Équipe de France

Euro 2012 : Pays-Bas (Groupe B), les Oranje passent au vert

Depuis la prise de pouvoir de Bert Van Marwijk, qui a mené sa troupe jusqu’en finale du Mondial 2010, les Néerlandais semblent régénérés. Et tout à fait capables de ramener à la maison un trophée attendu depuis l’Euro 88. Chiche ? Dossier réalisé par Mathieu Delattre et Roger Lewis.

Les Hollandais volants ont traversé la phase éliminatoire de l’Euro comme des avions. A la vitesse supersonique. Il s’en est fallu de peu qu’ils ne terminent ces qualifications, à l’instar des Allemands et des Espagnols, sur le score parfait de 10 victoires en autant de rencontres (en fait, 8/8 pour la Roja qui se trouvait dans un groupe de cinq). Ils ont juste manqué la dernière marche en Suède – défaite 3-2 -, dans une partie sans enjeu pour eux mais capitale pour les Scandinaves. Le tout sans, notamment, Arjen Robben (photo de Une) qui a raté toute la campagne pour cause de blessures à répétition.
Les Oranje, vraiment mûrs et très pressés, en ont profité, tant qu’ils y étaient, pour établir la plus large victoire de l’histoire de l’équipe nationale, passant un cinglant et violent 11-0 à Saint-Marin (le précédent top score était un 9-0 face à la Finlande en… 1912 et contre la Norvège en 1972). Pour faire bonne mesure et compléter ce tableau presque idyllique, Klaas-Jan Hunterlaar s’est distingué, à titre personnel, en terminant meilleur buteur de la zone Europe avec 12 réalisations, à une toute petite unité du record absolu établi par le Nord-Irlandais David Healy voilà quatre ans. Que du bonheur, quoi ! Dans la continuité de ce que les Néerlandais réalisent depuis la prise de pouvoir de Bert Van Marwijk, dans la foulée d’un tumultueux Euro 2008. Les chiffres parlent. Sous ses ordres, les Pays-Bas ont réalisé un sans-faute aux qualifs pour le Mondial avant d’atteindre la finale en Afrique du Sud, seulement freinés par les matadors espagnols, et donc de réaliser ce parcours quasi-parfait sur la route de l’Euro 2012.
Oui, cette réussite appartient pour partie à Van Marwijk. Les pépites se ramassent aux quatre coins des quartiers d’Amsterdam, de Rotterdam et d’Eindhoven mais les ego et les querelles de personnes ont souvent plombé l’ambiance et les résultats de la sélection batave. Lui est parvenu à fédérer. Mieux, ses joueurs l’encensent. « Il est proche de nous et toujours prêt à nous écouter. » « BVM » a maintenu le fil avec un groupe éparpillé dans les championnats anglais, allemand, espagnol ou italien, avec des coups de téléphone personnalisés. Sa philosophie ? Simple. « Je ne prétends pas que j’ai un fonctionnement démocratique mais il me semble capital que les joueurs puissent avoir confiance en moi. Qu’ils sachent que je les apprécie et que je peux être auprès d’eux quand c’est nécessaire. Il faut se montrer clair et honnête, c’est ce que je m’efforce de faire. Même si cela n’empêche pas de garder une certaine distance. » Après… Visiblement, Van Marwijk a établi quelques règles de vie. « Une bonne équipe, assure-t-il, est celle où l’on est capable de se dire les vérités. Les gars n’ont pas besoin d’être tous amis, je leur demande seulement de respecter chacun avec ses qualités. » Et ça marche ! La troupe a rarement donné le sentiment d’être aussi solidaire.
Côté terrain en revanche, on note moins d’innovations. C’est avec les armes qui constituent depuis longtemps leur force que les Bataves avancent. « Certaines nations, reprend le sélectionneur, peuvent signer de bonnes performances sans le ballon. Pas nous. On a besoin de l’avoir dans les pieds. De mener le jeu de manière constructive. Balancer uniquement de longues passes vers l’avant, ce n’est pas dans nos gènes et ce n’est pas notre manière d’envisager le foot. » Vaincre en avançant. Comme l’Espagne. Comme les glorieux aînés vainqueurs de l’Euro 88, le seul trophée jamais remporté par la sélection, emmenés par Ruud Gullit, Marco Van Basten et Frank Rijkaard.
Vingt-quatre ans après, il s’agit de réécrire l’histoire. « On sait qu’on peut battre n’importe qui, conclut le boss. Mais je le dis et je le répète à tous depuis que je suis en poste, attention ! L’arrogance peut être une bénédiction comme une catastrophe. Cela peut être une force si ça signifie « confiance en soi » et « intelligence tactique ». Pas si cela confine à la nonchalance et à la suffisance. » Là encore, on ne doute pas que ce fin psychologue, apôtre de la parole juste, ait fait comprendre à ses ouailles la subtilité de la nuance. Et si tel est le cas, qui sait ce qui peut encore arriver avec ces Pays-Bas…

