Équipe de France

Face-à-face : Salvatore Sirigu VS Steve Mandanda

A gauche, Salvatore de Paris. Latin lover et fol épi, qui s’est acheté une coiffure pour la nouvelle saison. A droite, Steve de Marseille. Félin taiseux et cheveu crépu, omniprésent capitaine à l’OM. Alors, PSG ou OM ? Quel est le meilleur gardien de la Ligue 1 ?

■ SORTIE DANS LES PIEDS

Salvatore Sirigu : 8/10
Dans son style pas toujours académique mais très italien (si l’on excepte le maître Gianluigi Buffon), il n’a pas toujours l’air très à l’aise dans ses prises de décision. Pas toujours très svelte dans les petits périmètres. Mais il déboule toujours à mille à l’heure et fait peur à l’attaquant adverse. Son gabarit en impose sur sa ligne, son gabarit en impose dans les sorties au sol également. Il se couche aussi vite qu’il le peut, va droit au ballon, sans appréhension. Mais il le fait moins naturellement que Steve le Marseillais. La preuve ? On ne sait jamais s’il va réussir un arrêt parfait ou commettre une faute grossière qui provoquera un penalty !

Steve Mandanda : 9/10
Très rapide et vif sur ses premiers appuis, Steve a tout du félin. Il se couche très vite au sol, bouche toujours parfaitement les angles de frappe. Il remporte plus de duels en un contre un qu’il n’en perd. Cela prouve la valeur du gardien. Sa grande force dans ce domaine : sa prise de décision très rapide et sa position naturelle assez haute dans sa surface. Il se sert de son envergure naturelle au sol. Là, sa carcasse longiligne plonge et se referme sur sa proie. La saison passée, Mandanda a réussi plus d’arrêts (37) qu’il n’a encaissé de buts (36). C’est tout dire.

■ DANS LES AIRS

Salvatore Sirigu : 7,5/10
Le gardien parisien n’est pas un adepte des longues chevauchées loin de sa ligne de but. Il sait s’imposer dans les airs, ce n’est pas le sujet, mais ce n’est pas non plus sa tasse de thé. Il lui arrive d’avoir un temps de retard. Nantes, 3e journée (2-1 pour le PSG) : sur le but des Canaris, il y a ceux qui disent que le coup franc rentrant, fuyant au second poteau, est très bien tiré. Ils ont raison. Mais Sirigu avait le droit d’avancer vers le ballon au lieu de reculer, sur ses talons et les fesses tombantes, sur sa ligne de but. Même Alex a réussi à marquer contre son camp. Un but à deux à l’heure comme un symbole des errements du Rital, pas toujours irréprochable dans le ciel de sa surface.

Steve Mandanda : 9,5/10
Sa détente et son agilité naturelles rappellent Bernard Lama. Surtout, il n’hésite pas à aller cueillir les ballons très loin de sa ligne de but. Là, il est plus fort que Sirigu. Il va plus loin, s’impose jusqu’aux limites de sa surface. Pourtant, Steve ne mesure « que » 1,85 m. A le voir sauter, (re)bondir et s’élever au-dessus de n’importe quelle mêlée, on lui en donnerait facilement 5 de plus. Nicolas Nkoulou et Souleymane Diawara louent régulièrement ses performances. Pas un hasard. Ça soulage une défense, comme on dit.

■ SUR LA LIGNE

Salvatore Sirigu : 10/10
Allez, le top pour Salvatore dans un domaine où il excelle tout le temps. Son mètre quatre vingt-douze (7 cm de plus que Mandanda tout de même) le rend souvent infranchissable sur sa ligne de but. Très tonique pour sa taille, il sait se coucher vite pour aller chercher des ballons improbables, petit filet et tutti quanti. Il est beaucoup plus à l’aise quand il s’agit de se coucher sur le côté que vers l’avant, quand il faut sortir dans les pieds de l’attaquant. Mais on n’enlève même pas la moitié d’un point ! 53 ballons détournés la saison passée en Ligue 1 tout de même…

Steve Mandanda : 9,5/10
Allez, on enlève un demi-point parce que le capitaine marseillais commet toujours une ou deux boulettes par saison. L’an passé, c’était à Valenciennes en septembre. Une faute de relance par-ci, une faute de main par-là. Ces erreurs sont parfois grossières, toujours très rares. Il suffit d’écouter les réactions quand le pire lui tombe dessus : coéquipiers et staff montent au créneau pour le défendre. Le refrain ? « Steve nous fait gagner beaucoup plus de points qu’il ne nous en coûte. » Surtout sur sa ligne, où il est capable des arrêts les plus fous. Le must ? Ceux en deux temps, quand il se relève et reprend ses appuis en une fraction de seconde. Dimitri Payet, qui avait buté sur lui au printemps avec Lille, l’avait dit : « Il est vraiment impressionnant. C’est le meilleur gardien du championnat. Parfois, on se dit qu’il est imbattable. »

■ MENTAL

Salvatore Sirigu : 10/10
Arrivé quasiment en catimini au PSG, il a tout de suite eu l’étiquette Leonardo collée sur les gants. Mais il s’est vite imposé naturellement, alors que le PSG avait recruté un gardien numéro un (Nicolas Douchez) quelques semaines avant. Depuis, il est à la fois constant dans les performances et garant d’un certain état d’esprit. A Paris, au sein des stars, il est un lien et un relais. Très impliqué dans la vie du groupe, il fait partie des cadres alors qu’il ne livre que sa troisième saison dans la capitale. A Palerme, son ancienne équipe, il était très respecté. On a compris pourquoi depuis.

Steve Mandanda : 10/10
C’est lorsqu’il traverse une mauvaise passe qu’il se révèle. Quand Hugo Lloris lui est passé devant en équipe de France, beaucoup pensaient qu’il allait marquer le coup. Idem quand Nicolas Dehon, son mentor d’entraîneur, a quitté l’OM la saison dernière. Le résultat est pourtant toujours le même : d’année en année, il paraît plus fort, plus mûr, plus sûr. Assurément la marque des grands. Il fait partie de la caste des gardiens d’exception qui ne se contentent jamais de ce qu’ils (f)ont.

■ RELANCE ET JEU AU PIED

Salvatore Sirigu : 8/10
Encore un domaine où le côté gardien à l’italienne le dessert. Il lui arrive encore trop souvent de fouetter une bouse en touche au lieu de trouver la poitrine de Zlatan Ibrahimovic, ce qui provoque quelques chuchotements dans les travées du Parc. Il est plus à l’aise à la main mais il est toujours concentré. Donc, appliqué. Moins doué naturellement que Mandanda sans doute mais travailleur et très pro. Salvatore a encore des défauts à gommer. Il en gomme, il en gomme…

Steve Mandanda : 9/10
Il doit encore travailler son pied faible (le gauche) qui lui donne parfois quelques sueurs froides lorsqu’il est sous pression. Mais il a particulièrement évolué dans ce domaine. Encore une fois, le fait de se positionner très haut dans la surface le transforme régulièrement en premier relanceur. Il sait changer le jeu, touche très bien et très juste avec son pied droit à plus de 50 m. Et surtout, c’est un as de la relance à la main ! Quel bras…

VERDICT
Salvatore Sirigu : 43,5/50
Steve Mandanda : 47/50

Populaires

To Top