Équipe de France

Face-à-face : Daniel Alves VS Serge Aurier

A gauche, un bison futé. Mutant des pelouses et de l’or dans les pieds en plus. A droite, un des plus lourds du troupeau. Potentiel de feu mais du plomb dans la tête. Alors, entre les deux bestiaux, c’est qui, l’arrière droit le plus fort ?

ATTAQUE-DEFENSE

Daniel Alves
Révélé à Séville. On avait découvert un Brésilien mutant, latéral droit qui évoluait ailier et qui n’était pas manchot au milieu. Au cours de ses huit saisons au Barça, il a sans doute passé plus de temps dans la moitié de terrain adverse que dans son propre camp. Dani Alves, c’est le latéral modèle, celui qui monte, qui centre, qui délivre la passe qui tue, en même temps qu’un vrai défenseur dans l’âme quand un duel pointe dans son pré carré. En un contre un, en position défensive, il est souvent celui qui gagne. Un vrai catalogue full options.
10/10

Serge Aurier
Révélé à Toulouse. Sa capacité à se projeter vers l’avant ne s’est pas envolée lors de son transfert à Paris. Dans le couloir droit, il est souvent celui qui propose le centre, celui qui se trouve dans la position la plus avancée sur une action placée du PSG. Sa qualité de centre est indéniable, surtout fort, à ras de terre ; là, il excelle. Il lui arrive d’avoir quelques oublis défensifs mais il compense par ses courses vers l’arrière. Si on peut lui reprocher certaines approximations tactiques, il n’y a rien à redire sur son implication physique.
9/10

TECHNIQUE

Daniel Alves
Par rapport à son poste et à ses priorités, difficile de lui enlever un point. Alves, c’est un artiste au poste de latéral droit. On n’ignore pas sa qualité de passe, déjà inscrite au patrimoine mondial, mais on veut surtout mettre l’accent sur la relation particulière qu’il entretient avec le ballon. Crochet court ou grand pont, remise en une touche ou feinte de corps, il est l’un des rares défenseurs capables d’éliminer balle au pied. Bon, il faut enfin surligner sa qualité de frappe. Sur coup franc, c’est un monstre. Et quand il choisit l’extérieur du pied, pour une passe entre les lignes ou même une transversale, ça lui arrive, c’est un régal.
10/10

Serge Aurier
Il n’est pas, non plus, embêté par le ballon. Même sous pression, il s’applique à relancer juste et propre. C’est parfois limite mais c’est toujours à noter. Il a son style, un peu plus brut de décoffrage qu’Alves, mais il n’y peut rien. Au final, si ce n’est pas la même idée de la perfection que le n°23 de la Juventus Turin, le Parisien a sa place parmi les meilleurs manieurs de balle au poste 2. D’ailleurs, il fait lui aussi partie des rares capables d’éliminer leur adversaire direct en un contre un, à l’image d’un véritable attaquant. Il lui arrive également de frapper des coups francs. Il en a marqué quelques-uns à Toulouse. A Paris, ça se voit moins.
9/10

PHYSIQUE

Daniel Alves
Il suffit de mater son corps tatoué de partout, c’est un Golgoth des pelouses. A bientôt 34 ans, il n’a pas été épargné par les blessures dont la dernière, une fracture du péroné, l’a éloigné des terrains de novembre à février derniers. Mais à chaque fois, il revient plus fort et fait figure de modèle déposé dans le rayon des grands pros. Cela donne 230 matches avec le FC Séville et 391 avec le FC Barcelone, ce qui vous donne une idée du rayon en question. Il ne peut pas avoir 10 mais bon…
9/10

Serge Aurier
Avec dix berges de moins que le Brésilien, l’ami Serge part également sur de sacrées bonnes bases au niveau physique. Au top de sa forme, la saison dernière, par exemple, il ressemblait souvent au meilleur du monde à son poste. Son activité, bien sûr, mais aussi son volume athlétique faisaient mouche. Déjà à Lens, on avait deviné le fauve. Le Parisien est aujourd’hui, dans le rapport poids-puissance, l’un des bolides les plus recherchés. Il n’est pas très grand (tout comme Alves) mais quel tour de cuisses, quand même. Impressionnant !
10/10

MENTAL

Daniel Alves
Un soir de victoire en Ligue des champions 2009, un journaliste catalan avait dit : « Mais pourquoi c’est Maicon qui est titulaire avec la Seleçao ? Personne, ici, n’a la réponse. » Nous ne l’avions pas non plus. Alves est longtemps resté tapi sur le banc avec le Brésil. Sans jamais broncher. Il ne bronche jamais d’ailleurs, sauf pour défendre son équipe, son club, son institution. Sa lettre d’adieu au Barça, l’an dernier, est à encadrer. Plus près de nous, l’artiste a trouvé le moyen de… manquer le coup d’envoi du quart de finale retour de C1 entre le Barça et la Juve au Camp Nou. Il était en train de saluer tout le monde sur le banc catalan !
10/10

Serge Aurier
On ne met pas 0 parce qu’il participe. Quoique, à Lorient, il a mis plus de temps à mettre ses chaussettes, ses protège-tibias puis, à nouveau, ses chaussettes. On ne va pas vous refaire la cabine d’essayage. Pardon, on s’égare… Il a quand même mis plus de temps, huit minutes exactement, à entrer sur le terrain que le Barça n’en avait pris pour claquer trois buts quelques jours plus tôt au PSG. Une ligne de plus dans son casier bien rempli. Periscope, Laurent Blanc qui est une tapette, gardes à vue… Indéfendable. Deux sur dix, vraiment ? Est-ce cher payé ?
2/10

PALMARES

Daniel Alves
On enlève un point parce qu’il n’a pas (encore ?) remporté la Coupe du monde. Sinon ? C’est un dictionnaire du Grand Chelem : 1 Copa America et 2 Coupes des Confédérations avec le Brésil (100 sélections, 7 buts) et puis… bah, tout le reste, quoi. Deux Ligues Europa, 2 Ligues des champions, 4 Supercoupes d’Europe, 3 Mondiaux des clubs. On arrête là ? Non, on rajoute quand même 6 titres de champion d’Espagne à Barcelone et même 4 Coupes d’Espagne puisqu’il en a remporté une avec Séville en 2007 ! Il est venu à la Juve pour « gagner la Ligue des champions ». Quand il l’a dit, personne n’a rigolé.
9/10

Serge Aurier
La victoire des Eléphants de Côte d’Ivoire à la CAN 2015 constitue son seul titre international. Il a le mérite d’être là. Sinon, c’est à Paris qu’il construit sa vitrine : 3 Coupes de la Ligue, 1 Coupe de France, 2 Trophées des champions, 2 titres de champion de France. Pour l’instant. C’est plutôt pas mal, ça commence à faire mais ça reste toujours beaucoup plus léger que l’antichambre d’Alves. Il a évidemment le temps de rattraper son retard mais il y a du chemin. A moins qu’il ne signe à Manchester United ou à Barcelone ? Mais il se dit que les dirigeants catalans sont un peu échaudés par les sorties nocturnes ou littéraires de l’artiste…
7/10

VERDICT
Daniel Alves, 48/50
Serge Aurier, 37/50

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