Étranger

Euro 2012 : Italie (Groupe C), la nouvelle donne

Une défense de fer, une attaque de feu : Cesare Prandelli tenait la formule idéale avant que son tandem offensif Antonio Cassano-Giuseppe Rossi ne se retrouve hors course et probablement forfait pour le tournoi. Le sélectionneur transalpin a peu de temps pour dénicher un nouveau duo aussi performant.

Au soir du dernier match de la phase éliminatoire à l’Euro, conclue par une victoire 3-0 de la Squadra Azzurra, face à l’Irlande du Nord, Cesare Prandelli était un sélectionneur comblé. Il était parti de loin, lui dont la tâche était de reconstruire l’équipe nationale sur ce qui ressemblait fort à un champ de ruines après l’énorme couac du Mondial sud-africain (sortie dès le 1er tour, dernière place du groupe derrière le Paraguay, la Slovaquie et la Nouvelle-Zélande !). Tout à rebâtir. Un peu plus de deux ans plus tard, l’architecte pouvait présenter son œuvre : une qualification pour l’Euro passée comme une lettre à la poste avec 8 victoires, 2 nuls et aucune défaite, 20 buts marqués et seulement 2 encaissés, soit la meilleure défense du plateau tous groupes confondus.
Mieux : en plus de lui rendre une âme, le successeur de Marcello Lippi a redonné le sourire à l’Italie. Andrea Pirlo, pilier de la maison, témoigne : « Depuis qu’il est arrivé, il nous a transmis une mentalité positive et cela se ressent sur le terrain. Nous sommes prêts à tout pour lui. On veut jouer au football et procurer du plaisir aux spectateurs. » Même Lippi se sent obligé d’y aller de son compliment. « L’équipe actuelle ressemble à celle que j’avais menée à la conquête de la Coupe du monde 2006. » Avec cependant un effectif notoirement rajeuni puisque, parmi les vainqueurs de la France à Olympiastadion de Berlin, seuls Gianluigi Buffon, Daniele De Rossi et Andrea Pirlo figurent régulièrement dans le groupe recomposé par Pandrelli.
Oui, Prandelli pouvait se sentir comblé dans sa peau de sélectionneur et même s’enhardir, habité de ses certitudes, dévoiler quelques ambitions, comme on délivre un carnet de route. « L’Espagne, l’Allemagne et les Pays-Bas se situent au-dessus du lot. C’est indiscutable au vu de leurs résultats durant les qualifications et de la manière dont ils les ont obtenus. Ces équipes arrivent à maturité et montrent beaucoup de belles choses. Mais derrière ces trois-là, l’Italie et l’Angleterre commencent à prendre une nouvelle dimension… »
Trop belle la vie ? Sans doute. En quelques jours, une série de tuiles tombe sur le dos de l’architecte. Le 26 octobre 2011, à l’occasion d’un déplacement chez le Real Madrid, le genou droit de l’attaquant de Villarreal Giuseppe Rossi craque. Verdict : déchirure du ligament croisé antérieur et six mois sur le carreau. Trois jours plus tard, au retour de Rome où il s’est imposé avec l’AC Milan, Antoine Cassano est victime d’un malaise qui se révèle être un accident vasculaire cérébrale. Opéré du cœur avec succès, « Fantantonio » devrait finalement pouvoir reprendre le cours de sa carrière sans que l’on sache avec précision la durée de son indisponibilité. Mais en 72 heures, c’est le duo d’attaque de la maison bleue, celui qui s’était imposé au fil du temps aux yeux de Prandelli, qui est, au moins provisoirement, rayé de la carte de la sélection. Avec peu d’espoirs de voir l’un ou l’autre répondre présent et au top de sa forme pour le rendez-vous de juin.
C’est un énorme coup dur car le tandem avait tissé de vrais liens de complicité sur le terrain. Et voilà tout un chantier à reconstruire pour le boss. Qui, fidèle à son image, a d’abord tenu à apporter son soutien aux blessés. « Même s’il ne peut pas jouer, Antonio (Cassano) viendra avec nous à l’Euro. Il sera notre 24e homme, le leader du vestiaire. » Pour la composition de sa nouvelle ligne de front, le coach transalpin a livré quelques indice à l’occasion des deux matches amicaux contre la Pologne et l’Uruguay. Le vétéran (34 ans) Antonio Di Natale, qui claque comme un fou dans le Calcio depuis deux ans et demi, n’a pas été rappelé. En revanche, Giampaolo Pazzini, Mario Balotelli, Alessandro Matri, Pablo Daniel Osvaldo et Sebastian Giovinco figuraient bien sur la liste des élus.
Les deux premiers, associés et buteurs contre la Pologne, ont peut-être marqué quelques points. Même si Prandelli le perfectionniste attend mieux encore. « Sans Cassano et Rossi, l’idée était de donner de la continuité à notre projet tactique avec deux attaquants plus puissants physiquement. Voir si on allait résister à la tentation de lever la balle pour ces grands gabarits parce que pour moi, le football doit se jouer à terre. Finalement, je retiens qu’on a éprouvé des difficultés pendant 25 minutes, avant que notre jeu ne se mette en place. » Il lui reste quelques mois pour peaufiner tout ça et définitivement dégager son nouveau duo d’attaque.

