Étranger

Euro 2012 : République tchèque (Groupe A), avec quelques provisions quand même…

Revenue de nulle part mais finalement qualifiée pour son cinquième Euro consécutif, la jeune République Tchèque de Michal Bilek se met à croire en sa bonne étoile. Pourquoi pas…

Le coup passa si près… La toute jeune République Tchèque, née un 1er janvier 1993, avait réussi l’exploit de se qualifier, depuis son origine, à chaque phase finale de l’Euro. 1996, 2000, 2004, 2008 : les années s’égrenaient et les bougres franchissaient ostensiblement et gaillardement, à chaque fois, l’obstacle. Et surtout pas pour faire de la figuration. Il y eut une place en finale dès leur première participation (1996). Du bon, du dur, du solide. Avec une équipe aussi joliment ciselée que du cristal de Bohême et aussi vive que les eaux de la Vltava qui traversent Prague la magnifique, sous la houlette de l’indémodable Pavel Nedved. Son phare. Et même après la retraite internationale de leur icône, les Tchèques, à qui il restait quelques provisions, sont parvenus à composter leur billet pour le dernier Euro entre l’Autriche et la Suisse. Sans faute, toujours.
Changement de décor avec les qualifications pour l’édition 2012. Le coup passa si près… Cela commence comme dans un cauchemar par une défaite inaugurale, à la maison, dans l’Andruv stadion d’Olomouc, contre la Lituanie. Cela se poursuit dans la douleur avec des victoires poussives face à des formations telles que le si modeste Liechtenstein (deux fois 2-0), tout en subissant la loi du matador espagnol. Finalement, c’est lors de la toute dernière journée de la phase éliminatoire que les hommes de Michal Bilek ont réussi à arracher la 2e place de leur groupe, synonyme de barrage, en s’imposant 4-1 en… Lituanie. Le déclic ? En tout cas une forme de délivrance, la tête de nouveau à l’endroit, les crampons enfin dans le bon sens.
Confirmation dès le barrage aller contre le Monténégro où les Tchèques, emmenés par un Tomas Rosicky de gala (voir par ailleurs), ont marqué leur territoire et pris une option sur la qualification en signant un 2-0 net et sans bavure. Avant d’enfoncer le clou, quatre jours plus tard à Podgorica, grâce à une réalisation de Petr Jiracek. Au grand soulagement de Michal Bilek. « Oui, reconnaît le coach, notre parcours a été difficile, semé d’embûches. Les joueurs se trouvaient sous pression depuis la première journée et cette défaite face à la Lituanie. Mais dos au mur, ils sont parvenus à s’adapter et à inverser la tendance grâce à leur expérience. Je suis vraiment fier de diriger cette équipe. »
Soulagée, elle aussi, sa troupe s’est un peu, beaucoup trop lâchée en rentrant au pays. Dans un désordre d’abord joyeux puis graveleux et enfin ordurier. Pour commencer, à l’aéroport de Podgorica, plusieurs membres de la délégation s’en sont pris, en des termes très crus, à l’ancien attaquant international Radek Drulak, coupable de n’avoir guère épargné la sélection pendant la campagne qualificative. Puis à l’arrivée à Prague, les supporters venus accueillir les héros ont eu la surprise de voir certains joueurs, totalement débraillés et qui avaient dû bien arroser l’événement durant le vol, sortir de la carlingue en… caleçon. Pas très catholique ni vraiment orthodoxe. Depuis, le capitaine Rosicky s’est confusément confondu en excuses. « On ne s’est pas rendu compte que nous n’étions plus aux vestiaires, a-t-il déclaré. Une émotion incontrôlable et une immense euphorie l’ont emporté sur le bon sens. Je tiens à m’excuser de tous les désagréments que cette attitude inappropriée a pu causer. » Fermez le ban. Le banc, aussi, du même coup.
Et maintenant, que vont-ils faire ? Les coéquipiers de Milan Baros (photo de Une) ont laissé paraître au grand jour de vraies failles et subi d’incroyables défaillances mais ils ont aussi montré des ressources insoupçonnées pour revenir dans la course. Après avoir obtenu sur le fil leur cinquième qualification consécutive pour l’Euro, pourquoi ne pourraient-ils pas croire en leur bonne étoile ? Le coup passa si près que tous les espoirs semblent permis aujourd’hui. Ils ont, au moins, obtenu le droit de rêver encore.

