Équipe de France

Euro 2016 : Allemagne, favoris bien sûr

Championne du monde en titre, la Mannschaft s’avance sans masque vers un Euro dont elle est le plus grand des prétendants. Pas le choix !

C’est écrit en français, ça lézarde la page d’accueil du site officiel de la Fédération et c’est un sacré message universel : « Euro 2016 : le rendez-vous. » Comme quoi, nos cousins germains en ont encore sous le coude ou sous la semelle ou dans le moteur, étant donné qu’ils ont tous les logiciels qu’il faut du côté obscur du capot aussi. Où que ce soit, ils ont toujours de la réserve.
La Mannschaft n’échappe pas à cette règle presque immuable, de ce côté du Rhin : à l’approche des choses sérieuses, quand sonne l’heure du grand rendez-vous, ils sont là. Pas de lapin magique caché dans le chapeau, encore moins la pose de la queue d’un. Il faudra compter sur eux, ça, on le savait, l’été prochain chez nous. Sacrés champions du monde au Brésil, ils ont pourtant perdu quelques guerriers légendaires au retour au pays.
Car même quand on est allemand, on ne perd pas sans dommages un Phillip Lahm, capitaine aux 107 sélections, ou un Per Mertesacker, l’arbre de la défense, ou un Miroslav Klose, meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde. Ou les trois en même temps… C’est le virage qu’a pris la Mannschaft après avoir posé l’avion sur le tarmac et en avoir sorti la Coupe du monde. Trois monstres en moins et pas un mot plus haut que l’autre. Ce n’est ni dans les gènes de la population, ni dans l’esprit de Joachim Löw qui en a vu d’autres, c’est vrai, depuis son arrivée à la tête de la sélection.
Le brun ténébreux avait pris la suite de Jürgen Klinsmann, « Klinsi » le blondinet, au lendemain de la 3e place au Mondial 2006, chez eux. Comptez bien, ça fait une décennie que Löw assure le show chez les Teutons. De quoi poser quelques pierres dans le jardin, si tant est qu’il en manquait. Bienvenue dans un monde de certitudes, que même des qualifications un peu plus corsées que d’habitude ne remettront pas en cause.
Battus pour la première fois de leur histoire par la Pologne à l’entame des qualifs, puis en Irlande à la fin, les Allemands ont serré ce qu’il fallait de vis pour expédier les affaires courantes, terminant premiers d’un groupe pas si aisé que cela pourtant avec, si l’on excepte le leurre Gibraltar, l’Ecosse, l’Irlande et la Polska de Lewandowski dans la carlingue. Et on les dit poussifs ? Pas si imbattables que cela ? A tous ces « on »-là, nous conseillons de claironner dans l’intimité de la salle de bains et sous un jet d’eau bien chaude, parce que la phase finale approche, les choses sérieuses quoi, et l’Allemagne change toujours de braquet à l’attaque de cette route-là. Joachim Löw l’a encore répété récemment. « Notre tâche est simple : elle est de confirmer nos succès. On veut revivre le moment où on a reçu le trophée sur la pelouse du Maracana. C’est ça, notre motivation. »
Avec quelques jeunes pousses au milieu des briscards (comme Matthias Ginter, 21 ans), des trouvailles (Jonas Hector pour remplacer Lahm, il fallait y penser) et une âme toujours aussi solide, rouge, jaune et noire, Löw connaît la marche à suivre par cœur. « L’idée, c’est, d’une part, d’avoir un plan de jeu clairement défini et, d’autre part, d’être imprévisible. » Le genre de cahier des charges que seul un joueur allemand peut comprendre. « Nous avons toujours un très gros potentiel malgré le départ d’immenses champions », conclut le sélectionneur. Même si l’idée ne nous avait pas tout de suite sauté aux yeux, on n’en doutait pas.

Eurostar : Thomas Müller
Difficile de lui trouver une place nette sur le terrain mais pas dans une équipe type. Müller, c’est celui qui joue. Peu importe où. On se demande s’il le sait lui-même. Müller, c’est l’Allemand qui a des allures d’Amérique latine parce qu’on dirait qu’il évolue sur le sable, en bas du quartier, ou sur le bitume, en amont de la cité. Un Teuton qui court comme il respire. S’il avait oublié ses chaussures, jouer en chaussettes, façon moulées, ou pieds nus, sur pelouse grasse, lui aurait été comme un gant. C’est l’attaquant qui n’a pas de place. Qui ne ressemble pas à grand-chose, pour ne pas dire à rien. Un attaquant façon teigne et pinte plus que bon teint, une purge assurée pour son adversaire direct, qui tacle pour marquer, qui dribble les yeux fermés mais qui marque tout le temps. Thomas Müller, c’est le joueur d’équipe par excellence. « J’essaie de compléter mes partenaires pour que l’ensemble soit cohérent. Souvent, on dit que je suis fou. N’empêche, tout ce que je fais a un sens. » Et un but aussi, toujours.

Le chiffre : 9
Le nombre de buts marqués par Thomas Müller lors de la phase éliminatoire. Et tout ça en 9 matches. Le joueur du Bayern est le deuxième meilleur buteur de la zone Euro dans ces éliminatoires. Le pince-sans-rire s’incline devant son acolyte bavarois Robert Lewandowski (13 buts marqués pour la Pologne) ! Ils ne sont pas malchanceux, les supporters de l’AllianzArena.

Comment ils jouent
Avec Manuel Neuer en position de libéro et sans avant-centre. Pas le schéma de jeu d’un candidat potentiel au titre suprême. C’est pourtant ça, l’Allemagne. Une équipe qui défend en avançant, qui attaque tout le temps, en fait, qui cherche les petits espaces comme les grands renversements. Avec Thomas Müller dans la peau du finisseur. Pour combler le vide Philipp Lahm, Joachim Löw a déniché une sacrée perle rare : Hector. Déjà sept matches de qualification pour le défenseur méconnu de Cologne qui ne devrait sans doute pas y faire de vieux os, d’ailleurs. Sinon, c’est du grand classique avec un trio Toni Kroos-Bastian Schweinsteiger-Mesut Özil qui commence à prendre de la bouteille au milieu. Taillé pour la route, quoi.

Classement FIFA : 4e

Le sélectionneur : Joachim Löw
• 55 ans
• Allemand
• En poste depuis août 2006
• Poste précédent : entraîneur adjoint de l’équipe d’Allemagne
« Nous serons concentrés dès le tout premier match. La Pologne est une belle équipe, nous sommes bien placés pour le savoir, mais l’Ukraine et l’Irlande du Nord peuvent être également difficiles à manœuvrer, avec leurs contres et leurs défenses solides. Ceci dit, nous sommes les favoris et nous avons l’ambition de dominer ce groupe. »

Cote Planète Foot : 5

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