Équipe de France

Euro 2016 : Hongrie, une si longue attente

Absents de l’Euro depuis 1972 et de la phase finale d’un tournoi majeur depuis la Coupe du monde 1986, les Magyars sont enfin de retour. Et c’est déjà une victoire.

Trente ans pile que la Hongrie ne s’était pas invitée à la table des grands, c’est-à-dire à la phase finale d’un tournoi majeur. C’était sous le soleil du Mexique, lors de la Coupe du monde 1986, et les hommes alors entraînés par Gyorgy Mezey n’avaient effectué qu’un bref séjour sur la terre des Aztèques. Ejectés dès le premier tour, après avoir été écrabouillés par ce qui s’appelait encore l’Union Soviétique (6-0), nettement battus aussi par la France 3-0, ils avaient simplement sauvé ce qu’il leur restait d’honneur en s’imposant 2-0 face à de modestes Canadiens franchement dry. Cela faisait plus de quarante ans qu’ils n’avaient pas participé à une phase finale de l’Euro. Leur dernière apparition ? Très loin enfouie dans les souvenirs. C’était en 1972 en Belgique, où ils avaient terminé à la 4e place.
Il y avait donc beaucoup à dépoussiérer mais ça y est, c’est fait. Certainement pas dans la facilité, non, certainement pas avec un grand brio non plus mais avec leur cœur, les Magyars ont composté leur billet pour la France au bout d’insoutenables barrages. L’affaire était pourtant plutôt mal engagée puisque dès le premier match des éliminatoires, ils s’étaient inclinés à domicile contre l’Irlande du Nord. L’entame parfaite pour plomber l’ambiance.
Ensuite, en cours de route, la troupe a perdu son chef, le sélectionneur Pal Dardai, qui n’a pas résisté à la proposition des Allemands du Hertha Berlin. Pal parti, c’est Bernd Storck qui a pris le relais pour les quatre dernières rencontres éliminatoires et le fameux barrage face à la Norvège, que les Hongrois n’avaient plus battue depuis 1981 ! Là encore, ils ont dépoussiéré l’histoire. D’abord en s’imposant 1-0 à Oslo, malgré une nette domination des Nordiques. Papy pyjama, alias Gabor Kiraly, veillait. Ensuite, en confirmant ce succès au retour sur leurs terres, 2-1, sous le regard plein de jubilation de Storck, heureux comme un môme. « Je tiens vraiment à féliciter mon équipe. Elle a très bien joué. Et je ne parle pas seulement du barrage mais de toutes ces dernières semaines. Les gars entrent sur le terrain sans peur. Je pense que nous méritons à 100% notre billet pour le tournoi final. »
Il s’agit, pour eux, d’une première victoire. En appellera-t-elle d’autres en France ? A voir.

Eurostar : Gabor Kiraly (photo de Une)
Il n’a pas le look, le coco qui a traîné ses guêtres, pas mal sur les pelouses anglaises, pas mal aussi sur les terrains d’Allemagne, avant de retrouver, cet été, son club formateur de Szombathely. Avec ses guêtres, donc, et surtout son éternel jogging gris vintage, si mal assorti à son maillot. « Mais je suis gardien de but, pas mannequin, se justifie Gabor Kiraly. J’ai joué sur de la terre ou de l’herbe gelée l’hiver, qui vous blesse les jambes à chaque plongeon. A partir de là, porter un pantalon de jogging m’est apparu comme une évidence. »
Près de vingt ans que l’histoire dure car oui, le papy, bientôt quadra – le 1er avril prochain – fait de la résistance. « Je m’arrêterai quand mon corps me le dira mais pas maintenant. » Il a bien raison car l’homme qui vient de dépasser les 100 sélections s’apprête à vivre le sommet de sa carrière avec cette qualification pour la phase finale de l’Euro, à laquelle il a largement participé dans son style aussi peu académique que ses tenues. On a vraiment hâte de voir le plus célèbre bas de survêt’ de la planète foot sur les pelouses de France.

Le chiffre : 37
Avec, à sa tête, Pal Dardai puis Bernd Storck, quand le premier a signé l’été dernier au Hertha Berlin, la Hongrie est la formation qui a utilisé le plus de joueurs au cours des éliminatoires. Pas moins de 37 éléments passés en revue. A titre de comparaison, c’est près du double de l’Islande qui a lancé dix-neuf joueurs durant ces qualifs.

Classement FIFA : 20e

Comment ils jouent
Plutôt en 4-2-3-1, même si ce n’est pas systématique. C’est en tout cas dans ce schéma de jeu qu’ils se sont qualifiés en barrage, au cours de leur double confrontation face à la Norvège. Avec, toujours, l’homme au pyjama dans les buts, Gabor Kiraly, bientôt 40 ans et plus de 100 sélections ! Devant lui, la défense commandée par Roland Juhasz aligne les centimètres sous la toise mais n’est pas forcément – c’est le moins qu’on puisse dire – la plus rapide du circuit. A la récupération avec, le plus souvent, Akos Elek et Daniel Tözsér, le seul joueur de la sélection qui évolue en Angleterre, chez les Queens Park Rangers, c’est solide. Sur les côtés, Gergö Lovrencsis et Balazs Dzsudzsak, jamais avares d’efforts, travaillent beaucoup. Question : l’autre vétéran du team, Zoltan Gera, 36 ans, a-t-il encore les jambes pour un tel tournoi ? Ce serait mieux pour le supplément d’âme qu’il apporte à un ensemble qui en aura bien besoin.

Le sélectionneur : Bernd Storck
• 52 ans
• Allemand
• En poste depuis juillet 2015
• Poste précédent : Hongrie U20
« Cela aurait pu être mieux comme pire mais nous n’aurons rien à perdre. Cet Euro constitue une bonne opportunité de démontrer notre valeur à ce niveau. L’Autriche, notre premier adversaire, est une bonne équipe. L’Islande, qui a très bien joué en éliminatoires, sera un adversaire dangereux et le Portugal est fantastique. Pour nos jeunes joueurs, il va s’agir d’une superbe expérience. »

Cote Planète Foot : 2

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