Étranger

Face-à-face : Lazio Rome vs AS Rome, le duel éternel

A gauche, la Lazio. Du bleu, du ciel et le souvenir de Paul Gascoigne les cheveux blonds platine qui courait comme un lapin, et rien que pour ça… A droite, l’AS Rome. Du rouge, vernis sang, l’image de Pezzey et Falcao face à « Platoche ». Ça ne nous rajeunit pas mais on s’en fout parce que c’est éternel. Alors, c’est qui le plus fort ?

Le poids des entraîneurs

Lazio Rome : 8/10

Arrivé la saison dernière à la Lazio, Stefano Pioli a réussi son examen de passage en ramenant les Biancocelesti sur le devant de la scène nationale après une décevante 9e place la saison précédente. Troisièmes en championnat, les Laziale ont fait trembler la Juventus en finale de la Coupe. Cette première réussie a braqué les regards sur ce jeune coach (50 ans), dans les mêmes eaux que Rudi Garcia (51 ans), un coach symbolisant le renouvellement générationnel des entraîneurs en Série A (Vincenzo Montella, Filippo Inzaghi…). L’Italien est venu mourir à un point de la Roma. Un point qu’il rend donc à Rudi !

AS Rome : 9/10

Arrivé en juin 2013 dans un quasi anonymat, Rudi Garcia a mis tous les tifosi dans sa poche en l’espace de quelques semaines. Le temps d’aligner un nombre record de victoires. Sa Roma a titillé la Juve en championnat jusqu’au bout. Deuxième du championnat pour la seconde année consécutive, Rudi a replacé la formation giallorossa dans le sillage de Turin et qualifié la Louve –  pour la seconde année consécutive aussi – pour la phase de poules de la Ligue des champions. Avec un point d’avance sur la Lazio au classement final, il remporte son duel face à Stefano Pioli. Et ce, malgré les tensions apparues avec Walter Sabatini, son directeur sportif.

Le poids des palmarès 

Lazio Rome : 7,5/10

Une Coupe des Coupes (en 1999), une Supercoupe d’Europe (1999), 3 Supercoupes d’Italie (1998, 2000 et 2009), 6 Coupes d’Italie (1958, 1998, 2000, 2004, 2009 et 2013) et 2 Scudetti (1974, 2000) : les Bleus de Rome ne sont pas des nains. En 1999, du temps de leur splendeur « cragnottesque », Sir Alex Ferguson avait dit ceci : « Mon plus grand regret ? Ne pas avoir remporté la Supercoupe d’Europe contre la Lazio qui était à ce moment-là la meilleure équipe du monde. » C’est vite dit mais on n’a jamais entendu ce bon vieil Alex adresser pareil éloge à la Roma…

AS Rome : 7/10

Une Coupe de l’UEFA (1961), 2 Supercoupes d’Italie (2001, 2007), 9 Coupes d’Italie (1964, 1969, 1980, 1981, 1984, 1986, 1991, 2007, 2008) et 3 Scudetti (1942, 1983, 2001). Il y a un titre de champion de plus, une Supercoupe d’Europe en moins. Ils ont beau se détester, c’est un peu kif-kif, tout ça. Pour la Supercoupe d’Europe, pour la finale de Coupe UEFA perdue en 1998 face à l’Inter Milan de Youri Djorkaeff et Ronaldo (au Parc des Princes) et cette équipe de folie de la fin des années 90, on laisse un demi-point d’avance côté laziale.

Le poids des stars

Lazio Rome : 7/10

A la Lazio, les têtes de gondole sont, depuis plusieurs saisons, soit des joueurs à fort potentiel et donc à forte valeur marchande (à l’instar de Hernanes, aujourd’hui à l’Inter Milan, ou encore Felipe Anderson, la pépite du moment), soit des valeurs sûres sur le déclin. On pense évidemment à Miroslav Klose (56 buts en 143 matches), qui a prolongé son bail à Rome à 37 ans. « Un choix du cœur, les tifosi sont vraiment uniques au monde », a déclaré « Miro ». Alors ? Avoir le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde dans son équipe pèse un certain poids, c’est vrai. Même Francesco Totti ne peut rivaliser.

