Équipe de France

Euro 2016 : Roumanie, les vieux renards sont de retour

Sous l’impulsion d’Anghel Iordanescu, leur sélectionneur historique, et grâce à leur organisation, les Roumains sont de nouveau à l’Euro. Légitimes, vraiment ?

Absents il y a quatre ans en Pologne et en Ukraine, les Roumains retrouvent une compétition dans laquelle ils avaient laissé le souvenir du pire match. C’était lors de l’édition 2008. On s’en souvient encore, c’était contre les Bleus, il faisait trop chaud, sans doute, à Zurich, et ce fut le seul match du 1er tour à zéro tir cadré…
Sinon ? C’est surtout le grand retour aux affaires d’Anghel Iordanescu. C’est le troisième passage du Mister de Bucarest à la tête des jaunards. Retour gagnant pour celui qui avait été élu Entraîneur roumain du XXe siècle après avoir notamment qualifié la Roumanie pour la Coupe du monde 1998 en restant invaincu tout au long de l’année 1997. Bon, ça, on avait un peu oublié, c’est vrai. Pourtant, les Jaunes viennent de nous refaire le coup : aucune défaite, ni en éliminatoires, ni en amical en 2015 ! Bon, de là à en avoir peur, il y a un pas qu’on ne franchira pas encore mais quand même.
Flanqué de Viorel Moldovan en adjoint, l’autre sorcier roumain (avec Mircea Lucescu, l’entraîneur du Chakhtar Donetsk) a l’air d’avoir bien préparé son affaire. Nous avons ici, tout simplement, la meilleure défense des qualifications. Deux petits buts encaissés en dix rencontres. Ce n’est pas neutre mais ce n’est pas encore la génération dorée de 1996-98, emmenée par Gheorghe Hagi, Dan Petrescu, Gheorghe Popescu, Adrian Ilie ou encore Dorinel Munteanu.
Les Roumains d’aujourd’hui ne sont pas, à l’exception de Vlad Chiriches peut-être (et encore), des joueurs majeurs dans les plus grands clubs européens. Il y a Ciprian Tatarusanu (c’est son nom, promis) dans les buts de la Fiorentina, plutôt bon celui-là, et bien sûr Razvan Rat, qu’on ne présente plus et qui aurait vraiment mérité autre chose comme carrière.
Et il y a Anghel… « C’est un entraîneur fantastique », s’enflamme Claudio Keserü. Iordanescu, lui, en a vu d’autres. « Nous n’avons plus de très grands joueurs. Cette fois, c’est notre bonne organisation qui nous a permis de nous qualifier avec une défense structurée et des attaquants volontaires. » Si les renards ajoutent le pragmatisme à l’efficacité, on est en droit de se méfier.

Eurostar : Vlad Chiriches
Etiqueté nouveau monstre par certains scouts anglais il y a trois ans, Vlad Chiriches n’a pas réussi à s’imposer en Premier League, où ses deux saisons chez les Spurs de Tottenham ne laisseront pas un souvenir impérissable. A la relance à Naples, il n’est pas non plus l’associé déclaré de Raul Albiol dans l’axe (quatre titularisations jusqu’en décembre en Série A), où il souffre un peu de la concurrence de Kalidou Koulibaly. N’empêche, c’est lui le patron de la sélection roumaine, celui qui gère à peu près tout derrière, son replacement, celui de ses partenaires et la qualité de la première relance, sans doute là où il excelle le plus. Un bon Euro pourrait-il le faire basculer définitivement parmi les meilleurs défenseurs centraux du continent ? C’est une fenêtre à multiples vantaux qui s’ouvre pour lui. Il n’en est pas loin, c’est un joueur très propre – peut-être un peu trop – qui a encore quelques mois pour convaincre Maurizio Sarri de le faire jouer à Naples. En ce qui concerne Iordanescu, son sélectionneur, il y a longtemps qu’il n’y a plus débat. On ne sait pas encore s’il est surcoté chez lui, sous-coté chez nous ou juste là, à toucher ses limites. L’Euro pourra peut-être nous le dire.

Le chiffre : 2
Comme le nombre de buts encaissés par les Roumains lors de la campagne qualificative. Soit la meilleure défense du continent lors de ces éliminatoires. Seules l’Angleterre et l’Espagne se rapprochent du squad roumain avec 3 buts concédés. Une vraie perf des Jaunes pour le coup.

Classement FIFA : 16e

Comment ils jouent
Anghel Iordanescu n’est pas du genre à trahir les fondamentaux, encore moins les siens. L’ancien attaquant qu’il était fait toujours la part belle à l’expression collective et l’animation offensive, avec un 4-2-3-1 des familles au sein duquel Constantin Budescu, le capitaine de l’Astra Giurgiu, se fait une belle place, en soutien de Claudio Keserü et où Gabriel Torje et Bogdan Stancu (ou Alexandru Maxim) sont les animateurs attitrés, sur les côtés. Mais c’est bien de l’arrière que la Roumanie 2015-16 semble tirer sa force. Autour de Vlad Chiriches et Dragod Grigore (oui, oui, l’ancien Toulousain…), le bloc équipe se structure bien sur la largeur avec Paul Papp (qui est actuellement blessé) ou Alexandru Matel à droite et le capitaine Razvan Rat, inamovible, à gauche. Mihai Pintilii et Ovidiu Hoban ferment les écoutilles devant la défense et tout le monde est appelé à défendre à la perte du ballon. C’est une équipe de contre qui sait aussi faire quelque chose lorsqu’elle a le ballon dans les pieds. Mais son groupe de qualification ressemblait vraiment au plus faible de tous. Difficile, donc, de se faire une idée précise.

Le sélectionneur : Anghel Iordanescu
• 65 ans
• Roumain
• En poste depuis octobre 2014
• Poste précédent : Directeur technique national de la Roumanie
« C’est un groupe difficile. C’est la première fois de notre histoire que nous allons disputer le match d’ouverture d’un grand tournoi, ce sera évidemment quelque chose de spécial. Nous connaissons tous la qualité de la France et de la Suisse et nous n’avons pas le droit de sous-estimer l’Albanie. »

Cote Planète Foot : 2

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