Équipe de France

Euro 2012 : La Grèce (Groupe A) reste dans la zone Euro

Le sélectionneur a changé, les joueurs aussi mais pas le jeu. C’est en s’appuyant sur un solide bloc défensif que la Grèce a obtenu, pour la troisième fois de suite, son billet pour l’Euro. Et maintenant ? Dossier réalisé par Mathieu Delattre et Roger Lewis.

Trois à la suite. La Grèce, qui ne comptait qu’une participation à l’Euro avant 2004 (en 1980), vient d’assurer sa troisième qualification consécutive pour la phase finale du tournoi. Mieux, même si tout n’a pas été aussi simple qu’il y paraît, les Hellènes et leurs garçons sont sortis de leur groupe sans la moindre défaite. Qui l’aurait imaginé au début des éliminatoires ? Qui aurait osé parier ça après le premier match de qualif terminé par un piètre nul à la maison (1-1) face aux modestes Géorgiens ?
A l’époque, la sélection venait de tourner une longue page de son histoire. Juillet 2010 : après un règne de neuf ans marqué par le couronnement surprise des Grecs à l’Euro 2004, le roi Otto Rehhagel rend son tablier dans la foulée de l’élimination au 1er tour du Mondial sud-africain. Son successeur, le Portugais Fernando Santos, prend tout de suite conscience de l’ampleur de la tâche qui l’attend. « C’est un honneur pour moi de succéder à M. Rehhagel qui a excellemment travaillé pour le football grec, confiait-il au moment de son intronisation. Il a créé les conditions pour que l’équipe nationale soit régulièrement présente dans les grandes compétitions européennes et mondiales. Pour moi, c’est une grande fierté mais aussi une lourde responsabilité… On sait qu’on traverse une période de transition avec le départ de la plupart des joueurs de la génération 2004. »
Et le Lusitanien de pointer du doigt les difficultés de son job : « J’arrive avec ma philosophie du jeu qui est différente de celle de mon prédécesseur. En équipe nationale, on n’a que deux jours d’entraînement pour faire passer de nouvelles idées. Ce n’est pas évident, surtout que certains ont leurs habitudes. Neuf ans avec le même sélectionneur, ça marque, forcément, et ça rend les choses plus difficiles… Maintenant, il y a de nouveaux joueurs qui ont fait un parcours intéressant avec les U19 et les U21 ces dernières années. Il faut intégrer ces jeunes talents en les encadrant avec des éléments plus expérimentés. »
De fait, du groupe champion d’Europe, seuls le capitaine Giorgos Karagounis et son compère du milieu Kostas Katsouranis (photo de Une) restent incontournables dans la sélection new wave. L’attaquant emblématique Angelos Charisteas, lui, a dû patienter plus d’un an avant d’être rappelé et… marquer le but de la qualification lors du dernier match en Géorgie (1-2). De nouvelles têtes ont fait leur apparition et commencé à marquer leur territoire. C’est le cas des juvéniles Kyriakos Papadopoulos, Sotiris Ninis – qui a manqué les dernières rencontres éliminatoires pour cause de ligaments du genou en vrac – ou encore Giannis Fetfatzidis. « Nous, les jeunes, explique ce dernier, sommes ravis que le sélectionneur nous ait fait confiance. Cela nous pousse à tout donner sur le terrain. »
Le coach a changé, les joueurs aussi mais au niveau du jeu, peu d’évolution. C’est en s’appuyant sur les valeurs prônées par Rehhagel que l’équipe a gagné son ticket pour l’Euro 2012. Compter sur un solide bloc défensif (5 buts encaissés seulement lors des qualifications), réduire au maximum les espaces et attendre son heure pour trouver la faille et planter la banderille qui tue. C’est d’ailleurs souvent en fin de partie que les Grecs, pas forcément dominateurs, ont arraché de précieux points. C’est aussi en négociant au mieux les deux rendez-vous face à leur principal rival, la Croatie (0-0 à Zagreb, 2-0 à domicile), qu’ils se sont simplifié la tâche.
Et maintenant ? Fernando Santos, qui a réalisé une série de 17 matches sans défaite depuis sa prise de fonctions avant de s’incliner, pour la dernière rencontre de l’année 2011, face à la Roumanie en amical (1-3), rêve-il d’un destin digne du roi Otto ? « Etre à nouveau champion d’Europe ? Pour y parvenir, pour une équipe comme la Grèce, de nombreux facteurs entrent en ligne de compte. C’est la conjonction de beaucoup de choses. » En 2004, ils avaient donc créé la sensation en se hissant sur le toit de l’Europe. En 2008, ils étaient vite rentrés à la maison avec un zéro pointé (3 défaites au 1er tour). En 2012, la bonne nouvelle, déjà, c’est qu’ils restent dans la zone Euro !

