Équipe de France

Faut-il encore croire à l’OM Champions Project ?

Le nouveau proprio américain de l’OM était arrivé plein d’ambition, voilà un an, à Marseille. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? La question a fait causer autour des pupitres de la rédaction. Le débat, acharné, s’est même poursuivi dans les couloirs de la maison. Promis, tout le monde a gardé son self control… mais aussi ses convictions !

OUI

D’abord, il faudrait quand même, avant de débattre, savoir ce qu’il faut entendre par le fameux « OM Champions Project ». Si c’est faire croire au bon peuple que cet Olympique à la sauce américaine sera, à courte échéance, capable de lutter presque à armes égales avec l’ennemi juré qu’est le Paris SG, alors là, on répond carrément non. Ce serait faire prendre des vessies pour des lanternes ou inversement, surtout compte tenu du mercato estival XXL du club parisien. Les deux ne jouent pas dans la même cour et ne s’appuient pas sur la même puissance financière. Mais dites-nous, qui, aujourd’hui en France, peut rivaliser avec l’ogre parisien ? La réponse est naturellement contenue dans la question.
OK, les fans marseillais, et on peut les comprendre, sont un brin agacés par le début de saison plutôt poussif de leur équipe de cœur. C’est vrai que la raclée infligée par Monaco ou le revers à domicile face à Rennes, en championnat, n’ont pas éclairé le décor. Mais si, pour une fois, on laissait un petit peu de temps au temps, dans cette cité aussi bouillonnante que passionnée ?
Parce que, même s’il n’a pas été parfait, le marché d’été de l’OM n’a pas été aussi vilain que certains esprits bien intentionnés – évidemment ! – voudraient le faire croire. Et tant pis, on l’affirme, en entendant déjà résonner à nos oreilles les grands cris d’orfraie des savants des choses du ballon : l’OM version 2017-18 nous paraît vraiment supérieur à son prédécesseur, à l’époque où Rudi Garcia avait pris les commandes du navire.
Voyons ça dans le détail. Steve Mandanda ? Si Yohan Pelé a bien fait le job la saison passée, Steve se situe quand même un ton au-dessus. C’est le gardien du temple, dont le rôle, essentiel, s’étend bien au-delà de ses 16,50 m, des vestiaires, où il est un cadre très respecté, jusqu’aux travées du Vélodrome, auprès des supporters.
A peine arrivé, le roc Adil Rami, lui, a montré tout ce qu’il pouvait apporter en termes de solidité et de présence au sein de la défense centrale olympienne, véritable talon d’Achille de l’équipe l’an dernier. Et son association avec Aymen Abdennour nous semble pleine de promesses. L’erreur, sans doute, avec ce dernier, a été de le lancer trop vite dans la compétition, alors qu’il restait sur une saison pas blanche mais bien tronquée au Valence CF. Résultat, il manquait de jus et s’est blessé. Mais lorsqu’il évolue à son niveau et sur ce qu’il a démontré par le passé, on n’a décemment pas le droit de douter du joueur.
Au poste de latéral gauche, Jordan Amavi, c’est peu de l’affirmer, est actuellement bien plus en jambes et bien plus percutant que la vieillissante recrue hivernale Patrice Evra. Au milieu, Luiz Gustavo s’est déjà rendu indispensable et on n’a pas besoin d’en dire davantage à son sujet : il a vite fait l’unanimité sur son nom.
Devant ? Valère Germain apporte son envie et sa subtilité balle au pied. Et on aurait tort d’oublier que Konstantinos Mitroglou, arrivé blessé et un peu dans la précipitation des dernières heures du mercato, on ne le nie pas, a tout de même planté 35 buts en 60 matches dans le championnat du Portugal, ces deux dernières saisons, sous le maillot du Benfica Lisbonne. Soit une moyenne plutôt intéressante de 0,58 but par match.
Arrêtons là notre revue du catalogue et regardons aussi, même si cela passionne moins les fans, le travail de la nouvelle équipe au-delà des limites du terrain. Elle a initié un maillage auprès des clubs de la région afin d’éviter de laisser filer sous d’autres cieux, comme cela est trop souvent arrivé, les pépites locales. Elle négocie également l’avenir, pied à pied, avec la mairie et le développement de ce cher (dans tous les sens du terme) Vélodrome. Elle bosse aussi pour améliorer le quotidien des joueurs et du staff à la Commanderie. Non, le team Frank McCourt – et son principal représentant sur place, le président Jacques-Henri Eyraud – ne se tourne pas les pouces.
On pourra juste reprocher au nouveau crew d’avoir, dans sa présentation et dans sa communication, un peu surjoué. A l’américaine, quoi. Mais, doit-on le rappeler, les businessmen US ont également la réputation de ne jamais rien lâcher pour atteindre leurs objectifs. Ce sont des winners. Comme un certain club de supporters…

