Équipe de France

Euro 2016 : Irlande du Nord, petit poucet et grand cœur

Première à l’Euro pour les formidables combattants verts. Ce qui va suivre, maintenant, n’est que du bonus pour ces empêcheurs de jouer en rond au mental en acier inoxydable.

Presque dix ans pile-poil après sa mort, George Best, l’icône de tout un peuple, bien au-delà du football – l’aéroport de Belfast a été rebaptisé à son nom -, a dû se lever dans sa tombe et boire un whisky, puis une bière, puis un autre whisky pour fêter ça : pour la première fois de son histoire, l’Irlande du Nord s’est qualifiée pour une phase finale de l’Euro. Une joie et un honneur que ce joueur aux inspirations géniales, qui a illuminé le foot des sixties et du début des seventies, le cinquième Beatles, comme on l’a surnommé, n’aura donc, pour sa part, jamais connus.
Les hommes de Michael O’Neill y ont mis la manière en terminant premiers d’un groupe qui n’apparaissait pas comme le plus compliqué du plateau, avec la Hongrie, la Grèce, la Roumanie, la Finlande et les Iles Féroé. Mais où ils étaient également loin, très loin d’être cités parmi les favoris, quand on a connu le programme des festivités. Car si la plupart des joueurs qui composent la sélection évoluent en Angleterre, c’est plus souvent dans les divisions inférieures qu’en Premier League.
C’est avec un collectif sans faille, où chacun donne tout pour le petit copain, et avec ce fameux fighting spirit so irish qu’ils ont écrit la plus belle page de leur histoire sur la scène européenne (l’Irlande du Nord s’est qualifiée à trois reprises pour la Coupe du monde). « Nous n’avons peut-être pas la meilleure équipe, résume l’attaquant Josh Magennis, mais nous n’abandonnons jamais. Et avec cet état d’esprit, on peut réaliser des choses formidables. La preuve… »
Michael O’Neill, aux commandes de la troupe, loue également les vertus et le courage de ses soldats. « Mes joueurs ont été superbes. Ils ont fait preuve d’un sens du collectif magnifique. C’est un privilège d’être parmi eux. Je suis fier de les entraîner. Il est clair que tout le mérite de cette première leur revient. Ils ont été extraordinaires tout au long des éliminatoires. Cela montre le potentiel de cette équipe et du football dans notre pays. »
La suite, c’est-à-dire le tournoi final, n’est que du bonus pour ces sacrés joueurs qui enfileront la tenue du petit poucet en France. Gare à ces empêcheurs de jouer en rond au mental en acier inoxydable !

Eurostar : Kyle Lafferty
Si chacun s’accorde à reconnaître que c’est le collectif nord-irlandais qui a permis de valider le billet pour l’Euro, il y a quand même quelques têtes qui dépassent les autres. Celle de Kyle Lafferty, par exemple. A cause de sa taille d’abord – 1,93 m sous la toise – et surtout de ses buts (7 en 9 matches), tellement cruciaux au cours des qualifs. Grand voyageur, il est passé par l’Angleterre, Norwich aujourd’hui, mais aussi l’Écosse (les Rangers), la Suisse (FC Sion), l’Italie (Palerme) et la Turquie (Rizespor). Il n’a jamais fait d’infidélité à ce maillot vert qu’il chérit tant. Il s’agit d’un avant-centre à l’anglaise, véritable point de fixation en attaque dans le rôle du remiseur et, évidemment, particulièrement à l’aise dans les airs dans le rôle, cette fois, du buteur. Il sera le plus sûr atout offensif de la « Green army » en France.

Le chiffre : 13
C’est le paradoxe de la situation. L’Irlande du Nord ne s’était jamais qualifiée pour une phase finale de l’Euro et pourtant, elle possède le meilleur buteur de l’histoire des éliminatoires depuis la session 2008 avec les 13 buts inscrits par David Healy. Ce record vient d’être égalé par le Polonais Robert Lewandowski, lui aussi auteur de 13 réalisations.

Classement FIFA : 30e

Comment ils jouent
Le pragmatique Michael O’Neill n’est pas figé dans un schéma de jeu systématique, il privilégie le plus souvent un 4-1-4-1 qui correspond bien aux qualités de son groupe. A savoir de valeureux guerriers avec de la bouteille qui défendent chaque parcelle de terrain comme des chiens. Cela donne un bloc bien compact qui s’étire sur toute la largeur du terrain avec un vrai sens de la discipline. Une sorte de double rideau pas facile à percer. C’est l’éternel Gareth McAuley (35 ans) qui commande la défense, n’hésitant jamais à monter, du haut de son mètre 92, sur les coups de pied arrêtés. Au milieu, le capitaine Steven Davis tâche de mettre de l’ordre dans la maison et donne le tempo tandis que le plus souvent, Corry Evans et Stuart Dallas sont chargés d’animer les couloirs et d’alimenter l’efficace Kyle Lafferty (7 buts en 9 matches au cours des éliminatoires). C’est solide et valeureux à défaut d’être génial.

Le sélectionneur : Michael O’Neill
• 46 ans
• Nord-Irlandais
• En poste depuis janvier 2012
• Poste précédent : Shamrock Rovers (IRL)
« Il s’agit d’un groupe difficile, je m’y attendais. C’est un défi mais nous avons obtenu de bons résultats contre les grandes nations lors des éliminatoires et là, nous aurons tout à gagner. Notre force est la défense centrale qui va savourer le fait d’affronter Thomas Müller et Robert Lewandowski. Nous avons remporté notre groupe qualificatif, nous ne sommes pas là pour faire de la figuration. »

Cote Planète Foot : 2

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