Équipe de France

Euro 2016 : Suisse, passer le cut

Jamais les Suisses n’ont franchi le seuil du 1er tour à l’Euro. Même en 2008, quand ils étaient les hôtes du tournoi. S’ils n’y parviennent pas en juillet prochain, ce sera à désespérer…

Le moment est-il venu de passer le pas de la porte ? Revoilà la Suisse, huit ans après son Euro qui avait mis toute la Confédération derrière la sélection et qui s’était achevé dans des pleurs contrastés, sous la pluie grasse de juin du St-Jakob Park de Bâle. La Nati venait de battre le Portugal 2-0, s’offrant la toute première victoire de son histoire dans une phase finale de championnat d’Europe. Mais les Portugais, déjà qualifiés avant le match, mettaient le cap vers les quarts de finale quand les hommes de Kubi Kühn, qui venait de vivre là son dernier match en tant que sélectionneur, se rhabillaient pour l’été, l’hiver et plus que ça, d’ailleurs : éliminés de leur Euro dès la phase de groupe, après les deux premiers matches, noyés par les sueurs du carcan de la pression.
La Nati s’est qualifiée pour les deux Coupes du monde qui ont suivi, en 2010 en Afrique du Sud (seule nation à battre l’Espagne, soit dit en passant) et en 2014 au Brésil (huitième de finaliste contre l’Argentine malgré une fessée cul nu infligée par les Bleus), mais elle a pris une sacrée claque en étant éjectée de l’Euro 2012 par l’Angleterre et le Monténégro dès le tour de qualification.
Revoilà donc les Helvètes invités, devant la porte du grand hall d’entrée. Derrière l’Angleterre, ils ont accroché sans coup férir le second billet. Et s’apprêtent ainsi à disputer une seconde phase finale consécutive en deux ans. C’est déjà ça mais ça mérite mieux. Car la Suisse, qui faisait partie des têtes de série lors de la dernière Coupe du monde, a tout en magasin pour s’installer pour de bon parmi les nations qui comptent sur l’échiquier du foot, a fortiori sur la table de jeu du Vieux continent.
Le sélectionneur Vladimir Petkovic, qui a pris la suite d’Ottmar Hitzfeld a eu l’intelligence de ne pas tout chambouler. Il s’agissait plutôt de poursuivre sur le chemin tracé et on sent une équipe sur la phase ascendante. Les cadres atteignent ou approchent la trentaine (Stephan Lichtsteiner, Gökhan Inler, Valon Behrami, Johan Djourou ou Blerim Dzemaili). L’âge de la maturité, paraît-il. Mais ce n’est pas tout.
La Nati a imposé de jeunes loups en attaque (Xherdan Shaqiri, Josip Drmic, Haris Seferovic, Admir Mehmedi), qui ont donné une nouvelle identité offensive à l’équipe puis se sont affirmés lors de la dernière campagne éliminatoire.
Avec Shaqiri et Mehmedi qui étirent les défenses adverses sur la largeur et Seferovic et Drmic qui piquent dans l’axe profond, la Suisse possède un carré d’as à ne surtout pas négliger. Est-ce la portée de la gifle des Bleus au Brésil ? On a l’impression qu’ils sont sortis du concert international. Or, c’est une Nati en voie de progression qui arrive. Toujours loin devant la France au classement FIFA. Elle est là, devant le grand hall. Elle a son ticket. Elle veut frapper un grand coup.

Eurostar : Xherdan Shaqiri
Le jour et la nuit. C’est un peu comme s’il existait deux Xherdan. L’un qui rigole et qui récite son football avec la Nati, l’autre qui le bafouille et qui grimace dans son club. C’est bien simple, depuis qu’il a quitté le Bayern Munich, où il ne jouait pas assez à son goût (quand on voit les pérégrinations médicales de Franck Ribéry depuis deux ans, il y a vraiment de quoi se poser des questions), l’homme aux cuisses de pistard se perd et nous perd un peu. Il n’était pas franchement à la bonne place au bon moment à l’Inter, trimballé d’un poste à l’autre. C’est comme s’il avait perdu sa spontanéité, toute la richesse de son jeu. Parti en Premier League, à Stoke City, là où on joue au foot en levant la tête pour chercher les ballons, il a eu bien du mal à s’adapter, comme le montre son tableau de marche avec une seule petite passe décisive réussie, un accident sans doute, lors de sa toute première apparition (contre Norwich City). Mais avec la Suisse, Shaqiri enlève le masque. Encore 4 buts et 5 passes décisives lors de ses 9 apparitions (et 765 minutes de jeu) sur les terrains des qualifications. Un autre homme, un autre joueur. Mais toujours les mêmes cuisses. Impressionnantes. Deux tours jumelles qu’il faudra surveiller comme le lait sur le feu à l’Euro.

Le chiffre : 15
Le nombre de joueurs (sur les 32 utilisés, soit quasiment 50%)
qui évoluent en Bundesliga. C’est clair, net et bien moins opaque que les secrets bancaires. Au moins, on sait à quoi s’attendre. Du duel, du un contre un et de la frappe de balle lourde, très lourde…

Classement FIFA : 12e

Comment ils jouent
Ils ont mis un certain temps à se relever de l’exécution en règle subie face aux Bleus au Brésil (2-5) mais n’ont pas renié, depuis, leurs principes offensifs. Ainsi, Petkovic, qui a pris la succession d’Ottmar Hitzfeld, laisse le plus souvent possible ses ouailles offensives sur le terrain. En 4-4-2, avec un « double pivot » formé par Gökhan Inler et Valon Behrami, comme à la belle époque napolitaine. Mais la pizza suisse peut aussi s’articuler autour de Blerim Dzemaili et Granit Xhaka avec toujours Inler, le capitaine, pour refermer le triangle et toujours Xherdan Shaqiri et Admir Mehmedi pour dynamiter les couloirs. Dans ce cas et ce 4-3-3, Josip Drmic ou Haris Seferovic prend place sur le banc pour laisser l’autre tout seul en pointe. On dit que le 4-4-2 est suicidaire au plus haut niveau ? Il l’a été pour les Suisses face aux Bleus au Brésil. Mais il est toujours d’actualité, à l’heure de rallier le pays de leurs avant-derniers bourreaux, puisque c’est l’Argentine qui les a éliminés en huitièmes de finale.

Le sélectionneur : Vladimir Petkovic
• 52 ans
• Suisse (naturalisé)
• En poste depuis juillet 2014
• Poste précédent : Lazio Rome (ITA)
« C’est un plaisir de nous retrouver dans le groupe de la France qui est l’un des favoris pour remporter ce tournoi chez elle. Cela constitue, pour nous, une motivation supplémentaire, surtout que lors de notre dernier match face aux Bleus, on a connu des difficultés. On a l’occasion de montrer qu’on a progressé et qu’on peut créer la surprise. Il y aussi la Roumanie, une formation compacte et valeureuse, et l’Albanie. Ce sera comme un derby, avec les nombreux joueurs d’origine albanaise qui ont grandi en Suisse et les deux frères (ndlr : Xhaka) qui vont s’affronter. »

Cote Planète Foot : 3

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