L’équipe-type
Maarten Stekelenburg • 1,94 m, 84 kg • AS Rome (ITA)

Gregory Van der Wiel • 1,83 m, 70 kg • Ajax Amsterdam
Joris Mathijsen • 1,85 m, 75 kg • Malaga (ESP)
John Heitinga • 1,80 m, 78 kg • Everton (ANG)
Erik Pieters • 1,86 m, 85 kg • PSV Eindhoven

Mark Van Bommel • 1,87 m, 85 kg • Milan AC (ITA)
Wesley Sneijder • 1,70 m, 67 kg • Inter Milan (ITA)
Rafael Van der Vaart • 1,75 m, 70 kg • Tottenham (ANG)

Arjen Robben • 1,83 m, 75 kg • Bayern Munich (ALL)
Klaas-Jan Huntelaar • 1,86 m, 80 kg • Schalke 04 (ALL)
Robin Van Persie • 1,83 m, 71 kg • Arsenal (ANG)

Euro star : Wesley Sneijder
L’été de Sneijder a été rythmé par son vrai-faux transfert de l’Inter vers Manchester United et son début de saison gâché par une blessure à l’adducteur gauche. Comme par hasard, les Milanais, longtemps en perdition, ont retrouvé des couleurs après son retour. « C’est notre Francesco Totti à nous », disait son coach Claudio Ranieri, remercié depuis. C’est la même chose en équipe nationale : s’il ne porte pas le brassard de capitaine, le Batave s’impose bien comme le boss sur le terrain. Le maître du jeu. Petit gabarit (1,70 m pour 67 kg) mais grosse présence. Ambidextre, le natif d’Utrecht est aussi à l’aise du pied droit que du pied gauche. Sa qualité de passe, dans le jeu court comme le jeu long, est chirurgicale et il dispose également d’un pouvoir d’accélération souvent dévastateur. Il n’avait pas 20 ans – en avril 2003 contre le Portugal – lorsqu’il effectua ses débuts sous le maillot oranje. Quelque temps plus tard, il signait une performance énorme face à l’Ecosse, en barrage qualificatif pour le Mondial 2006 : 2 buts et 4 passes décisives pour un fracassant succès 6-0 ! Wesley est rapidement devenu aussi incontournable qu’intouchable. Il donne toujours tout et se montre aussi irréprochable dans l’envie que dans le jeu. Au Mondial 2010, ses 5 buts (co-meilleur réalisateur du tournoi) ont permis aux Pays-Bas de se hisser en finale. Mais pas de l’emporter. C’est là le point sensible de son CV. Celui qui a lui peut-être coûté le Ballon d’Or en 2010, alors qu’il s’était adjugé la Ligue des champions avec l’Inter. Si Sneijder a raflé tous les trophées qu’il est possible d’imaginer en club, son palmarès avec la sélection reste vierge. Remarquez, il n’a que 27 ans et il y a une chouette petite compèt’, en juin prochain dans l’Est de l’Europe, qui pourrait bien l’inspirer.

Visa pour l’Euro
• Superficie : 41 528 km2
• Population : 16,8 millions d’habitants
• Capitale : Amsterdam
• Fédération : Koninlike Nederlandsche Voetballbond
• Site Internet : www.knvb.nl
• Année de fondation : 1889
• Affiliation FIFA : 1904
• Affiliation UEFA : 1954
• Classement FIFA : 2e
• Couleurs : Maillot orange, short noir, bas orange
• Equipementier : Nike
• Palmarès mondial : néant
• Palmarès européen : Champion d’Europe (1988)
• Bilan Euro : 8 participations (1976, 80, 88, 92, 96, 2000, 04, 08) ; 32 m, 17 v, 8 n, 7 d, 55 b.p.-32 b.c.
• Meilleure performance : Vainqueur en 1988
• Meilleur buteur : Patrick Kluivert (6 buts : 1 en 1996 et 5 en 2000) et Ruud Van Nistelrooy (6 buts : 4 en 2004 et 2 en 2008)

Calendrier 1er tour 2012
– Samedi 9 juin à 18h, Stade Metalist à Kharkiv
Pays-Bas-Danemark
– Mercredi 13 juin à 20h45, Stade Metalist à Kharkiv
Pays-Bas-Allemagne
– Dimanche 17 juin à 20h45, Stade Metalist à Kharkiv
Pays-Bas-Portugal