AS Rome : 10/10

On pourrait citer Radja Nainggolan, Kevin Strootman, Gervinho et d’autres, les grands noms ne manquent pas à la Roma. Mais nous sommes justement à l’AS Rome. Donc chez Francesco Totti. A 38 ans, le symbole de la Louve a encore pris part à 27 rencontres de championnat et inscrit 8 buts. Le meilleur buteur de l’histoire des derbies romains (11 pions en 36 rencontres) compile 746 rencontres, 300 buts et plus de 110 passes décisives depuis le 28 août 1993 et son premier match en Série A à Brescia. Totti à Rome, c’est « Pas touche » ! Un monument classé au patrimoine. Et quand on connaît la valeurs des vieilles pierres dans la ville éternelle, forcément, ça vaut un 10.

Le poids des derbies

Lazio Rome : 8/10

Les Laziale ne font pas de complexe particulier face à leur éternel rival. Avec 50 victoires et 178 buts inscrits lors des 178 premiers derbies disputés, la Lazio ne laisse pas sa part aux loups mais elle reste derrière au niveau des statistiques générales. Des chiffres qu’il faut évidemment relativiser et qui n’influent en rien sur la hiérarchie. N’empêche, les Romanisti appuient toujours là où ça fait mal aux Laziale. Ils leur répètent qu’ils sont largement devant au décompte des victoires. Les Laziale, eux, font encore référence à la finale de la Coupe d’Italie 2013, qu’ils ont remportée 1-0.

AS Rome : 9/10

La mémoire immédiate nous renvoie au dernier des derbys : le 25 mai dernier, pour la « finale » de la saison qui offrait une qualification directe pour la C1 au vainqueur, c’est la Roma qui s’était imposée à la manière d’un grand frère. Merci Mapou au passage. Yanga-M’Biwa, buteur à la 85e minute, avait offert la victoire et un peu plus que ça à la Roma. Ça vaut un point de plus dans cette page mais ça dépasse tout dans les cœurs romanisti.

Le poids de l’histoire

Lazio Rome : 7,5/10

Les Biancocelesti cultivent leur différence en surfant régulièrement sur la ligne jaune. D’un côté, cette passion dévorante et sublime qui obligea, en 1995, le président Sergio Cragnotti à annuler le transfert de Beppe Signori à Parme face aux protestations des fans devant son bureau ! Une passion capable de liquéfier un prophète aussi. En janvier 2014, le Brésilien Hernanes (dit « le Prophète ») fondit en larmes à son volant en franchissant une dernière fois les grilles de Formello devant les tifosi, avant son départ pour l’Inter. Et puis il y a les affaires. Le Totonero, la faillite de Cragnotti, les liens des supporters avec les mouvances d’extrême droite… Aux dernières nouvelles, le président Claudio Lotito, le boss actuel, est visé par une enquête pour extorsion de fonds. Sinon ? Il y a quand même le souvenir de Paul Gascoigne, donc, mais aussi de Marcelo Salas, Juan Sebastian Veron, Hernan Crespo…

AS Rome : 8/10

Fondée en 1927 (soit bien après la Lazio, qui est née en 1900), la Roma est sans doute le club le plus populaire d’Italie, celui qui brasse le plus de supporters. Tout oppose la Roma et la Lazio depuis le début de l’histoire. Jusqu’à la géographie, puisque le centre de vie de Trigoria est situé à la pointe sud de Rome, à l’extrême opposé de Formello, dans un éloignement que l’on pourrait comparer à Roissy et Orly par rapport à Paris. Autant dire que les tifosi des deux camps ne risquent pas de se croiser. Les supporters giallorossi ne se tapent pas les mêmes délires néo-fascistes que leurs homologues laziale et l’AS Rome, propriété de James Pallotta l’Américain, a basculé dans la sphère de la mondialisation. Après Rudi Völler, Gabriel Batistuta, Bruno Conti, Fabio Capello and co, c’est une suite logique, après tout.

Verdict

AS Rome : 43/50

Lazio Rome : 38/50

Mathieu DELATTRE / PLANETE FOOT

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