L’équipe-type
Gianluigi Buffon • 1,90 m, 83 kg • Juventus Turin

Mattia Cassani • 1,84 m, 75 kg • Fiorentina
Andrea Ranocchia • 1,95 m, 82 kg • Inter Milan
Giorgio Chiellini • 1,86 m, 75 kg • Juventus Turin
Federico Balzaretti • 1,78 m, 70 kg • Palerme

Riccardo Montolivo • 1,81 m, 65 kg • Fiorentina
Daniele De Rossi • 1,84 m, 83 kg • AS Rome
Andrea Pirlo • 1,76 m, 68 kg • Juventus Turin
Claudio Marchisio • 1,80 m, 70 kg • Juventus Turin

Giampaolo Pazzini • 1,80 m, 74 kg • Inter Milan
Mario Balotelli • 1,89 m, 88 kg • Manchester City (ANG)

Euro star : Gianluigi Buffon
Gianluigi Buffon a vraiment bien fait les choses. Furioclasse. Le 11.11.2011, il a fêté sa… 111e sélection avec la Squadra Azzurra contre la Pologne. Et quatre jours plus tard, la 112e face à l’Uruguay lui permit de devenir le troisième joueur le plus capé de l’histoire du football italien, ex aequo avec le mythique Dino Zoff, derrière deux autres monstres, Fabio Cannavaro (136) et Paolo Maldini (126). « C’est une grande fierté de me retrouver à égalité avec un gardien de légende comme Zoff. Ma première sélection en 1997, c’était déjà comme un rêve qui se réalisait. Alors me retrouver en si belle compagnie représente un sentiment vraiment fort. » Le portier de la Juve devrait compter quelques paletots supplémentaires en équipe nationale. A l’Euro 2000, alors qu’il partait dans la peau du titulaire, il dût déclarer forfait, juste avant le début du tournoi, à cause d’une blessure à la main. Au Mondial 2010, une hernie discale l’obligea à quitter ses partenaires dès la mi-temps du premier match de l’Italie. Dans le cadre des éliminatoires 2012, il a manqué les quatre premiers matches qualificatifs avant de retrouver la place qui est la sienne : celle d’indiscutable numéro un. Un seul petit but encaissé en six rencontres, où il a fait preuve autant d’assurance que d’autorité – avec un record de 91,7% de tirs arrêtés -, lui donne une confiance inébranlable. « On avait l’habitude de se qualifier sur le fil. Cette fois, nous avons gagné notre billet bien plus tôt et cela me paraît très encourageant pour la suite. » A 34 ans, Buffon, qui est loin d’en être un, rêve d’autres trophées. L’auteur de l’incroyable claquette décisive en prolongation de la finale du Mondial 2006, face au missile catapulté de la tête par Zinédine Zidane, a toujours aussi faim. Qu’on se le dise !

Visa pour l’Euro
• Superficie : 301 336 km2
• Population : 61 millions d’habitants
• Capitale : Rome
• Fédération : Federazione Italiana Giuco Calcio
• Site Internet : www.figc.it
• Année de fondation : 1898
• Affiliation FIFA : 1905
• Affiliation UEFA : 1954
• Classement FIFA : 9e
• Couleurs : Maillot bleu, short blanc, bas bleus
• Equipementier : Puma
• Palmarès mondial : Champion du monde (1934, 38, 82, 2006)
• Palmarès européen : Champion d’Europe (1968)
• Bilan Euro : 7 participations (1968, 80, 88, 96, 2000, 04, 08) ; 27 m, 8 v, 9 n, 10 d, 34 b.p.-32 b.c.
• Meilleure performance : Vainqueur en 1968
• Meilleur buteur : Pierluigi Casiraghi (2 buts en 1996), Francesco Totti et Filippo Inzaghi (2 buts en 2000), Antonio Cassano (2 buts en 2004)

Calendrier 1er tour 2012
– Dimanche 10 juin à 18h, Stade PGE Arena à Gdansk
Italie-Espagne
– Jeudi 14 juin à 18h, Stade Miejski à Poznan
Italie-Croatie
– Lundi 18 juin à 20h45, Stade Miejski à Poznan
Italie-Irlande

