Équipe de France

Euro 2016 : Ukraine, la dynamique du barrage

Pour la première fois de sa jeune histoire, l’Ukraine, historiquement chat noir en barrage, est sortie vainqueur de son face-à-face ultime pour l’Euro, contre la Slovénie. La roue tourne et les ambitions avec !

Quelque part, c’est aussi une première. Les Ukrainiens, losers historiques en barrages (avec, symbole parmi les symboles, un 2-0, 0-3 en novembre 2013, dernier péage avant la Coupe du monde au Brésil dont tout le monde se souvient en France et que personne n’a oublié en Ukraine), viennent de briser la glace. Ils ont tremblé, jusqu’à la dernière seconde du temps additionnel en Slovénie, mais ils sont passés. Qualifiés d’office en tant que co-organisateurs de l’Euro 2012, ils ont bien une phase finale enfouie dans leurs souvenirs mais c’est la première fois qu’ils se qualifient pour l’Euro en validant leur billet sur le terrain.
Bostjan Cesar, un nom connu des supporters marseillais malgré le peu d’impact que le grand Slovène a pu avoir du côté du Vélodrome, avait relancé les espoirs de son équipe et de tout un peuple lors du match retour à Maribor, en marquant en tout début de match. Il a fallu un arrêt décisif d’Andrei Pyatov en toute fin de rencontre pour empêcher Bostjan, capitaine courage, de doubler la mise et donc d’égaliser sur l’ensemble des deux matches. Et puis, dans un final à couper le souffle, les Ukrainiens sont sortis en contre à la… 97e minute (!), pendant que les onze Slovènes et tout Maribor poussaient dans leur surface. Artem Kravets a le temps de fixer le pauvre Samir Handanovic, qui a déjà compris, puis de glisser à Andrei Yarmolenko, seul pour pousser dans les filets un ballon qui compte plus que tous les autres pour le foot ukrainien.
Les voilà donc qualifiés pour l’Euro quatre ans après être passés (un peu) à côté du leur (éliminés au 1er tour par l’Angleterre et la France). Vainqueur en barrages. De quoi exulter, comme Yehven Seleznev, attaquant aux anges. « On savait que ce serait un match très difficile mais on a su hausser notre niveau de jeu en seconde période et on a obtenu le résultat qu’on voulait. Nous sommes trop contents de nous qualifier pour le rendez-vous en France. »
Mykhaylo Fomenko, qui a su prendre la relève d’Oleg Blokhine en s’appuyant sur les points forts d’un groupe qui n’a pas changé ou presque (cette fois, le cousin d’Andrei Shevchenko n’est vraiment plus là), a esquissé le début d’un sourire. Comme quoi, c’était vraiment la fête. « Tout d’abord, je veux remercier tous les joueurs du fond du cœur pour leur travail remarquable. Pour une bataille comme celle que nous venons de mener, vous avez besoin d’être vraiment bien préparé, à la fois physiquement et mentalement. Je les félicite donc et les remercie encore. Dans le vestiaire, il y a eu de l’émotion, une joie immense. Ces dernières minutes ont été incroyablement intenses, intenables. Ce fut dur mais je suis convaincu que ce barrage va nous servir. On mérite notre ticket d’entrée pour l’Euro. Maintenant, nous devons récupérer, nous préparer tranquillement et arriver avec de la fraîcheur. » Et aussi, puisque le sortilège est brisé, des ambitions.

Eurostar : Evgen Konoplyanka
C’est un vrai ailier. De débordement, de rupture, de vitesse pure. Un ailier à l’ancienne, de ceux que Valery Lobanovski formait chaque jour presque mécaniquement, dans sa philosophie de football total façon Soviet suprême. Le style de joueur dont raffole Guy Roux, qui n’aurait pas fait tache au sein du onze de l’AJ Auxerre des grandes heures. Il faut dire qu’il ne ferait tache nulle part. Evgen Konoplyanka cumule les strates de sa formation vintage au Dniepro Dniepropetrovk et les accents très tendances du football moderne. Ailier mais pas que. Sur son côté gauche, il sait aussi repiquer, feinter, s’ouvrir un angle de frappe. Mais c’est surtout dans l’élimination par la vitesse et par sa vision du jeu qu’il excelle. Au FC Séville, qui a déboursé 20 millions l’été dernier pour l’arracher à la concurrence, l’Ukrainien a délivré cinq passes décisives sur ses dix premières apparitions en Liga. Il sait marquer aussi. Deux fois en Liga, deux fois en Ligue des champions. Il sait tout faire balle au pied. Un peu comme Andrei Archavine mais en plus souriant. Ce qui ne gâche rien.

Le chiffre : 12
Comme le nombre de matches disputés par Andrei Yarmolenko au cours des qualifications. Bien sûr, le garçon a eu deux dates de plus sur son calendrier personnel avec les barrages contre la Slovénie. N’empêche, aucun autre attaquant n’a joué autant que lui. Résultat : 1 055 minutes, 6 buts et 2 passes décisives. Valeur sûre.

Comment ils jouent
Mykhaylo Fomenko n’a pas touché au 4-2-3-1 qu’Oleg Blokhine s’était efforcé de mettre en place avant lui. Devant Andrei Pyatov, le dinosaure des buts ukrainiens qui n’a que 31 ans (mais il en faisait déjà 40 à 20…), c’est Evgen Khacheridi et Yaroslav Rakitsky qui forment la charnière titulaire. Vyacheslav Shevchuk est toujours là à gauche, Artem Fedetsky toujours là à droite. Pas des monstres de vitesse (surtout le dernier cité) mais des garçons toujours difficiles à passer balle au pied. Le triangle du milieu est toujours fermé par Ruslan Rotan, le capitaine, et souvent complété soit par Denys Garmash, soit par Taras Stepanenko, pendant que Sergy Sydorchuk (ou Sergy Rybalka) officie en pointe haute. C’est surtout sur les côtés que l’Ukraine affiche sa force de frappe avec Andrei Yarmolenko et Evgen Konoplyanka, peut-être parmi les plus rapides des joueurs européens. En pointe, c’est Artem Kravets ou Evgen Seleznev. Du fait maison, quoi.

Classement FIFA : 29e

Le sélectionneur : Mykhaylo Fomenko
• 67 ans
• Ukrainien
• En poste depuis décembre 2012
• Poste précédent : FC Salyut Belgorod (RUS), devenu le FC Energomash Belgorod
« Les résultats diront si nous avons un bon groupe ou non. Ce qui est bien, c’est que si nous avons le bonheur de nous qualifier, nous n’affronterons ni l’Allemagne, ni la Pologne avant la finale. Maintenant, nous allons tout mettre en œuvre afin que l’Ukraine dispose des meilleures conditions possibles pour se préparer. »

Cote Planète Foot : 3

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