L’équipe-type
Petr Cech • 1,96 m, 87 kg • Arsenal (ANG)

Theodor Gebreselassie • 1,81 m, 72 kg • Slovan Liberec
Tomas Sivok • 1,85 m, 72 kg • Besiktas Istanbul (TUR)
Roman Hubnik • 1,92 m, 84 kg • Hertha Berlin (ALL)
Michal Kadlec • 1,85 m, 75 kg • Bayer Leverkusen (ALL)

Petr Jiracek • 1,80 m, 75 kg • Viktoria Plzen
Tomas Rosicky • 1,79 m, 68 kg • Arsenal (ANG)
Tomas Hubschman • 1,80 m, 74 kg • Shakhtior Donetsk (UKR)
Jaroslav Plasil • 1,82 m, 72 kg • Bordeaux (FRA)

Tomas Pekhart • 1,94 m, 83 kg • Nuremberg (ALL)
Milan Baros • 1,84, 78 kg • Galatasaray (TUR)

Euro star : Tomas Rosicky
On l’a surnommé « le petit Mozart du foot ». Léger et primesautier comme une sonate. Comme une flûte évidemment enchantée. La crinière claire qui se déploie à contre-temps pour imposer des contre-ut à ses adversaires. Une jolie petite musique de nuit toujours dans le tempo parfait. Elle valut à Tomas Rosicky, à même pas 20 ans, d’être appelé en équipe nationale et de disputer dans la foulée l’Euro 2000. Elle lui permet, quelques années plus tard, de signer un bail longue durée avec Arsenal. Tomas Rosicky ? Un talent précoce et à l’état pur. Jusqu’à cette terrible blessure. De rechutes en complications, le petit meneur tchèque, genou déglingué, se retrouva plus de 18 mois out. La saison 2008-09 fut totalement blanche et sèche pour lui. Puis ses adducteurs, à leur tour, se mirent à dangereusement siffler. Saint-Tomas, même s’il voulait y croire, mit du temps pour revenir. Aussi bien avec les Gunners qu’en équipe nationale. Mais revoilà aujourd’hui le maestro ! Lors du barrage aller contre le Monténégro, il s’est tout simplement montré flamboyant, distillant avec justesse les ballons et assurant deux passes décisives pour entériner le succès tchèque (2-0). Au retour, il a fait preuve de vaillance et d’abnégation pour finir de signer la qualification. « Là, assène-t-il, on a prouvé qu’on était costaud et qu’on savait aller au combat quand l’enjeu le réclamait. » C’est une petite musique de nuit qui pourrait encore joliment résonner à nos oreilles l’été prochain. Comme une sonate, une flûte évidemment enchantée…

Visa pour l’Euro
• Superficie : 78 870 km2
• Population : 10,2 millions d’habitants
• Capitale : Prague
• Fédération : Ceskomoravsky Fotbalovy Svaz
• Site Internet : www.fotbal.cz
• Année de fondation : 1901
• Affiliation FIFA : 1907 (1993, République Tchèque)
• Affiliation UEFA : 1993
• Classement FIFA : 33e
• Couleurs : Maillot, short et bas rouges à liserés bleus et blancs
• Equipementier : Puma
• Palmarès mondial : Néant
• Palmarès européen : Néant (Tchécoslovaquie vainqueur en 1976)
• Bilan Euro : 4 participations (1996, 2000, 04, 08) ; 17 m, 8 v, 2 n, 7 d, 24 b.p.-22 b.c.
• Meilleure performance : Finaliste en 1996
• Meilleur buteur : Milan Baros (5 buts en 2004)

Calendrier 1er tour 2012
– Vendredi 8 juin à 20h45, Stade Miejski à Wroclaw
République Tchèque-Russie
– Mardi 12 juin à 18h, Stade Miejski à Wroclaw
République Tchèque-Grèce
– Samedi 16 juin à 20h45, Stade Miejski à Wroclaw
République Tchèque-Pologne

