Étranger

Eurostar 2012 / Andres Iniesta : « Il faut être fier de ça »

Elu homme de la finale de l’Euro, le milieu de terrain du Barça a une nouvelle fois sorti sa plus belle tenue pour l’histoire. Définitivement élégant.

Il est là, entre Davor Suker et Christian Karembeu, les deux ambassadeurs chargés de remettre le trophée au meilleur joueur du match. Il fait le boulot, avec les gouttes de sueur qui perlent encore sur les tempes, pose pour la photo, passage obligé qu’il connaît par cœur. Normal, il est un habitué des lieux. Il est là, élu homme de la finale de l’Euro 2012, et vient chercher son trophée comme le meilleur joueur d’un tournoi de sixte du 1er mai dans les campagnes de France ou de Navarre. Il est l’un des meilleurs joueurs du monde depuis plusieurs années, joue dans la meilleure équipe du monde depuis toujours et c’est à peine s’il ose dire merci à Suker et Karembeu. Ce n’est pas parce que les deux anciens ont joué au Real Madrid. C’est juste une question de respect.
Il est comme ça, Andres Iniesta. Il empile les triomphes. Il pourrait jeter à la poubelle tous les records d’avant. Se croire seul au monde. Roi de la planète foot. Mais ce serait mal connaître l’artiste. OK, l’Espagne efface tout et son palmarès, à l’instar de celui de Xavi, écrase la concurrence. Mais lui ne veut surtout oublier personne. « On a tous été au top, tout le monde a fait un grand match contre la Squadra. Je pense que les choses auraient peut-être été différentes si l’Italie n’avait pas joué à dix après la blessure de Thiago Motta. » Mais sinon, l’idée de planer loin, loin au-dessus des autres ? « Franchement, je n’aurais jamais imaginé une nouvelle consécration possible. Il faut être fier de ce que l’on a réalisé. Mais pas que nous. Ce soir, je veux penser à tous les Espagnols et tous les gens qui s’identifient à notre football. Tous doivent être fiers aussi. »
Beaucoup voyaient les Espagnols payer l’addition ce coup-ci. Les signaux n’étaient pas tous au vert et donnaient du grain à moudre à leurs détracteurs. Une nouvelle saison harassante, une finale de Coupe du Roi à jouer alors que la moitié de l’équipe avait entamé la préparation de l’Euro, une seule rencontre de préparation (contre la Chine) avec une équipe-type… Mais c’est encore assez finalement pour cette Espagne-là. Avant la demi-finale contre le Portugal, Iniesta disait : « Quand on arrive à ce stade, les mots comme « épuisement » ne doivent pas être dans nos têtes. Il ne reste plus qu’un dernier petit effort à consentir. »
Un ultime match en forme de mise au point. Au meilleur moment. La veille, Cesc Fabregas, son coéquipier du Barça, précisait encore : « Andres s’améliore match après match. Il a eu une saison difficile en club à cause des blessures mais il connaît l’un des sommets de sa carrière dans ce tournoi. Il a un impact énorme sur notre façon de jouer. Il est créatif, il court balle au pied, est très adroit dans la dernière passe et devient chaque saison plus efficace. Il nous donne beaucoup de confiance, prend davantage de responsabilités et c’est notre point d’ancrage en attaque. » L’homme-clé, quoi.

Son Euro 2012
• 6 matches
• 551 minutes jouées
• 1 passe décisive
• 3 fois élu « Homme du match »
• 14 tirs cadrés – Seul Cristiano Ronaldo (15) a fait mieux

Un chiffre : 100
Centième victoire d’Iker Casillas sous le maillot de la Roja en 137 sélections. Il est le recordman des sélections en Espagne et aussi le gardien qui a joué le plus de matches en phase finale (Euro et Coupe du monde) avec 29 apparitions. Chapeau, champion.

Une info
Fernando Torres et Juan Mata, tous les deux remplaçants et buteurs en finale, avaient remporté la Ligue des champions fin mai avec Chelsea. Ils rejoignent dans un cercle très fermé leur compatriote Luis Suarez (C1 avec l’Inter Milan et Euro avec l’Espagne en 1964), les Néerlandais Hans Van Breukelen, Ronald Koeman, Wim Kieft, Berry Van Aerle et Gerald Vanenburg (C1 avec le PSV Eindhoven et Euro 1988) et les Français Nicolas Anelka et Christian Karembeu (C1 avec le Real Madrid et Euro en 2000).

Quand la Roja balaie les chiffres
• 1
L’Espagne est la première nation à conserver la Coupe Henri Delaunay. Deux équipes avaient atteint la finale deux fois de suite (l’URSS en 1960 et 64, la RFA en 1972 et 76) sans remporter la seconde.
• 1
L’Espagne est le champion d’Europe qui a encaissé le moins de buts au cours du tournoi depuis que l’Euro se déroule à 16 équipes. L’Italien Antonio Di Natale est le seul joueur à avoir marqué un but à Iker Casillas. C’était lors du premier match (1-1).
• 2
Fernando Torres est le premier joueur à marquer lors de deux finales de l’Euro (en 2008 et 2012). Il devient avec 5 buts (2 en 2008, 3 en 2012) le meilleur buteur de l’Espagne en phase finale de l’Euro.
• 13
Avant les ogres espagnols, 13 joueurs avaient disputé 2 finales de l’Euro mais n’en avaient remporté qu’une : Valentin Ivanov, Viktor Ponedelnik, Lev Yachine (URSS, vainqueur en 1960, finaliste en 1964) ; Franz Beckenbauer, Uli Hoeness, Sepp Maier, Hans-Georg Schwarzenbeck, Herbert Wimmer (RFA, vainqueur en 1976, finaliste en 1980), Thomas Hässler, Thomas Helmer, Jürgen Klinsmann, Matthias Sämmer (Allemagne, finaliste en 1992, vainqueur en 1996). De l’histoire ancienne, tout ça !

Les stats de la finale de l’Euro 2012 Espagne-Italie (4-0)
• Possession de balle : 52%-48%
• Tirs : 14-11
• Tirs cadrés : 9-6
• Tirs arrêtés : 3-2
• Tirs non cadrés : 5-5
• Tirs sur les poteaux : 0-0
• Corners : 3-3
• Phases d’attaque : 47-22
• Occasions franches : 5-1
• Hors-jeux : 3-3
• Avertissements : 1-1
• Expulsions : 0-0
• Fautes commises : 17-10
• Fautes subies : 9-17

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