Équipe de France

Face-à-face : Raphaël Varane VS Eliaquim Mangala

A gauche, Raphaël de Madrid. Diplomate installé à la Maison Blanche mais pas langue de vipère. A droite, Eliaquim de Porto. Ebène enraciné chez les Dragons mais pas cracheur de feu. Alors, Elia ou Rapha ? Les deux, mon capitaine !

■ MENTAL

Raphaël Varane : 9,5/10
Pas grand-chose à jeter. Lors de son arrivée à Madrid, les plus anciens observateurs et suiveurs du Real ne se souvenaient pas avoir vu une telle dose d’humilité et de sourires couplée à de telles qualités. Jamais un mot plus haut que l’autre, toujours l’envie de progresser et de se dire que rien n’est acquis. Comme en fin de saison dernière quand il était devenu un titulaire en puissance, avant son opération du ménisque. « J’ai travaillé dur mais mes coéquipiers m’ont beaucoup aidé. Je me suis amélioré grâce à eux et je leur dois beaucoup. » Comme une carte d’identité.

Eliaquim Mangala : 9,5/10
Avec Eliaquim, pas besoin de phrases ni de longs discours. Il suffit de regarder son parcours. Expatrié en Belgique à l’âge de 5 ans, il s’est formé à la dure. Premiers pas d’un exilé et affirmation d’un talent. Il marque le premier but de l’histoire du Standard de Liège en Ligue des champions. Il refuse la sélection des U18 belges parce qu’il rêve de jouer avec les Bleus. Depuis tout petit, Mangala sait ce qu’il veut. « J’ai des objectifs, je sais où je veux aller et ce qu’il faut faire pour y parvenir. » Passé du Standard à Porto, il est évidemment devenu titulaire malgré une concurrence diabolique.

■ JEU DE TÊTE

Raphaël Varane : 10/10
Pourquoi enlever des points ? Il fait partie de ces rares joueurs – au plus haut niveau – qui attirent les ballons sur leur front comme un aimant. Varane donne l’impression de tout prendre de la tête quelle que soit la taille son adversaire direct. Et lui, question taille, il se pose là. Un plus par rapport à Eliaquim : son jeu de tête offensif. Il avait déjà marqué quelques pions importants en Espoirs. Au Real, il s’est révélé sur quelques coups de tronche bien sentis, notamment contre le Barça en demi-finales de la Coupe du Roi.

Eliaquim Mangala : 9,5/10
A l’instar de Raphaël, Mangala en impose dans les airs. Pas facile de lui chiper un ballon dans le domaine aérien, en duel direct. L’an passé, en Ligue des champions, il avait tenu en respect Zlatan Ibrahimovic dans ce domaine. Il rend un demi-point à son adversaire madrilène car il n’a pas encore eu d’impact notable dans le domaine offensif (4 buts en 30 matches de championnat portugais).

■ DUELS

Raphaël Varane : 9/10
La vitesse d’exécution et de déplacement de ce grand cerbère peut rendre fou celui qu’il prend au marquage. Son 1,91 m lui donne souvent l’ascendant sur son attaquant. Là où il excelle et où il surprend, c’est donc dans la vitesse. Il ne se jette pas gratuitement, sait rester debout et très dynamique sur ses appuis. Très, très difficile à passer en un contre un. Sa copie parfaite face à Lionel Messi, en demi-finales de la Coupe du Roi, est restée dans les mémoires en Espagne. Dans la nôtre aussi. Malheureusement, on ne l’a pas beaucoup revu depuis. La faute à cette satanée blessure.

Eliaquim Mangala : 10/10
Son duel direct face à Zlatan Ibrahimovic, l’an passé en Ligue des champions, a fait causer dans la tribune de presse du Parc des Princes. Simple, solide, efficace, Eliaquim n’a pas laissé un centimètre au géant suédois. Le fait d’avoir gagné sa place de titulaire dans la défense centrale de Porto – comme Varane au Real, d’ailleurs – veut tout dire. Lui non plus n’est pas du tout mais alors pas du tout évident à passer balle au pied. Une différence ? Il se jette plus volontiers que Varane. Mais quelle qualité dans le tacle glissé !

■ RELANCE

Raphaël Varane : 9,5/10
C’est le premier critère qui a incité Zinédine Zidane a faire le forcing auprès du Real pour le recruter. « A Lens, il y a un phénomène », avait-il dit. José Mourinho a tendu l’oreille et il a entendu. « Ce sont José et Zidane qui m’ont convaincu de rejoindre Madrid », explique Varane aujourd’hui. Normal : question relance et passe nette, on ne trouve pas un tel « Monsieur Propre » à son âge. Thiago Silva peut-être…

Eliaquim Mangala : 8,5/10
Tellement solide sur ses appuis qu’on a mis du temps pour savoir s’il était gaucher ou droitier. Mais quand Mangala se retrouve balle au pied, son pied fort est bien le gauche. Ce qui le rend très complémentaire de Varane sur le papier. Peut-être un peu en retrait par rapport à Raphaël dans le domaine de la relance, parce que nous avons là un phénomène. Mais le ballon ne lui brûle pas les pieds, bien au contraire.

■ EQUIPE DE FRANCE

Raphaël Varane : 8/10
Quatre matches avec les A pour Raphaël. Et le sentiment de s’installer presque naturellement dans l’axe de la défense, comme s’il était là depuis longtemps. La défaite face à la Roja en mars 2013 laisse un goût amer. Il avait rendu deux bonnes copies. Il doit maintenant retrouver son niveau, le rythme et le jeu.

Eliaquim Mangala : 7/10
Une titularisation en Uruguay en juin dernier, un match quasi parfait mais une erreur qui coûte un but et entraîne la défaite des Bleus. « C’est une erreur de jugement de ma part. Maxi Pereira prend son côté, je pense qu’il va faire une passe en première intention, je fais un pas vers l’avant et Luis Suarez glisse dans mon dos. » Lucide, il sait aussi qu’il a réussi de bonnes choses. « L’équipe de France, ce n’est que du bonheur. Et tant mieux s’il y a de la concurrence ! » Non, rien ne lui fait peur.

VERDICT
Raphaël Varane : 46/50
Eliaquim Mangala : 44,5/50

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