Le groupe de la qualification
G : Petr Cech, Arsenal (ANG)
G : Jan Lastuvka, Dnipropetrovsk (UKR)
D : Theodor Gebreselassie, Slovan Liberec
D : Roman Hubnik, Hertha Berlin (ALL)
D : Michal Kadlec, Bayer Leverkusen (ALL)
D : Zdenek Pospech, Mayence (ALL)
D : Tomas Sivok, Besiktas Istanbul (TUR)
D : Marek Suchy, Spartak Moscou (RUS)
M : Mario Holek, Dnipropetrovsk (UKR)
M : Tomas Hubschman, Shakhtior Donetsk (UKR)
M : Petr Jiracek, Viktoria Plzen
M : Daniel Kolal, Viktoria Plzen
M : Jan Moravek, Schalke 04 (ALL)
M : Milan Petrzela, Viktoria Plzen
M : Vaclav Pilar, Viktoria Plzen
M : Jaroslav Plasil, Bordeaux (FRA)
M : Daniel Pudil, Genk (BEL)
M : Jan Polak, Wolfsburg (ALL)
M : Jan Rajnoch, Ankaragücü (TUR)
M : Tomas Rosicky, Arsenal (ANG)
M : Kamil Vacek, Chievo Vérone (ITA)
A : Milan Baros, Galatasaray (TUR)
A : Roman Bednar, West Bromwich (ANG)
A : Martin Fenin, Cottbus (ALL)
A : Adam Hlousek, Slavia Prague
A : Vaclav Kadlec, Sparta Prague
A : David Lafata, Baumit Jablonec
A : Lukas Magera, Swindon (ANG)
A : Tomas Necid, CSKA Moscou (RUS)
A : Tomas Pekhart, Nuremberg (ALL)
A : Jan Rezek, Famagouste (CHY)
A : Jiri Stajner, Slovan Liberec
(32 joueurs utilisés)

Parcours en éliminatoires
2e du groupe I ; 13 points, 8 m, 4 v, 1 n, 3 d, 24 b.p.-22 b.c.
Vainqueur en barrage du Monténégro
7.09.2010 : République Tchèque-Lituanie 0-1
8.10.2010 : République Tchèque-Ecosse 1-0 (Hubnik)
12.10.2010 : Liechtenstein-République Tchèque 0-2 (Necid, V. Kadlec)
25.03.2011 : Espagne-République Tchèque 2-1 (Plasil)
29.03.2011 : République Tchèque-Liechtenstein 2-0 (Baros, M. Kadlec)
3.09.2011 : Ecosse-République Tchèque 2-2 (Plasil, M. Kadlec)
7.10.2011 : République Tchèque-Espagne 0-2
11.10.2011 : Lituanie-République Tchèque 1-4 (M. Kadlec 2, Rezek 2)
Barrage :
11.11.2011 : République Tchèque-Monténégro 2-0 (Pilar, Sivok)
15.11.2011 : Monténégro-République Tchèque 0-1 (Jiracek)

Comment ils jouent
Devant l’incontournable et l’irréprochable Petr Cech, Theodor Gebreselassie, premier Noir de l’histoire de la sélection (né d’une mère tchèque et d’un père éthiopien), a profité des éliminatoires pour s’imposer dans le couloir droit. Il devient ainsi le pendant de Michal Kadlec, indiscutable titulaire à gauche, tandis que la charnière centrale aligne les centimètres. Dans l’entrejeu, Tomas Hubschman est un vrai bon chien de garde, dur sur l’homme, et Tomas Rosicky un playmaker qui n’hésite pas à décrocher pour relancer la machine. A gauche, Jaroslav Plasil doit parfois freiner ses envies offensives pour se consacrer aux tâches défensives que lui réclame d’accomplir Michal Bilek. Devant, enfin, Milan Baros est toujours là. Le grand Tomas Pekhart est arrivé dans un rôle de pivot, point d’ancrage de l’attaque, un peu dans le style de Jan Köller en son temps. Dans un tout autre registre, davantage basé sur la vitesse et les changements de rythme, Jan Rezek peut constituer une alternative.

Le coach : Michal Bilek
• 46 ans
• En poste depuis octobre 2009
• Poste précédent : entraîneur de Ruzemberok

La décla
« Je souhaitais affronter la Pologne et la Grèce, alors bien sûr, je suis satisfait. Mais le tirage ne fait pas tout. A nous de décrocher notre qualification. La bonne nouvelle, c’est que l’on va disputer tous nos matches dans la même ville, à Wroclaw, dans le stade le plus proche de la République Tchèque. Nos supporters vont être ravis. J’espère qu’ils viendront en nombre nous soutenir et que nous saurons nous montrer à la hauteur de leurs attentes. Pour ma part, j’ai obtenu, en tant que joueur, ma première sélection contre la Pologne et je me souviens avoir marqué deux minutes après mon entrée en jeu. Si cela pouvait être un signe du destin… » (Michal Bilek)

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