L’équipe-type
Alexandros Tzorvas • 1,90 m, 79 kg • Palerme (ITA)

Vassilis Torosidis • 1,86 m, 80 kg • Olympiakos
Sokratis Papastathopoulos • 1,85 m, 82 kg • Werder Brême (ALL)
Avraam Papadopoulos • 1,87 m, 80 kg • Olympiakos
Kyriakos Papadopoulos • 1,83 m, 78 kg • Schalke 04 (ALL)

Sotiris Ninis • 1,73 m, 68 kg • Panathinaïkos
Kostas Katsouranis • 1,83 m, 75 kg • Panathinaïkos
Alexandros Tziolis • 1,90 m, 82 kg • Santander (ESP)
Giorgos Karagounis • 1,76 m, 74 kg • Panathinaïkos

Fanis Gekas • 1,79 m, 71 kg • Eintracht Francfort (ALL)
Giorgos Samaras • 1,93 m, 76 kg • Celtic Glasgow (ECO)

Euro star : Giorgos Karagounis
C’est un capitaine au long cours qui nous contemple du haut de ses plus de 110 sélections. C’est l’un des derniers rescapés, héros pour l’éternité de l’incroyable odyssée de 2004. C’est aussi probablement le dernier grand rendez-vous de sa carrière internationale – il aura alors 35 ans – que Giorgios Karagounis s’apprête à disputer, cet été, entre l’Ukraine et la Pologne. Bientôt, 35 ans, oui, mais toujours la même envie, la même passion. Le même enthousiasme. « Nous sommes restés invaincus pendant 17 matches, explique-t-il, parce que l’équipe a de la personnalité et qu’elle est déterminée. On a de la patience, on attend nos adversaires pour qu’ils commettent une erreur et on essaie d’en profiter. Après, nous avons les qualités pour conserver un résultat. Lorsqu’on marque, cela devient très difficile de nous remonter. » La recette qui a parfaitement fonctionné en éliminatoires devrait être remise au goût du jour à l’Euro. Dans ce tableau un brin rigoureux, Karagounis apporte la lumière. Milieu multi-fonctions qui ne ménage jamais sa générosité, il est l’électron libre et l’inspirateur de l’équipe. Sa belle palette technique lui vaut de briller dans le jeu comme sur les coups de pied arrêtés. Son souhait ? Que les dernières salves qu’il a promis d’envoyer lui permettent de terminer cette longue aventure en feu d’artifice.

Visa pour l’Euro
• Superficie : 131 957 km2
• Population : 10,7 millions d’habitants
• Capitale : Athènes
• Fédération : Elliniki Podosfairiki Omospondia
• Site Internet : www.epo.gr
• Année de fondation : 1926
• Affiliation FIFA : 1927
• Affiliation UEFA : 1954
• Classement FIFA : 14e
• Couleurs : Maillot bleu et blanc, short blanc, bas bleus
• Equipementier : Adidas
• Palmarès mondial : Néant
• Palmarès européen : Champion d’Europe (2004)
• Bilan Euro : 3 participations (1980, 2004, 2008) ; 12 m, 4 v, 2 n, 6 d, 9 b.p.-13 b.c.
• Meilleure performance : Vainqueur en 2004
• Meilleur buteur : Angelos Charisteas (4 buts : 3 en 2004 et 1 en 2008)

Calendrier 1er tour 2012
– Vendredi 8 juin à 18h, Stade Narodowy à Varsovie
Grèce-Pologne
– Mardi 12 juin à 18h, Stade Miejski à Wroclaw
Grèce-Rép. tchèque
– Samedi 16 juin à 20h45, Stade Narodowy à Varsovie
Grèce-Russie

