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Face-à-face : FC Barcelone Vs Bayern Munich

A gauche, le Barça. Le football façon PlayStation, les « MSN » du ballon rond et accessoirement, l’équipe de Lionel Messi. A droite, le Bayern Munich, le football total, l’efficacité modèle Robert Lewandowski et aussi l’équipe de Pep Guardiola. Alors, c’est qui le plus fort des deux grands favoris de la Ligue des champions ?

■ LE POIDS DES COACHES

Luis Enrique : 8/10
Elu meilleur entraîneur de l’année 2015 par la FIFA, celui qui a passé ses diplômes avec Pep Guardiola (et aussi Albert Ferrer et Guillermo Amor) a tout raflé, sauf la Supercoupe d’Espagne, pour sa première saison à la tête du Barça. Mais à la différence de Pep, il n’a pas gagné tout de suite. Après des débuts convaincants à la tête du Barça B, il s’est planté à la Roma (une seule saison très tendue) avant de revenir aux sources au Celta Vigo, où il a terminé 9e de la Liga. Une année pleine, donc, en 2015 mais pas encore le statut de Pep.

Pep Guardiola : 10/10
Quatorze trophées sur dix-neuf possibles, il est l’entraîneur le plus titré du Barça. Et on peut se demander où il en serait aujourd’hui s’il n’était pas parti. Car il faut bien rappeler qu’il a quitté la Catalogne pour « raisons personnelles », au moment où Tito Vilanova (disparu en avril 2014) rechutait dans la maladie. Un sextuplé inédit et unique en 2009 pour sa première saison de coach, des titres qui s’accumulent en Bundesliga, depuis qu’il est au Bayern, il peut être considéré aujourd’hui comme le meilleur du monde à son poste. Heureux soit son prochain club.

■ LE POIDS DES PALMARÈS

Barcelone : 10/10
Longtemps en retard sur le cousin de Bavière (les Catalans ont remporté leur première Ligue des champions en 1992), le Barça est revenu tout en haut de la scène au cours des dix dernières années. Quatre triomphes européens (2006, 2009, 2011 et 2015) l’ont amené au même rang que le Bayern (5 C1 dans la vitrine). Le reste n’est que du très, très lourd. Trois Mondiaux des clubs et une présence au palmarès des trois Coupes européennes. Comme le Bayern ! Bien sûr, il y a le Real Madrid, avec ses 10 C1, et l’AC Milan, avec ses 7 mais franchement, on s’incline.

Bayern Munich : 10/10
Longtemps en avance sur le cousin de Catalogne (avec 3 Coupes d’Europe consécutives au cœur des seventies), le Bayern affiche deux victoires continentales en 2001 et 2013. Ça se pose là, c’est énorme et il y a aussi 3 titres intercontinentaux (2 Coupes Intercontinentales, 1 Mondial des clubs), en plus du Grand Chelem des Coupes d’Europe (5 C1, 1 C2, 1 C3). Vingt-cinq Bundesligas (contre 23 Ligas pour le Barça) trônent aussi dans la vitrine. Pour l’instant. On s’incline également.

■ LE POIDS DES STARS

Barcelone : 10/10
Un sans-faute. C’est un peu comme le quintuplé de Lionel Messi, élu pour la cinquième fois Ballon d’or en janvier. Mais l’Argentin, qui survole son sport à une altitude encore jamais atteinte, n’est pas tout seul dans la maison blaugrana. Une nouvelle fois, le Barça place deux de ses joueurs dans le Top 3 avec Neymar sur le podium. Or, les stats du Brésilien en 2015 (47 buts et 17 passes décisives en 62 rencontres) sont dignes… d’un Ballon d’or ! Et il y a Luis Suarez, qui complète le fameux « MSN » et qui n’a pas son pareil pour tuer l’adversaire quand l’un des deux autres n’y parvient pas (le Paris SG est bien placé pour le savoir depuis le printemps dernier). Vraiment sans équivalent !