Roger LEWIS / PLANETE FOOT

NON

Non, on veut bien aimer le débat et s’en nourrir, écouter les arguments des autres, bien sûr, pour mieux trouver les siens, prêter notre confiance au camp d’en face, pourquoi pas, comme on accorderait la présomption d’innocence à un accusé à l’ouverture de son procès, mais il va falloir jouer serré, vraiment. Eviter les fautes de frappe, OK, mais les fautes de goût, ça devient plus dur…
N’y voyez aucun rapport avec le sujet du débat. L’OM, avec la caravane de florilèges qui l’escorte habituellement, est toujours un sujet propice aux envolées lyriques. Avec l’accent ou pas. Non, là, il faut rester mesuré parce que, franchement, il y a déjà, dans la question, de quoi faire monter la bouillabaisse à ébullition.
Alors, voici donc l’OM Champions Project. Il est bien, posé là, ce débat. C’est vrai que ça fait un an et quelques broutilles que notre ami Frank McCourt a racheté l’OM à « la Duena », comme l’appelle encore Marcelo Bielsa. On veut parler de Margarita Louis-Dreyfus.
Un an tout pile, toujours un moment charnière dans un processus de développement et de progression. Douze mois, donc, que Frank McCourt, enfin, surtout Jacques-Henri Eyraud, le président olympien, soigne tout ce qu’il est possible de soigner dans la communication comme dans les faits et gestes.
Depuis le début, les effets d’annonce sont calculés, anticipés, répétés dans les moindres détails. Une vraie bête de travail. Ça, on ne peut pasle lui enlever. Comme lors de sa toute première apparition. Rappelez-vous l’épisode de la mairie de Marseille quand, pour officialiser le rachat, Frank McCourt s’était essayé au français dans la cité de Marcel Pagnol : « Droit au boute ! », avait-il osé, avant de développer son projet. Champions Projet, donc…
Il fallait que l’OM joue le podium tous les ans, voire la conquête du titre, et participe à la Ligue des champions comme une sorte de candidat automatique. Et pourquoi pas un invité permanent ? Il allait investir. Lourdement. Dans le stade, dans les infrastructures et dans les joueurs. Que dit le bilan de l’an 1 ? Question immobilier, le pré carré du Bostonien (c’est dans la pierre que McCourt a bâti sa fortune aux Etats-Unis), ça avance. Qu’il s’agisse des négociations avec la mairie pour la gestion et le développement du stade Orange Vélodrome, des travaux d’aménagement à la Commanderie, jugée trop exigüe, de la recherche d’un futur centre d’entraînement ou des accords de partenariat signés avec les clubs aux alentours, même si certains sont encore réticents (Air-Bel refuse toujours, par exemple). OK. Et pour le reste ?
Les arrivées de Rudi Garcia et Andoni Zubizarreta étaient des signes forts, à l’automne 2016. Et depuis ? Les deux mercatos qui ont suivi ont ramené tout le monde sur terre, malgré le mistral, toujours très voltigeur dans les courants d’air de la Canebière. Entre des joueurs hors de forme (Evra qui n’y arrive plus, Mitroglou et Abdennour qui débarquent blessés), des choix qui posent question (arrivée de Grégory Sertic, non conservation de William Vainqueur et Bafétimbi Gomis) et des branlées mémorables et à répétition contre Paris et Monaco (avant la prochaine, c’est prévu pour octobre avec le PSG), ce n’est plus le doute qui sort la tête du Vieux-Port mais le parfum des regrets, déjà. On arrête là ?
Bien sûr, l’équipe dirigeante a encore le droit d’y croire. Après tout, McCourt n’a jamais annoncé l’OM Champions Project 2017, comme l’a fait remarquer l’avocat Didier Poulmaire, partie prenante du projet. Tout cela prendra du temps. Mais bon, en restant poli et en jouant serré, on va juste conclure en disant que nous avons aussi le droit de penser le contraire. Que la terminaison a été mal choisie. Que personne ne sait vraiment, un an après, ce que McCourt veut vraiment faire de l’OM. Que l’on préfère encore la verveine citronnée du jardin à la tisane artificielle de « JHE » devant son Powerpoint. Elle passe mieux.

Mathieu DELATTRE / PLANETE FOOT

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