Le groupe de la qualification
G : Dimitris Konstantopoulos, AEK Athènes
G : Michalis Sifakis, Aris Salonique
G : Alexandros Tzorvas, Palerme (ITA)
D : Giannis Maniatis, Olympiakos
D : Vangelis Moras, Swansea (GAL)
D : Avraam Papadopoulos, Olympiakos
D : Kyriakos Papadopoulos, Schalke 04 (ALL)
D : Sokratis Papastathopoulos, Werder Brême (ALL)
D : Giourkas Seitaridis, Panathinaïkos
D : Nikos Spyropoulos, Panathinaïkos
D : Vassilis Torosidis, Olympiakos
D : Giorgos Tzavellas, Eintracht Francfort (ALL)
D : Loukas Vyntra, Panathinaïkos
D : Giannis Zaradoukas, Olympiakos
M : Lazaros Christodoulopoulos, Panathinaïkos
M : Giannis Fetfatzidis, Olympiakos
M : Giorgos Fotakis, PAOK Salonique
M : Giorgos Georgiadis, PAOK Salonique
M : Pantelis Kafes, AEK Athènes
M : Giorgos Karagounis, Panathinaïkos
M : Kostas Katsouranis, Panathinaïkos
M : Panagiotis Kone, Bologne (ITA)
M : Grigoris Makos, AEK Athènes
M : Sotiris Ninis, Panathinaïkos
M : Alexandros Tziolis, Santander (ESP)
A : Stefanos Athanasiadis, PAOK Salonique
A : Angelos Charisteas, Panetolikos
A : Fanis Gekas, Eintracht Francfort (ALL)
A : Nikos Liberopoulos, AEK Athènes
A : Kostas Mitroglou, Atromitos
A : Dimitris Salpingidis, PAOK Salonique
A : Giorgos Samaras, Celtic Glasgow (ECO)
(32 joueurs utilisés)

Parcours en éliminatoires
1er du groupe F ; 24 points, 7 v, 3 n, 14 b.p.-5 b.c.
3.09.2010 : Grèce-Géorgie 1-1 (Spyropoulos)
7.09.2010 : Croatie-Grèce 0-0
8.10.2010 : Grèce-Lettonie 1-0 (Torosidis)
12.10.2010 : Grèce-Israël 2-1 (Salpingidis, Karagounis)
26.03.2011 : Malte-Grèce 0-1 (Torosidis)
4.06.2011 : Grèce-Malte 3-1 (Fetfatzidis 2, K. Papadopoulos)
2.09.2011 : Israël-Grèce 0-1 (Ninis)
6.09.2011 : Lettonie-Grèce 1-1 (K. Papadopoulos)
7.10.2011 : Grèce-Croatie 2-0 (Samaras, Gekas)
11.10.2011 : Géorgie-Grèce 1-2 (Fotakis, Charisteas)

Comment ils jouent
Si Santos est un adepte du 4-4-2, il n’a pas fondamentalement changé le style de la Grèce qui n’aime rien mieux qu’aspirer son adversaire pour tenter de le surprendre en contre. Dans les buts, Alexandros Tzorvas, titulaire dans son nouveau club de Palerme, s’est imposé à la fin des éliminatoires tandis que la charnière centrale est rodée pour les voyages. Avec Vassilis Torosidis, capable d’évoluer à droite comme à gauche, et le jeune Kyriakos Papadopoulos, cela donne un bloc défensif très solide. Au milieu, les grognards de 2004, Kostas Katsouranis et Giorgos Karagounis, pourraient être épaulés par le très prometteur Sotiris Ninis, 21 ans, s’il est bien remis de sa sérieuse blessure aux ligaments du genou. Devant enfin, Giorgos Samaras évolue en pivot et Fanis Gekas davantage en percussion. A moins que le sélectionneur ne lui préfère le petit mais remuant Dimitris Salpingidis.

Le coach : Fernando Santos
• 57 ans
• En poste depuis juillet 2010
• Poste précédent : entraîneur du PAOK Salonique

La décla
« Un tirage reste un tirage. Pour moi, il s’agit d’un groupe très ouvert où les quatre équipes ont des chances égales de passer. Même si la première rencontre face à la Pologne, chez elle, s’annonce compliquée pour nous. La Grèce avait déjà ouvert le tournoi contre le pays hôte, le Portugal, en 2004. Cela devient une sorte de tradition. A l’époque, on avait aussi croisé la Russie lors du dernier match de groupe. La suite, on la connaît. Evidemment, ce sont de bons souvenirs mais aujourd’hui, le plus important reste la préparation de l’équipe. Si en théorie, on peut estimer qu’il s’agit d’un bon tirage, il peut aussi s’avérer à double tranchant. Mais je crois en mes joueurs. » (Fernando Santos)

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