Équipe de France

Face-à-face : Javier Pastore VS Dimitri Payet

A gauche, Javier Pastore. Esthète argentin, titi tango à Paris. À droite, Dimitri Payet. Roi des passeurs, l’OM atout cœur. Si loin, si proches, les artistes…

■ L’ART DE LA PASSE

Javier Pastore : 8/10
Même s’il n’a jamais vraiment retrouvé la forme olympique de ses premiers mois à Paris, le temps de la déprime semble vraiment un lointain souvenir pour l’Argentin. En jambes et en confiance, il fait partie, dans la durée et la constance, des meilleurs Parisiens cette saison. Pas trop dur, direz-vous ? A voir l’effectif du Paris SG, ce serait manquer de respect à quelques centaines de sélections internationales. Au contraire, ça veut dire beaucoup. Buteur contre Evian en Ligue 1 et Bordeaux en Coupe de France -, Pastore totalise 10 passes décisives cette saison. Il fluidifie le jeu du PSG mais ce n’est pas encore assez pour chatouiller les chevilles du Dim’ de l’OM.

Dimitri Payet : 10/10
Dans ses prises de balle comme dans ses changements d’appui le Dimitri qui sévit depuis le début de la saison sous le maillot olympien, n’a pas d’équivalent en Ligue 1. Christophe Dugarry le répète le dimanche sur le plateau du Canal Football Club ou dans les tribunes quand il commente : « Payet est, de loin, le meilleur joueur du championnat cette saison. » Repositionné meneur de jeu, il irradie tout. Légèrement en dedans, comme ses coéquipiers, en tout début d’année, il a remis le son contre Guingamp en étant à l’origine de 2 buts (avant-dernière puis dernière passe). Un ton au-dessus de tous. Donc, de Pastore.

■ EFFICACITÉ

Javier Pastore : 7/10
La réalité des chiffres n’est pas toujours faite pour lui plaire. Car l’Argentin est souvent l’homme de l’avant-dernière passe, celle qui n’est pas comptabilisée dans les statistiques. Au-delà de l’injustice, cela peut aussi traduire un certain manque en termes de prises d’initiative. Comme s’il était encore trop dans l’ombre de Zlatan Ibrahimovic, par exemple. A son crédit, il marque souvent des buts qui comptent, comme au Camp Nou, il y a deux ans, ou qui marquent, comme contre Chelsea l’an passé. On attend encore davantage de sa part. Là aussi, il est un ton en-dessous de Payet, dont on peut dire sans exagérer que l’OM est devenu dépendant.

Dimitri Payet : 8/10
Co-meilleur passeur du championnat en 2012-13 (12 passes avec le LOSC, comme Mathieu Valbuena), le Marseillais survole le classement cette saison (13 passes décisives après 34 journées, trois de plus que son dauphin, qui n’est autre que son adversaire dans ce duel). A la base du jeu, il est quasiment toujours concerné par les actions décisives de l’OM cette saison. Sa qualité de frappe sur les coups de pied arrêtés est une arme redoutable dont il use à merveille et avec une régularité presque insolente. Une question : vous souvenez-vous l’avoir vu rater un corner ou un coup franc ?

■ VOLUME DE JEU

Javier Pastore : 7,5/10
Il traverse encore quelques zones de nuit profonde au cœur de certains matches. On peut lui reprocher des pertes de balle mais celles-ci résultent souvent d’une prise de risques, une passe dans un petit espace ou dans la profondeur, une remise mal coordonnée. Mais Pastore est capable aussi de sortir un match de feu, aussi bien dans l’impact offensif que dans l’intensité qu’il met au pressing, à la récupération du ballon. Pas encore la régularité avec un grand R mais sa faculté à trouver la faille sur un coup d’éclat sauve sa feuille de style.

Dimitri Payet : 8,5/10
A l’instar de l’Argentin, Payet peut lui aussi disparaître des écrans radar en cours de match. Il faut dire que le pressing prôné par Marcelo Bielsa ne laisse pas une minute de répit. Depuis le début de la saison, difficile de lui reprocher quoi que ce soit au niveau de l’implication. Excepté quand « el Loco » l’a envoyé en vacances deux jours avant les autres, en l’écartant du dernier match de 2014 contre Lille. Le meneur de jeu olympien a placé le curseur très haut et il s’y tient depuis le début de la saison. Moteur et vainqueur du duel sur la forme.

■ À L’INTERNATIONAL

Javier Pastore : 6/10
C’est pour le moment une parenthèse, plus qu’une grande histoire. Lancé par Diego Maradona le 24 mai 2010 en amical (5-0 à Buenos Aires contre le Canada), Javier a disputé quelques minutes en Afrique du Sud, rentrant trois fois en jeu dans le dernier quart d’heure. Depuis, il n’a jamais accroché une place de titulaire. Il paie à la fois la concurrence farouche aux postes offensifs mais aussi son inconstance dans la (très) haute intensité. Absent des 23 au Brésil, il a les moyens de se faire une place de titulaire aux côtés de Lionel Messi et Angel Di Maria. Mais ce n’est pas encore ça. Dix-huit sélections, 2 buts.

Dimitri Payet : 6/10
Lancé le 9 octobre 2010 contre la Roumanie (victoire 2-0 des Bleus), Dimitri était entré à la 86e minute. Et il avait trouvé le moyen de réussir une passe décisive ! Une vraie marque de fabrique. Depuis, le Réunionnais n’a jamais trouvé la constance en équipe de France. Absent de la liste des 23 pour le Brésil, il a payé une saison trop moyenne à Marseille et il a été marqué par ce « rejet ». Il est revenu cet automne, dans le sillon de son début de saison magistral, mais semble encore en retard sur les « Brésiliens » de Didier Deschamps, excepté peut-être Rémy Cabella, perdu quelque part à Newcastle. « Seulement » 13 sélections pour Payet. Match nul.

■ MENTAL

Javier Pastore : 8/10
Virevoltant lors de ses six premiers mois au Paris SG, il a payé au prix fort sa baisse de régime par la suite. Comme si le coût de son transfert, le plus cher de l’histoire de la Ligue 1 à l’époque, lui pesait trop sur les épaules. Un peu vert, Javier ? Il a eu un coup de moins bien et le coup de moins bien a vraiment duré. Mais il ne se plaint jamais. Il se fait parfois siffler par le Parc, sans broncher. Et parvient régulièrement à se (re)mettre tout son petit monde dans la poche. Ce qui démontre une sacrée force de caractère quand même. Bientôt papa, ce qui est souvent un virage salvateur dans une jeune carrière.

Dimitri Payet : 7/10
Déjà père de deux enfants, Dimitri prend un certain recul, aujourd’hui, par rapport à sa première partie de carrière. Etiqueté « Joueur de la deuxième saison » depuis qu’il a réussi sa deuxième à Saint-Etienne, sa deuxième à Lille et donc sa seconde à Marseille, il jure que ce n’est que pure coïncidence. Et que l’essentiel est ailleurs. On l’attend donc au tournant. Et on maintient quelques réserves. Une de plus que pour l’Argentin qui doit faire depuis plus de trois saisons maintenant avec, dans le désordre, son prix exorbitant (42 millions d’euros), son étiquette de premier joueur galactique au PSG, la pression à Paris et ses nouveaux copains de vestiaire. Ça fait beaucoup quand même.

LE VERDICT
Javier Pastore : 36,5/10
Dimitri Payet : 39,5/10

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