Équipe de France

Euro 2016 : Le Portugal, à pile ou face

Les Portugais, même flanqués de Cristiano Ronaldo, ce qui change quand même la donne, enchaînent les phases finales comme on franchit des montagnes russes. Un coup dans la lumière, un coup dans la nuit… Et à l’Euro ?

Premier du groupe I, le Portugal peut remercier la France, placée dans ce même groupe et dont les rencontres comptaient pour du beurre. Avec deux défaites face aux Bleus, l’histoire sentait la margarine pour Cristiano and co qui auraient peut-être dû, une fois encore, passer par les barrages pour voir du pays, une année paire, en juin. Mais Fernando Santos a été appelé au chevet de la Selecçao en septembre 2013 (juste après la désillusion d’une défaite à domicile contre l’Albanie et juste avant d’affronter les Bleus au Stade de France), histoire de remettre les têtes à l’endroit, un peu, et les idées en place, beaucoup, après une Coupe du monde au Brésil plantée dans les grandes largeurs (une gifle d’entrée contre l’Allemagne 0-4, un nul poussif face aux Etats-Unis 2-2 et une victoire pour rien contre le Ghana 2-1). Eliminé au premier tour, ça la fout mal pour les conquistadors au pays du café…
On voyait donc beaucoup de pain sur la planche de Santos. Mais le vieux loup, dont les poumons supportent toujours son tabagisme très actif, a su trouver les mots. En ramenant sur le devant de la scène quelques vieux briscards (Nani, Danny), en faisant confiance à quelques nouveaux visages (Cédric, André André, Bernardo Silva…), les Portugais ont expédié les affaires courantes en réalisant un « petit chelem » implacable. Défaits lors de la 1ère journée (à la maison contre l’Albanie), ils ont tout gagné après (sauf contre les Bleus, donc).
Les voilà qui se pointent à l’Euro avec une bonne dose de confiance nouvelle dans le short et les abdos en avant. Surtout ceux de Cristiano qui sera l’atout numéro un, encore et toujours, celui sur qui tous les regards vont se poser. S’ils profitent des talents du meilleur joueur du monde, les Portugais portent aussi le fardeau d’une Cristiano-dépendance dont ils ne sont toujours pas guéris. Certes, Moutinho retrouve ses jambes de 20 ans depuis quelques mois avec la sélection et il voit toujours aussi bien le jeu. Mais le vide sidéral au poste 9 reste tout de même une énigme, autant qu’un problème majeur, pour cette vraie nation de foot.
Difficile de croire que dans ce petit pays de 10 millions d’habitants, où tout le monde joue au ballon et ne vit que pour ça, le Portugal n’ait toujours pas déniché un attaquant de pointe capable de soulager le poids énorme supporté par « CR7 ». Difficile aussi d’imaginer Santos en sortir un du chapeau d’ici le mois de juin. Les Lusitaniens s’approchent vers la compétition avec autant de certitudes que d’interrogations.
Si Pepe retrouve le niveau qui était le sien à l’Euro 2012 (demi-finale) et fait sortir tout le bloc vingt mètres plus haut, il faudra les considérer comme des candidats sérieux à la dernière semaine. Si Cristiano fait la tronche et que tous les autres regardent leurs crampons, alors, ça peut vite sentir moins bon. Comme au Brésil il y a deux ans. C’est tout le problème avec eux. On ne sait jamais.

Eurostar : Cristiano Ronaldo
Avec 55 buts en 127 sélections, « CR7 » a effacé l’Aigle des Açores, Pedro Miguel Pauleta, des tablettes portugaises. Le meilleur joueur du monde avec Lionel Messi est aussi le meilleur buteur de la sélection lusitanienne. Une logique implacable quand on voit le ratio du garçon avec le maillot grenat sur les épaules. Révélé lors de l’Euro 2004 au Portugal, l’astre du Real Madrid n’a toujours rien gagné avec les siens. Les (relatives) contre-performances de la Selecçao ont régulièrement surligné la Cristiano-dépendance et donc son manque d’impact lors des phases finales internationales. Est-il pour autant le seul coupable ? Même s’il cultive une forte propension à jouer tout seul, il faut bien admettre que « CR7 » est de moins en moins bien épaulé offensivement. Lors de la double confrontation amicale, ces deux dernières années, les Bleus l’ont remarquablement illustré. En coupant la relation entre lui et les autres, on coupe à peu près tous les vivres du Portugal. Mais la menace rôde toujours, évidemment. Souvent, il ne lui faut pas plus d’une demi-occasion pour marquer.

Le chiffre : 108
Cristiano Ronaldo a marqué un but toutes les 108 minutes au cours des éliminatoires. Avec 5 buts en 6 apparitions (et 540 minutes jouées), le capitaine de la Seleçcao est presque loin de ses standards du Real ! Encore un chiffre qui en dit long sur la production du bonhomme.

Classement FIFA : 7e

Comment ils jouent
Quand ils ne sont pas blessés (surtout pour le premier) ou suspendus (surtout pour le second), Ricardo Carvalho et Pepe forment la charnière centrale de Fernando Santos. Mais Bruno Alves est là aussi. Eliseu et Fabio Coentrao sont en charge de l’animation des couloirs dans un 4-2-3-1 sans vraiment de 1 ou plutôt de 9 étant donné que le pauvre Eder a autant de mal que ses prédécesseurs à animer le poste d’une sélection toujours trop dépendante de Cristiano Ronaldo. Mais laquelle ne le serait pas ?

Le sélectionneur : Fernando Santos
• 59 ans
• Portugais
• En poste depuis septembre 2013
• Poste précédent : sélectionneur de la Grèce
« Il n’y a pas de groupe facile ou difficile. L’Islande a beaucoup progressé, elle s’est directement qualifiée en éliminant les Pays-Bas, ce qui en dit long sur son potentiel. L’Autriche aussi a progressé ces dernières années et possède de grands joueurs comme David Alaba, Fuchs ou Arnautovic. La Hongrie est probablement l’adversaire que nous connaissons le moins. Ils seront tous très motivés à l’idée d’affronter le Portugal. »

Cote Planète Foot : 4

capture-decran-2016-11-26-a-22-53-43

capture-decran-2016-11-26-a-22-53-54

capture-decran-2016-11-26-a-22-54-10

capture-decran-2016-11-26-a-22-54-37

capture-decran-2016-11-26-a-22-54-56

Populaires

To Top