Étranger

Face-à-face : Bernardo Silva VS David Silva

A gauche, Bernardo. Petit cheval cabré, insaisissable balle au pied et première recrue de Manchester City. A droite, David. Maître ès passes décisives, insaisissable balle au pied et taulier des Skyblues. Alors, entre les deux Silva, nouveaux coéquipiers, qui est le meilleur ?

TECHNIQUE DE BALLE

Bernardo Silva : 10/10
Quand la maîtrise approche à ce point la facilité, l’arrogance reste au vestiaire. Il ne touche pas le ballon, il le caresse. Extérieur du pied, avec cette conduite de balle en forme de crochets courts. Intérieur du pied, avec ces crochets courts en forme de conduite de balle. C’est du grand art et c’est cadeau ! C’est juste sa façon de jouer. Il fait partie de ces joueurs qui donnent l’impression d’être plus à l’aise en courant balle au pied que sans. Pourquoi enlever des points ?

David Silva : 10/10
C’est une partition sans dièse ni bémol. Quel que soit le ballon qu’il touche, quelle que soit la partie du pied avec laquelle il le touche, cela ressemble toujours à un accord parfait. Mais c’est vrai qu’on s’attarde un peu plus sur son pied gauche. Lui, c’est un vrai gaucher, le foot en mode contre-pied, toujours un temps d’avance dans le zig quand l’autre est encore dans le zag. L’accord est toujours parfait et comme l’artiste est toujours bien raccord… Pourquoi enlever des points ?

PHYSIQUEMENT VOTRE

Bernardo Silva : 8/10
Ce devrait être son talon d’Achille mais le talon est un leurre. Son gabarit de poche, qui le place parmi les plus petits meneurs du circuit, ne l’empêche pas de martyriser les golgoths aux muscles polis par la crème bronzante. Il n’a pas peur, il va au mastic quand sa vivacité lui octroie le millième de seconde d’avance et c’est souvent la fourmi qui sort sur ses pattes quand les gros taclent dans le vide. Sinon ? Il y a faute. Et donc danger, parce qu’il met la balle là où il veut. Il marque même de la tête, c’est dire…

David Silva : 8/10
Tout pareil. A l’instar de Bernardo, David fait partie des lilliputiens des pelouses. Mais c’est un XXL du jeu. Toujours debout, la tête et le regard braqués sur l’horizon, quand les mastodontes veulent lui tomber sur le râble sans voir plus loin que le bout de leur truffe. Il évolue toujours avec cette aisance et cette impression de plaisir, même au cœur d’un duel mastoc. Ses saisons de Premier League l’ont, en plus, endurci. Que du lourd, le papillon !

FORCE DE CARACTERE

Bernardo Silva : 8/10
Formé au Benfica Lisbonne (qui l’avait prêté une première saison à l’AS Monaco avant de le vendre définitivement), le petit Bernardo ne peut pas renier ses origines : du toucher, de la passe qui se redouble et l’envie de jouer vers l’avant. Côté mental, c’est un peu la même chose : son petit gabarit ne lui a jamais rien promis. Il s’est toujours accroché, depuis ses années chez les jeunes où il était surclassé. La façon dont il s’est imposé à Monaco à 20 ans en dit long sur cette force-là. Mais il a encore du chemin à parcourir. Surtout en sélection.

David Silva : 9/10
L’homme de la Costa Blanca puise aussi ses racines dans la Chine ancestrale, comme son regard le montre (il était surnommé « le Chinois » tout petit, car sa maman est originaire de l’Empire du milieu). Est-ce la source de cette inépuisable zénitude qui l’habite ? Jamais un mot plus haut que l’autre. Il ne montre rien. Sauf sur le terrain où ce sont les autres qui craquent face à son talent, avec cet art de prendre toujours la bonne décision au bon moment. Un point de moins parce qu’il aurait pu gagner encore plus de trophées ailleurs qu’à City, peut-être.

EFFICACITE DU GESTE

Bernardo Silva : 9/10
Sur la saison, il mérite évidemment un 10 incontesté qui est aussi incontestable. Le point en moins ? A 22 ans, Bernardo n’a pas encore atteint les standards de David. Il est dans le bon sillon mais il est derrière. Il faudra en reparler dans quelques saisons… ou quelques mois, puisque les deux sont maintenant coéquipiers à City. On va voir comment Pep Guardiola les associe. Ils sont tellement similaires que cela n’a rien d’évident. Mais c’est terriblement excitant.

David Silva : 10/10
77 passes décisives en Premier League, 22 en Liga, 11 en Ligue des champions et même 11 en Cup, où il a pour le moment délivré 11 offrandes en 22 matches ! Au total, Silva dépasse largement la centaine (134 en tout) de passes décisives dans sa carrière. Mais Silva, ce n’est pas que ça : 86 buts aussi, pour le moment (dont 39 rien qu’en premier League). Ça vaut un sacré bon 10.

PALMES D’OR

Bernardo Silva : 6/10
Son titre de champion de France avec Monaco peut être considéré comme le seul de sa jeune carrière. Il déclare aussi un titre de champion du Portugal, en 2014 avec le Benfica, mais il n’avait pris part qu’à une seule rencontre. On ne devrait donc pas lui chercher trop de noises aux douanes. C’est encore un peu léger comparé à son illustre nouveau coéquipier mais le garçon n’a que 22 ans. Bon, il n’était pas à l’Euro non plus. Blessé, certes, mais absent. Pas champion d’Europe 2016, donc.

David Silva : 10/10
S’il avait été un enfant du Barça, sans doute serait-il assis aux côtés d’Andres Iniesta avec le plus gros palmarès du football : 2 Euros (2008, 2012) et 1 Coupe du monde (2010). Seuls les Espagnols sont capables de voyager avec un fret pareil. Mais lui, en club, c’est aussi 1 Coupe d’Espagne (avec Valence en 2008), 1 Cup et 2 Coupes de la Ligue anglaise (en 2011 puis en 2014 et 2016 avec City) et 2 titres de champion (en 2012 et 2014, toujours avec City). C’est un guide du jeu. Alors, on le suit.

VERDICT
Bernardo Silva : 41/50
David Silva : 47/50

Populaires

Presse magazines

Société d’Édition de Sites Internet Musicaux et Sportifs

Vélo Tout Terrain Planète Cyclisme City Ride Ride it

© 2017-2018 Editions Blue Print / SESIMS

To Top