Bayern Munich : 10/10
Avec Robert Lewandowski, élu sportif de l’année en Pologne (trente-quatre ans après Zbigniew Boniek, le dernier footballeur du palmarès), le Bayern possède l’un des meilleurs avant-centres du moment… avec Luis Suarez ! Dans les pas du Polonais, il faut bien sûr citer Thomas Müller, l’homme qui ne ressemble à rien mais à qui tout réussit, ou encore Thiago Alcantara, merveille de footeux au sens propre du terme. Derrière, le poids des stars souffre de l’absence prolongée de Arjen Robben et Franck Ribéry, tout comme de la relative transparence de Mario Götze dans le dispositif de Pep Guardiola. C’est le top du top, bien évidemment, mais puisque le Barça n’a pas d’équivalent, c’est un top un cran en-dessous.

■ LE POIDS DES JEUX

Barcelone : 10/10
Vous pouvez faire tous les tests physiques du monde, jongler entre les préparateurs physiques et même consulter Madame Irma, face à eux, l’oxygène finit toujours par manquer. C’est le lot de la quasi-totalité de leurs adversaires, jamais loin de la ligne rouge à force de courir dans le vide, de se remettre les reins en place et de chercher le ballon des yeux, à défaut de le toucher avec les pieds. Les quelques autres – que l’on peut délimiter à quatre équipes (l’Atlético Madrid, le Real Madrid, le Paris SG et le Bayern Munich) – qui soutiennent la comparaison finissent eux aussi par craquer. Le Real a explosé lors du Clasico à l’automne dernier, le PSG a plié face aux coups de boutoir de Suarez au printemps 2015. Pour le moment, seulement ?

Bayern Munich : 10/10
A l’échelle de la Bundesliga, le Bayern est un peu le Barça. Une équipe injouable, imbattable ou presque, qui enchaîne les matches comme les séances d’entraînement. A coups d’interminables séquences de conservation, de passes à dix qui se transforment en passes à cent, de toque à la sauce bavaroise. C’est tout le talent de Pep Guardiola qui a réussi à façonner une équipe à son image, fidèle à ses principes de jeu. Mais c’est aussi, au-delà de la qualité technique de chaque joueur (on peut citer par exemple Philipp Lahm et David Alaba, deux arrières latéraux qui savent tout faire avec un ballon), une redoutable machine à changer de rythme, de ligne de passe et une formidable machine à marquer. Il n’y a pas grand-chose à enlever. Ça vaut un 10 en gras !

■ LA FORME DU MOMENT

Barcelone : 10/10
Même sans Messi, blessé deux mois en novembre et décembre, les Catalans n’ont pas perdu en efficacité, c’est dire. Luis Suarez, décisif lors du Mondial des clubs, a rappelé au monde ses talents de buteur, quelque peu altérés au niveau des stats par « la Puce », qui prend, c’est vrai, beaucoup de place. Neymar enchaîne les prestations de haut vol et derrière, le milieu Ivan Rakitic-Andres Iniesta-Sergio Busquets est un trio qui affole, lui aussi, les yeux, en plus des compteurs. Injouable pour beaucoup et présenté, à juste titre, comme le favori des favoris en Ligue des champions. Donc légèrement en avance sur le Bayern…

Bayern Munich : 10/10
Quasiment déjà sacrés champions, les Bavarois culminent à des cimes que seul le Paris SG, en Ligue 1, égale. Mais la trêve hivernale, toujours plus longue en Allemagne, pose une interrogation quant à leur degré de forme en février. Pep Guardiola a rappelé à la mi-janvier que son Bayern « n’était pas prêt ». Et à la mi-février ? Généralement, ça le fait mais entre les arabesques catalanes qui s’enchaînent depuis le Mondial des clubs et le stage bavarois au Qatar, loin des yeux et des caméras, un décalage se crée automatiquement dans l’inconscient collectif. Comme chaque année, le verdict est pour maintenant.

VERDICT
Barcelone, 48/50
Bayern Munich, 46/50

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