertigineux grand huit des huitièmes de finale de la Ligue des champions qui nous offre, dès ce stade de la compétition, des affiches assez affolantes, on ne peut pas prétendre que ce soit le rendez-vous le plus sexy qui nous soit proposé. FC Séville-Leicester City, à moins que l’on soit supporter d’une des deux équipes, c’est même la confrontation qui aurait tendance à remuer le moins les foules.
C’est bien simple : au moment du tirage au sort, même s’il n’y avait pas grand-monde pour l’avouer ouvertement, tous ceux qui avaient terminé deuxièmes de la phase de poules espéraient secrètement tomber sur le club de Claudio Ranieri, champion d’Angleterre totalement surprise il y a quelques mois. Et ceux du chapeau numéro un ? Ils tenaient d’abord à éviter le Real Madrid, le Bayern Munich – comme on les comprend -, Manchester City ou le Paris SG, avant de s’inquiéter de rencontrer les Andalous.
Pas considérés comme des grands d’Europe, nos deux protagonistes ? Cela peut paraître quand même un peu réducteur pour les Sévillans quand on sait qu’ils sont les recordmen de victoires en Coupe… de l’UEFA avec cinq trophées soulevés sur les dix dernières années (2006, 2007, 2014, 2015 et 2016) ! C’est sans doute d’ailleurs, à ce niveau, que se situe la question de ce manque de reconnaissance. Les quintuples vainqueurs de l’UEFA ne se sont jamais vraiment fait remarquer dans l’épreuve qui attire tous les regards, celle qui attise toutes les convoitises, avec sa petite musique qui vous prend aux tripes quand on entre sur le terrain.
Ils n’ont jamais brillé en Ligue des champions, la compétition de clubs la plus exposée, sur tous les plans. Autre handicap pour les Blanquirrojos : ils vivent, en Espagne, dans l’ombre pesante des deux mastodontes que sont le Real Madrid et le Barça, qui prennent toute la place. Ils doivent même faire face aujourd’hui à l’émergence de l’Atlético Madrid dont la montée en puissance s’est traduite par un titre en Liga en 2014 et deux finales de C1 (2014 et 2016). Qu’ont-ils à opposer à cela ? Aucune perf notable, on l’a dit, en Ligue des champions et, en tout et pour tout, un seul et maigre titre de champion d’Espagne qui remonte à… 1946 ! Evidemment, au petit jeu des comparaisons…
Pour Leicester City, la donne est un peu différente. Le premier couronnement surprise des Foxes après 132 ans d’existence a crée une onde de choc mais seulement chamboulé la hiérarchie de manière très éphémère. Surtout compte tenu de la perte, durant le mercato d’été, de celui que beaucoup – à commencer par Alex Ferguson himself – considéraient comme le meilleur joueur de Premier League version 2015-16 : N’Golo Kanté.
Et c’est avec une grande prudence, digne du Guy Roux de sa meilleure époque, que Claudio Ranieri annonçait la couleur l’été dernier : « Cette année, l’objectif initial restera le même, à savoir atteindre le plus rapidement possible le total de 40 points pour assurer notre maintien. Mais pour cela, on va devoir changer des choses car maintenant, les équipes nous connaissent très bien. Il va falloir trouver un plan B. »
C’est avec la même prudence, qu’il évoquait les premiers pas du novice en Ligue des champions, au moment du tirage au sort de la phase de groupes. « Nous ne figurons pas parmi les favoris. On manque indiscutablement d’expérience dans cette compétition par rapport à nos adversaires. Mais nous allons nous battre avec nos armes. Même si le combat s’annonce difficile, on ne lâchera rien. Il s’agit de notre adrénaline. »
Depuis, ses prédictions se sont en partie confirmées. Les Foxes ont glissé dans la deuxième partie de tableau en Premier League et ils n’ont plus comme objectif que d’atteindre la barre fixée par leur coach. En partie, seulement ? Oui parce qu’en C1, les Anglais, littéralement transformés par l’événement, ont pratiquement réalisé un sans-faute (un seul couac lors de dernière journée, alors qu’ils étaient assurés de terminer en tête de leur poule). Transcendés, à l’image d’un Ryad Mahrez redevenu aussi intenable qu’infernal : 4 buts en 5 matches de Ligue des champions alors qu’il n’en a inscrit que 3 en 20 rencontres de championnat cette saison. Pas si petit que ça dans la cour des grands.
Pareil pour Séville qui vient de mettre un terme à 40 matches du Real sans défaite et qui, surtout, lutte tout en haut du classement de la Liga avec les mastodontes, toujours en course pour remporter son deuxième titre 71 ans après, emmené par un Jorge Sampaoli dont le football de feu, qui prône l’attaque à tout-va, fait des ravages et parfois même des carnages (38 buts en Liga après 18 journées à la mi-janvier). Comme un symbole, Wissam Ben Yedder déchire tout actuellement. Gare, donc, à cet outsider qui n’en est plus forcément un. Qu’on se le dise !

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