Équipe de France

Euro 2016 : Islande, tout feu, tout flamme !

L’Islande vient, pour la première fois de son histoire, de se qualifier pour la phase finale d’un tournoi majeur et c’est tout un pays qui chavire. Le boss de la sélection, lui, voit déjà plus loin.

Vous vous en souvenez peut-être. Au printemps 2010, un immense nuage de cendres causé par l’éruption du volcan Eyjafjöll, tout là-haut en Islande, avait entraîné pendant quelques jours la plus vaste fermeture de l’espace aérien depuis la Seconde Guerre mondiale. Les vingt-huit aéroports français n’avaient pas échappé à la paralysie. Alors attention parce qu’en juin prochain, cela pourrait de nouveau cracher le feu !
Pas de nuage de cendres en vue, cette fois, juste une équipe d’Islande qui va investir la France, après s’être, pour la première fois de son histoire, qualifiée pour la phase finale d’un tournoi majeur. Tout simplement énorme quand on sait que les adversaires en poule se nommaient, entre autres, République Tchèque, Pays-Bas et Turquie, aux références footballistiques autrement plus consistantes que celles des iliens du nord, qui ont pourtant battu ces trois géants « at home » et se sont également imposés sur les terres bataves !
Gigantesque pour le pays le moins peuplé – et de loin avec ses… 329 000 habitants  ! – des vingt-quatre invités au grand raout du début de l’été. « Je pense qu’être une si petite nation nous a aidés, estime le boss de la sélection, Lars Lagerbäck. C’est plus facile de contrôler tout se qui se passe et le pays entier est toujours derrière vous. »
Quand Lagerbäck avait débarqué sur la « Terre de Glace », il avait insisté pour nommer au poste de co-sélectionneur (et non d’adjoint) Heimir Hallgrimsson. Depuis, les deux hommes ont toujours travaillé main dans la main, s’appuyant notamment sur la génération qui s’était qualifiée pour l’Euro Espoirs 2011 afin de former le groupe qui s’apprête à décoller, destination France. Un peu tendre pour un tournoi de ce niveau ? Le « vieux » Eidur Gudjohnsen est convaincu du contraire. « Ce ne sont plus des gamins. Les gars ont 25-26 ans maintenant. Ils comptent pas mal de sélections et ont emmagasiné de l’expérience. Ces jeunes sont devenus des hommes depuis un moment déjà. »
Et on va dire qu’avec ces jeunes hommes, Lars Lagerbäck est persuadé de pouvoir encore écrire quelques belles pages, parmi les dernières du livre de sa carrière. « On vise toujours la victoire et nous ne sommes pas nerveux à l’idée d’affronter les grands d’Europe. Nous avons attrapé de gros poissons (ndlr : normal pour des Islandais !) durant les deux dernières campagnes qualificatives (Mondial et Euro). On ne compte pas s’arrêter là. » Tout feu, tout flamme à 67 ans, cette maladie semble décidément contagieuse et pourrait en enrhumer certains, placés sur leur route, dans quelques mois.

Eurostar : Gylfi Sigurdsson (photo de Une)
Lui, c’est un vrai beau n°10, dans toute l’acception du terme. Il s’agit d’un joueur à la technique soyeuse, à l’aise des deux pattes, très fort sur coups de pied arrêtés où il a – notamment lors de ces éliminatoires – fait de grandes différences. Gylfi Sigurdsson, débarqué en Angleterre à 16 ans (Reading), a ensuite connu, de Hoffenheim à Tottenham, des trajectoires incertaines. Depuis, il a relevé les défis qu’on lui a proposés sous les couleurs de Swansea. Et avec son équipe nationale, le bonhomme a irradié de son talent les qualifications de cet Euro (6 buts pour sa pomme quand même). Lars Lagerbäck, le sélectionneur, approuve, sous le charme de sa star : « Je pèse mes mots, il est pour moi un joueur de classe mondiale. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de gars plus intelligents que lui sur un terrain. Il a tout. C’est un mec en or. Aujourd’hui, il est déjà très bon mais je le crois capable de rejoindre bientôt, s’il continue sur cette voie, les tout meilleurs. » Le Sig’ pourrait alors signer d’un S, qui signifierait Super, et entériner définitivement un statut de top player. A 26 ans, il n’est peut-être pas trop tard.

Le chiffre : 19
Lars Lagerbäck et son co-adjoint, Heimir Hallgrímsson (un binôme, un peu comme le couple que Lars formait, à la tête de la Suède, avec Tommy Söderberg), sont-ils des personnes frileuses ? On a du mal à l’imaginer pour des gens venus du grand Nord de l’Europe. Ont-ils alors trouvé une équipe type ? On peut le penser puisqu’ils n’ont utilisé que 19 joueurs durant tous les éliminatoires, soit le plus faible ratio du plateau des participants. Eh, faudrait leur dire qu’ils ont droit à 23 joueurs en phase finale !

Classement FIFA : 36e

Comment ils jouent
Notre tandem de sélectionneurs, avec le vétéran Lagerbäck dans le rôle du sage et Heimir Hallgrimsson dans celui de l’élève attentif, qui va bientôt – c’est programmé – remplacer le maître, ne déroge guère au bon vieux et quand même très à la mode 4-2-3-1. Derrière et à la récupération, on trouve des joueurs athlétiques, capables de se battre comme des chiens pour le moindre ballon et la moindre parcelle de terrain. Pas forcément génial mais diablement solide. Pour la « touch of class », il vaut mieux se tourner vers Gylfi Sigurdsson, from Swansea, in Premier League, qui pourrait profiter de l’Euro pour apprendre à se faire encore mieux connaître. Enfin, Johann Gudmundsson et Birkir Bjarnason, sur les côtés, comme le Nantais Kolbeinn Sighthorsson dans l’axe de l’attaque, restent à l’image de leur équipe : de sacrés battants.

Le sélectionneur : Lars Lagerbäck
• 67 ans
• Suédois
• En poste depuis janvier 2012
• Poste précédent : Equipe nationale du Nigeria
« Nous sommes surtout contents d’être l’une des dernières équipes à entrer en piste. Cela nous donnera le temps de bien nous préparer et de prendre la température de la compétition. Comme ça, on aura moins l’air de petits nouveaux. Le Portugal reste le grand favori de ce groupe. Je pense que ce n’est pas une mauvaise chose de l’affronter en premier. »

Cote Planete Foot : 3

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