Équipe de France

Face-à-face : Carlo Ancelotti VS Arsène Wenger, le combat des chefs

A gauche, Don Carlo, esthète italian, voyageur du monde de passage en Bavière. A droite, Maître Arsène, une certaine idée de la fidélité et un indécrottable Gunner. Alors, c’est qui le meilleur ?

PALMARÈS

Carlo Ancelotti, 10/10
Ça se pose là. Il a tout gagné avec l’AC Milan, oui, on aurait pu le dire. Mais ça ne suffit pas. Ancelotti, c’est 2 Mondiaux des clubs (2014 avec le Real Madrid, 2007 avec le Milan), 3 Supercoupes d’Europe (2014 avec le Real, 2003 et 2007 avec le Milan), 3 Ligues des champions (2014 avec le Real, 2003 et 2007 avec le Milan). Ça ne suffit vraiment pas ? Alors, c’est aussi des titres de champion en Italie, en Angleterre (Chelsea), en Espagne (Real), en France (Paris SG). Des Supercoupes d’Italie et d’Allemagne (cet été, avec le Bayern Munich), des Coupes et même 1 Community Shield avec Chelsea. Il n’a entraîné ni Montceau-les-Mines, ni Dunkerque mais quand même.

Arsène Wenger, 8/10
Trois championnats d’Angleterre, 6 Cups et 6 Community Shields pour Arsène avec les Gunners. Sinon, 1 Supercoupe et une Coupe du Japon avec les Nagoya Grampus Eight, 1 titre de champion et 1 Coupe de France avec l’AS Monaco. Surtout, trois défaites en finale de Coupe d’Europe : une avec Arsenal, en Ligue des champions contre le Barça en 2006, une avec Arsenal, contre Galatasaray en Coupe de l’UEFA en 2000, une avec Monaco, en Coupe des vainqueurs de Coupe, en 1992 face au Werder Brême. Ce n’est pas cher payé peut-être (surtout avec Arsenal en 2000 contre Galatasaray) mais ça fait néanmoins une sacrée bascule.

EXPÉRIENCE

Carlo Ancelotti, 10/10
Il a tout appris d’Arrigo Sacchi, de ses années Milan, quand il était joueur et qu’il faisait partie de la meilleure équipe du monde avec Frank Rijkaard, Ruud Gullit et Marco Van Basten. Il l’a toujours revendiqué et il a raison de le faire. Il a vite effectué ses classes à Reggiana puis à Parme avant d’embrasser le haut niveau, d’abord à la Juventus Turin, où il fut l’entraîneur de Zinédine Zidane, puis au Milan, où il a connu tous les succès possibles. Pourtant, c’est surtout depuis son départ d’Italie que l’expérience s’est enrichie. Il a su, alors qu’il avait tout gagné, franchir le pas et faire le choix de l’étranger. Depuis ? Chelsea, Paris SG, le Real Madrid, le Bayern Munich. Bon…

Arsène Wenger, 9/10
Wenger est un bâtisseur. Il a tout construit à l’ASM, tout bâti à Nagoya, tout échafaudé à Londres. Il faut se souvenir d’Arsenal au milieu des années 90, quand il y était arrivé. Se souvenir du « Boring Arsenal » (Arsenal l’ennuyeux ), de Sopwell House et de Highbury. Arsène a tout fait, validant les plans du centre d’entraînement de Colney, qui est un petit bijou. Là où Ancelotti, qui était dans son cocon à Milan, a coupé le cordon, lui semble comme lié à vie à Arsenal. Dans l’idée, c’est un modèle. Plus de vingt ans à la tête de la même équipe dans le foot actuel, il faut s’appeler Wenger pour atteindre une telle longévité. Mais on ne peut s’empêcher d’enlever un point parce qu’on ne sait pas ce qu’il pourrait faire ailleurs. Ancelotti, lui, on sait.

MANAGEMENT

Carlo Ancelotti, 8/10
La question, le concernant, peut paraître osée. Le Mister pourrait répondre qu’il n’a plus rien à prouver dans ce domaine. Mais il a quand même la casserole d’Istanbul 2005 collée au corps. Comment le Milan de Kakà et Andreï Shevchenko, de Paolo Maldini, d’Andrea Pirlo, de Clarence Seedorf et de tous les autres a-t-il pu laisser s’échapper la Ligue des champions contre Liverpool alors que tout ce petit monde menait 3-0 à la mi-temps ? Oui, c’est le foot, c’est la magie du foot, c’est Liverpool forever et tout ça. Mais c’est quand même une cicatrice qui fait tache. Allez, deux points en moins, Carletto.

Arsène Wenger, 8/10
Tout pareil. La question n’est pas de savoir si l’Alsacien a encore quelque chose à prouver en la matière. C’est lui qui façonne, qui crée, mais c’est aussi un « maçon manager ». On peut, sans faire injure à grand monde, affirmer que c’est un peu lui qui a créé la notion de manager à l’anglaise dans le foot d’aujourd’hui. Pourquoi deux points en moins, alors ? Pour son entêtement, parfois, à ne pas vouloir prolonger ses jeunes trentenaires. Quelques choix hasardeux sur le marché des transferts (Karel Podolski, par exemple) et cette curieuse photographie de Thierry Henry troisième adjoint en Belgique et Patrick Vieira coach à New York pour le compte de Manchester City. Un peu omnipotent, tout de même, Maître Arsène.

CULTURE TACTIQUE

Carlo Ancelotti, 10/10
Disciple de Sacchi, donc. Son Milan des années 2000 fut un parfait copié-collé de celui de son illustre aîné. Mais Ancelotti a, depuis, largement élargi son domaine de compétences. Avec Paul Clement, son fidèle adjoint (qui a quitté tout récemment le Bayern pour s’asseoir sur le banc de Swansea en numéro un). On se souvient de son passage à Paris comme d’un laboratoire à ciel ouvert, entre des démonstrations et des explications à n’en plus finir. On se rappelle aussi d’une discussion au sujet du tout jeune Yoann Gourcuff à Milan, quand il expliquait pourquoi il ne jouait pas et pourquoi il ne voulait pas le vendre. Un véritable ordinateur.

Arsène Wenger, 10/10
Il n’a pas seulement révolutionné le jeu à l’anglaise en inculquant des principes en même temps que des valeurs au cours de ses vingt années à Arsenal, il sait aussi s’adapter à l’adversaire. Laisser la balle s’il le faut, construire une équipe en fonction du match, la détricoter pour tenter autre chose en cours de partie. C’est un architecte au sens propre du terme. Question football, il voit tout très vite. Il suffit d’écouter ses analyses à chaud, souvent parmi les plus lucides et complètes du plateau. Wenger, c’est un formateur, un éducateur, en même temps qu’un manager. Mais c’est surtout un tacticien. Maître d’école.

CULTURE DE LA GAGNE

Carlo Ancelotti, 9/10
Allez, on enlève encore un point pour Istanbul 2005. Bah oui, ça le poursuivra toute sa vie. Sinon, pas grand-chose à redire. N’est pas Mister qui veut. Il a gagné partout et il n’est pas venu en Bavière, après une année sabbatique, pour la fête de la bière.

Arsène Wenger, 7/10
Difficile de mettre Wenger sur le même pied d’égalité que son confrère italien. Le Français pâtit ici du manque de trophées et des saisons blanches d’Arsenal au cours des dix dernières saisons. Qui lui valent d’ailleurs quelques sérieuses secousses de la part des fans, parfois.

Verdict
Carlo Ancelotti, 47/50
Arsène Wenger, 42/50

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