Le groupe de la qualification
G : Maarten Stekelenburg, AS Rome (ITA)
G : Michel Vorm, Swansea (GAL)
D : Vurnon Anita, Ajax Amsterdam
D : Jeffrey Bruma, Hambourg (ALL)
D : John Heitinga, Everton (ANG)
D : Joris Mathijsen, Malaga (ESP)
D : Erik Pieters, PSV Eindhoven
D : Gregory Van der Wiel, Ajax Amsterdam
M : Ibrahim Afellay, FC Barcelone (ESP)
M : Wout Brama, Twente
M : Nigel de Jong, Manchester City (ANG)
M : Eljero Elia, Juventus Turin (ITA)
M : Urby Emanuelson, Milan AC (ITA)
M : Hedwiges Maduro, Valence (ESP)
M : Wesley Sneijder, Inter Milan (ITA)
M : Kevin Strootman, PSV Eindhoven
M : Mark Van Bommel, Milan AC (ITA)
M : Rafael Van der Vaart, Tottenham (ANG)
A : Luuk de Jong, Twente
A : Klaas-Jan Huntelaar, Schalke 04 (ALL)
A : Dirk Kuyt, Liverpool (ANG)
A : Jeremain Lens, PSV Eindhoven
A : Ruud Van Nistelrooy, Malaga (ESP)
A : Robin Van Persie, Arsenal (ANG)
A : Georginio Wijnaldum, PSV Eindhoven
(25 joueurs utilisés)

Parcours en éliminatoires
1er du groupe E ; 27 points, 9 v, 1 d, 37 b.p.-8 b.c.
3.09.2010 : Saint-Marin-Pays-Bas 0-5 (Kuyt, Huntelaar 3, Van Nistelrooy)
7.09.2010 : Pays-Bas-Finlande 2-1 (Huntelaar 2)
8.10.2010 : Moldavie-Pays-Bas 0-1 (Huntelaar)
12.10.2010 : Pays-Bas-Suède 4-1 (Huntelaar 2, Afellay 2)
25.03.2011 : Hongrie-Pays-Bas 0-4 (Van der Vaart, Afellay, Kuyt, Van Persie)
29.03.2011 : Pays-Bas-Hongrie 5-3 (Van Persie, Sneijder, Van Nistelrooy, Kuyt 2)
2.09.2011 : Pays-Bas-Saint-Marin 11-0 (Van Persie 4, Sneijder 2, Heitinga, Kuyt, Huntelaar 2, Wijnaldum)
6.09.2011 : Finlande-Pays-Bas 0-2 (Strootman, L. de Jong)
7.10.2011 : Pays-Bas-Moldavie 1-0 (Huntelaar)
11.10.2011 : Suède-Pays-Bas 3-2 (Huntelaar, Kuyt)

Comment ils jouent
Dans l’éternel 4-3-3 néerlandais, Van Marwijk a trouvé sa défense, qui n’est pourtant pas le point le plus fort de l’équipe. Dans les buts, Maarten Stekelenburg s’est imposé comme le digne successeur d’Edwin Van der Saar tandis que la charnière centrale, parfois un peu lente, pèse son poids en expérience. Les jeunes (23 ans) Gregory Van der Wiel, à droite, et Erik Pieters, dans l’autre couloir, ont gagné leurs galons de titulaire. Dans l’entrejeu, devant le chien de garde Mark Van Bommel, gendre du sélectionneur, les talents se bousculent avec Wesley Sneijder et Rafael Van der Vaart, bien sûr, mais aussi Eljero Elia ou le très prometteur Kevin Strootman. En attaque, Klaas-Jan Huntelaar, qui a cassé la baraque en éliminatoires, pourrait bien être associé aux deux joueurs de cristal, Arjen Robben et Robin Van Persie. N’oublions pas Dirk Kuyt, très apprécié du sélectionneur pour sa générosité et son abnégation, qui constitue plus qu’une alternative.

Le coach : Bert Van Marwijk
• 59 ans
• En poste depuis août 2008
• Poste précédent : entraîneur du Feyenoord Rotterdam

La décla
« C’est un immense défi qui nous attend dans le groupe le plus relevé, tout le monde en convient. Quand on a pris la photo avec tous les sélectionneurs de la poule, aucun n’avait le sourire. L’avantage, c’est que la motivation sera là. Marco Van Basten (ndlr : sélectionneur des Pays-Bas lors de l’Euro 2008, qui a procédé au tirage au sort 2012) a lui aussi affronté de grosses équipes, alors il me les a offertes. Notre programme me fait penser à celui de la Coupe du monde puisqu’on joue d’abord le Danemark. Commençons par remporter ce premier match. Il s’agit d’un tirage excitant avec des adversaires de renom, ce sera très difficile mais je le répète, c’est un sacré défi. » (Bert Van Marwijk)

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