Équipe de France

Euro 2016 : Slovaquie, à l’Est, du renouveau

Premier Euro pour les Slovaques qui vont découvrir la phase finale continentale six ans après leur premier Mondial, en Afrique du Sud.

Voilà l’un des parfaits exemples de l’éclatement de l’Europe et de l’Euro. Toute jeune fédération issue de la scission de feu la Tchécoslovaquie à la fin de l’année 1992, les Slovaques se sont qualifiés pour la première fois de leur jeune histoire pour un Euro, le premier à vingt-quatre équipes. Mais il serait malvenu de réduire leur présence en France en juin prochain à un strict point de vue géopolitique. Certes, ce n’est pas le Slovan Liberec, qui est pourtant venu gagner à Marseille en Ligue Europa, qui a de quoi faire peur. Mais un rapide coup d’œil sur le parcours éliminatoire des Slovaques suffit à les prendre au sérieux.
Deuxièmes de leur groupe, ils n’ont pas eu besoin de passer par les barrages, y envoyant l’Ukraine. Dauphins de l’Espagne, ils ont même trouvé le moyen de battre la Roja (2-1) en octobre 2014 lors de la deuxième journée. Une Espagne sans doute encore marquée par son cuisant échec brésilien (éliminée au 1er tour de la Coupe du monde dont elle était tenante du titre, le genre de mésaventure que l’on connaît bien par chez nous). Ce succès qui a eu un certain écho a frappé les esprits. Y compris au sein d’un groupe de joueurs qui se connaît parfaitement et qui commence à en connaître un rayon, aussi, dans le concert international.
Ainsi, parmi les tauliers du groupe, ils sont quasiment la moitié à avoir disputé la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Pour leur toute première phase finale internationale, Marek Hamsik et ses potes n’avaient pas seulement emporté les appareils photo puisqu’ils avaient battu l’Italie (elle aussi championne du monde en titre à l’époque) et avaient réussi à se hisser jusqu’en huitièmes de finale. Un après-midi pendant lequel les Pays-Bas, futurs finalistes, avaient senti le souffle froid de l’élimination face à ces bizuths sans scrupules. Attention donc à eux, capables, sur un match, d’enquiquiner n’importe quelle équipe. Ce que l’on savait déjà.
Leur campagne qualificative prouve qu’ils peuvent aussi tenir dans la durée. C’est nouveau et c’est à ne pas négliger. Trente-six ans après avoir remporté la médaille de bronze à l’Euro 1980 (avec la Tchécoslovaquie), Jan Kozak, le sélectionneur, aura sûrement des choses à dire à ses joueurs.

Eurostar : Marek Hamsik
Encore plus que Gonzalo Higuain, Marek Hamsik est « LE » chouchou de San Paolo. A Naples, il a pris la succession d’Edinson Cavani dans le cœur des supporters partenopei. Capitaine, idole et même un peu sex symbol de la baie, avec sa crête sur la tête et ses fulgurances balle au pied. Il évolue sans doute un peu plus haut avec le Napoli qu’au sein de la sélection mais il garde cette faculté de pénétration et cette vitesse d’exécution qui, dans sa projection vers l’avant, le placent souvent dans la surface de réparation à la réception du moindre ballon qui traîne. Meneur mais pas que, donc. A 28 ans, il cumule presque 450 matches de Calcio (dont 74 à Brescia, où il jouait avant de débarquer à Naples… et avant d’avoir 20 ans) et, surtout, plus de 80 sélections (17 buts marqués avec la Slovaquie). Il sera l’une des attractions du tournoi et peut-être du mercato d’été qui suivra.

Le chiffre : 5
Comme le nombre de cartons jaunes récoltés par Martin Skrtel lors des éliminatoires. En huit matches. Seul Zoltan Gera, le milieu hongrois, a fait « aussi bien » parmi les 24 nations qualifiées mais en neuf matches, lui.

Comment ils jouent
La ligne de quatre derrière s’articule toujours autour de Martin Skrtel, capitaine de route et vieux gaillard de Premier League, à Liverpool. Les trentenaires, qui forment l’une des équipes les plus âgées du plateau, ne sont pas des flèches mais leur expérience et leur science du jeu leur permettent souvent de compenser, aussi bien dans le placement que dans le vice. Le bloc évolue assez bas, avec une grosse majorité de joueurs placée derrière le ballon. La Slovaquie est surtout une équipe de contres. Là, Vladimir Weiss et Robert Mak, notamment, excellent. Marek Hamsik fait tout ou presque au milieu : il harangue, il presse, il joue juste. Et si Adam Nemec n’est pas le plus connu des buteurs européens, sa masse athlétique et son goût pour le duel ne sont pas une invitation à la zénitude pour les défenses adverses. Au final, du costaud quand même.

Classement FIFA : 26e

Le sélectionneur : Jan Kozak
• 61 ans
• Slovaque
• En poste depuis juillet 2013
• Poste précédent : MFK Kosice
« L’Angleterre a remporté ses dix matches en éliminatoires, c’est pour nous un immense défi. Nous avons affronté la Russie l’an dernier, ils ont une bonne défense mais en tant qu’équipe du chapeau 2, il s’agit d’un bon tirage. Ses performances dans les tournois ne sont pas régulières et cela nous laisse une chance. Je ne voulais pas jouer les Gallois, qui sont enthousiastes, avec des joueurs capables de décider du sort d’un match. »

Cote Planète Foot : 2

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