Le groupe de la qualification
G : Gianluigi Buffon, Juventus Turin
G : Morgan De Sanctis, Naples
G : Salvatore Sirigu, Paris SG (FRA)
G : Emiliano Viviano, Inter Milan
D : Luca Antonelli, Genoa
D : Federico Balzaretti, Palerme
D : Andrea Barzagli, Juventus Turin
D : Leonardo Bonucci, Juventus Turin
D : Mattia Cassani, Fiorentina
D : Giorgio Chiellini, Juventus Turin
D : Domenico Criscito, Zénith Saint-Petersbourg (RUS)
D : Lorenzo De Silvestri, Fiorentina
D : Cristian Molinaro, Stuttgart (ALL)
D : Andrea Ranocchia, Inter Milan
D : Gianluca Zambrotta, Milan AC
M : Alberto Aquilani, Milan AC
M : Daniele De Rossi, AS Rome
M : Christian Maggio, Naples
M : Claudio Marchisio, Juventus Turin
M : Stefano Mauri, Lazio Rome
M : Riccardo Montolivo, Fiorentina
M : Thiago Motta, Inter Milan
M : Antonio Nocerino, Milan AC
M : Angelo Palombo, Sampdoria Gênes
M : Simone Pepe, Juventus Turin
M : Andrea Pirlo, Juventus Turin
A : Mario Balotelli, Manchester City (ANG)
A : Marco Borriello, AS Rome
A : Antonio Cassano, Milan AC
A : Alberto Gilardino, Fiorentina
A : Sebastian Giovinco, Parme
A : Pablo Osvaldo, AS Rome
A : Giampaolo Pazzini, Inter Milan
A : Fabio Quagliarella, Juventus Turin
A : Giuseppe Rossi, Villarreal (ESP)
(35 joueurs utilisés)

Parcours en éliminatoires
1er du groupe C ; 26 points, 8 v, 2 n, 20 b.p.-2 b.c.
3.09.2011 : Estonie-Italie 1-2 (Cassano, Bonucci)
7.09.2010 : Italie-Iles Féroé 5-0 (Gilardino, De Rossi, Cassano, Quagliarella, Pirlo)
8.10.2010 : Irlande du Nord-Italie 0-0
12.10.2010 : Italie-Serbie 3-0 (par forfait, match arrêté à la 6e minute)
25.03.2011 : Slovénie-Italie 0-1 (Motta)
3.06.2011 : Italie-Estonie 3-0 (Rossi, Cassano, Pazzini)
2.09.2011 : Iles Féroé-Italie 0-1 (Cassano)
6.09.2011 : Italie-Slovénie 1-0 (Pazzini)
7.10.2011 : Serbie-Italie 1-1 (Marchisio)
11.10.2011 : Italie-Irlande du Nord 3-0 (Cassano 2, Aquilani)

Comment ils jouent
Dans le 4-3-1-2 de Cesare Prandelli, Gianluigi Buffon et Giorgio Chiellini sont les clés de voûte de la défense. Le jeune Andrea Ranocchia semble avoir gagné ses galons en charnière centrale, même si Leonardo Bonucci n’est pas oublié. Au milieu, la ligne de trois composée de Daniele De Rossi, Andrea Pirlo et Claudio Marchiosi ne manque ni d’expérience, ni de qualité technique, tandis que Riccardo Montolivo évolue un peu plus haut, en position de « trequartista » comme disent les Italiens, en soutien des attaquants. Et les pointes, justement ? Du fait des absences probables de Giuseppe Rossi et Antonio Cassano, le sélectionneur pourrait opter pour le duo Mario Balotelli-Giampaolo Pazzini, qu’il a testé en amical contre la Pologne. Mais rien, pour le moment, ne semble définitivement acquis ni figé dans ce secteur. Pablo Osvaldo, Alessandro Matri ou encore Sebastian Giovinco peuvent constituer d’autres pistes à suivre.

Le coach : Cesare Prandelli
• 54 ans
• En poste depuis juillet 2010
• Poste précédent : entraîneur de la Fiorentina

La décla
« On voulait éviter de croiser l’Irlande de Giovanni Trapattoni, c’est raté ! Je l’ai vu au moment du tirage au sort à Kiev, on était tous les deux du même avis mais voilà… Et puis il y a l’ogre espagnol. Nous les avons battus en amical au mois d’août (2-1) mais ils sont champions du monde et on les respecte énormément. On va probablement nous placer en favoris du groupe avec l’Espagne pour la qualification mais la Croatie et l’Irlande ne sont pas à mésestimer. Il s’agit de bonnes équipes avec un vrai potentiel. J’espère que Giuseppe Rossi et Antonio Cassano seront des nôtres car on avait, au cours des éliminatoires, trouvé un bon équilibre avec ces deux joueurs. » (Cesare Prandelli)

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