Équipe de France

Euro 2016 : Italie, les bons contes de Conte

En quelques mois, l’ancien mentor de la Juventus Antonio Conte a imposé sa griffe sur la Squadra et l’Italie est redevenue une machine sinon à gagner, du moins qui ne perd plus. Alors, gare !

Il gagnait tout avec la Juve depuis trois ans. Trois Scudetti qui ont ressemblé à trois cavaliers seuls sur la scène nationale. Trois campagnes ratées en Ligue des champions. Il voulait un recrutement ambitieux et il s’est fâché. Il a dit non, dans un premier temps, à une prolongation de contrat pourtant difficile à refuser puis a carrément claqué la porte en plein cœur de l’été.
Avait-il la sélection dans un coin de la tête ? Toujours est-il que depuis qu’il a succédé à Cesare Prandelli, qui avait révolutionné le jeu de la Squadra en la menant jusqu’en finale de l’Euro 2012 mais n’avait pas su enchaîner lors d’une pitoyable Coupe du monde au Brésil (élimination dès le er tour), Antonio Conte a rafraîchi, lui aussi, les peintures de fond en comble au sein de la Squadra. D’abord, parce qu’on ne peut pas faire les choses à moitié quand un monument comme Andrea Pirlo dit « Stop ». Quarterback, passeur, régulateur, l’ancien mentor de… la Juventus de Conte s’offre aujourd’hui quelques joyeux week-ends dans les Hamptons, les jours de relâche de la MLS.
Durant la phase de qualification, Pirlo avait joué 73 minutes contre l’Azerbaïdjan – en octobre 2014 – puis deux fois 90 minutes en juin et septembre, contre la Croatie et Malte. Mais Conte, qui installe progressivement Marco Verratti dans son plan de jeu de départ, travaille depuis sa prise de fonction à la transition. Régulièrement ignoré par Cesare Prandelli, « Petit Hibou » est appelé à prendre le relais, ce qu’il a d’ailleurs très bien fait en Azerbaïdjan, en octobre dernier.
La page Andrea tournée, il faut aussi souligner l’impact de Conte dans les résultats. Ne pas oublier qu’il a pris les rênes au retour de la catastrophique escapade brésilienne où la Squadra avait quitté, pour la seconde fois consécutive, la Coupe du monde au 1er tour, ce qui fait un peu tâche quand même quand on a gagné l’avant-dernière (en 2006). Même pas grave, l’ancien lieutenant de la Juve est fidèle à sa ligne de conduite.
Comme toujours, il regarde devant, il emmène et il faut suivre, sous peine de sortir de la route très vite. Et la Squadra, qui n’a perdu qu’un seul match depuis qu’Antonio a posé ses fesses sur le trône (en amical, contre le Portugal au mois de juin, un match de fin de saison quoi), est une équipe qui ne perd quasiment plus. « Les garçons ont compris l’idée de jeu et l’ont épousée. Un entraîneur peut avoir des centaines d’idées, ce sont les joueurs qui font la fortune ou la ruine des entraîneurs. Je veux juste qu’ils comprennent les priorités de la sélection et comment chacun doit se comporter en fonction de ces priorités. »
Fini les passe-droits et, surtout, pas de langue de bois. Après le premier match de son mandat (victoire contre les Pays-Bas en septembre 2014) et les titularistions de Simone Zaza et Ciro Immobile, Conte ne justifie pas l’absence de Mario Balotelli, il explique : « Ils (ndlr : Zaza et Immobile) ont parcouru au cours de ce match plus de kilomètres que Mario dans sa carrière. » Un peu plus d’un an plus tard, on n’a pas revu « Super Mario » sous le maillot bleu et la Squadra s’avance vers l’Euro en ordre non dispersé. C’est une méthode comme une autre mais elle fait apparemment toujours ses preuves. Méfiance, donc, pour tous ceux qui vont croiser sa route.

Eurostar : Marco Verratti
Laurent Blanc le surnomme « Bambino » et depuis le mois de septembre, toute la presse italienne a du « Bambino » plein la bouche. Il faut dire que Marco a pris les rênes de l’entrejeu avec une maîtrise et une facilité déconcertantes, autant qu’à Paris. Et de l’autre côté des Alpes, où on sait mais où on ne voit pas tous les matches du PSG non plus, ses premières copies ont littéralement fait basculer l’opinion. Non, on n’oublie pas Pirlo comme ça en Italie, un pays où la culture et la tradition signifient toujours quelque chose, surtout en sport, encore plus en football. Mais voilà, Verratti est là et la Squadra regarde l’avenir avec un peu moins de retenue, quelques certitudes et une bonne dose de confiance. Blessé à Santiago Bernabeu, sur un tacle sur Cristiano Ronaldo mal maîtrisé, « Petit Hibou » a craint le pire. Il a tout de suite pleuré et, du coup, a fait peur à son coach mais les examens ont calmé les craintes. Pas de fracture, « juste » une entorse à la tête du péroné. Verdict : un gros mois d’arrêt pour Marco qui peut souffler et revenir à bloc pour le printemps européen, le vrai objectif des Parisiens cette saison. Mais lui en a un autre qui prolongera le printemps jusqu’au début de l’été.

Le chiffre : 13
Le nombre de matches en phase finale de l’Euro disputés par Gianluigi Buffon. Il est tout en haut de l’échelle, en compagnie de Paolo Maldini, Alessandro Del Piero et Antonio Cassano. Vous avez compris. Avec le brassard autour du bras, s’il pénètre sur la pelouse pour le premier match des Italiens en juin, les trois autres tomberont de l’échelle. Eternel Gigi, on vous dit.

Classement FIFA : 15e

Comment ils jouent
Comme à la Juve, Antonio Conte a toujours un goût immodéré pour la défense à trois. Avec la Squadra, l’ancien comparse de Didier Deschamps à Turin a mis un peu d’eau dans son vin de sélectionneur, quand même. Alors, bien qu’il revienne de temps en temps à son trident Andrea Barzagli-Leonardo Bonucci-Giorgio Chiellini devant Buffon (après tout, il a tout gagné avec eux comme ça, à la Juve), le Mister adopte plus régulièrement un schéma à quatre derrière, avec Mattia De Sciglio à gauche et Matteo Darmian à droite. Marco Verratti prend de plus en plus de place et d’ampleur au milieu où Claudio Marchisio, en pleine possession de ses moyens, reste un relais de jeu de tout premier plan. Il y a Daniele De Rossi, aussi, et Riccardo Montolivo, toujours, au cas où… Antonio Candreva, toujours très bon à la Lazio, joue un cran plus haut et souvent sur la droite. Devant, on peut miser sur Pellè, le meilleur buteur italien des éliminatoires, et pourquoi pas Stephan El Shaarawy. Mais Immobile, Zaza ou Éder savent aussi marquer…

Le sélectionneur : Antonio Conte
• 46 ans
• Italien
• En poste depuis août 2014
• Poste précédent : Juventus Turin
« La Belgique fait partie des favoris de cette phase finale. Ils ont une formation jeune et beaucoup de grands joueurs dans leurs rangs. Et puis je vois des équipes assez égales : la Suède, l’Irlande et nous. Nous connaissons tous les qualités de Zlatan Ibrahimovic. Quant aux Irlandais, ils jouent avec beaucoup d’émotion, alignent un collectif solide et mettent une grande intensité. Nous devrons donc nous montrer prudents. »

Cote Planète Foot : 4

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