Étranger

Euro 2012 : Irlande (Groupe C), du bonheur dans l’Eire

Qualifiée pour son premier tournoi majeur depuis la Coupe du monde 2002, l’Irlande de Robbie Keane et Shay Given savoure et voit grand. Giovanni Trapattoni, son sélectionneur, le premier. So Irish !


Oubliée l’injustice terrible subie contre la France lors du barrage pour la Coupe du monde 2010 avec la main de Thierry Henry à la source du but décisif de William Gallas. Cette fois, l’Irlande tient sa qualification. En passant une nouvelle fois par la case « Barrages ». La cerise n’en est que plus sucrée. Certes, l’Estonie n’avait rien d’un foudre de guerre et l’occasion était trop belle mais quand même. Une victoire 4-0 à Tallin, ça ne court pas, tous les jours, les rues. A Dublin, non plus.
Deuxièmes du groupe B derrière la Russie, les Irlandais ont validé leur billet. Pour la première fois depuis 1988, ils font partie du Top 16 européen. En juin, ils vont disputer leur première phase finale d’un tournoi majeur depuis la Coupe du monde 2002 en Corée du Sud et au Japon. Ils sont cinq survivants de cette expédition. Shay Given, l’inamovible dernier rempart, Damien Duff, l’inoxydable patte gauche et blonde, Kevin Kilbane et Richard Dunne, deux guerriers des joutes arrières, et Robbie Keane, capitaine courage. Cinq papys remis en selle par le travail de longue haleine de Giovanni Trapattoni depuis quatre ans. L’Italien, autre vétéran du circuit (73 printemps le 17 mars et une petite alerte cardiaque il y a quelques mois), a redynamisé le foot au pays du trèfle.
Le « Trap » a même complètement reverdi en Irlande. A peine la qualification acquise, il a prolongé son bail jusqu’à la Coupe du monde 2014 au Brésil. Et il voit les choses en grand. « Je suis sûr que nous pouvons aller à l’Euro en ayant confiance dans notre jeu. On a une bonne mentalité, on a montré que l’on pouvait lutter contre les plus grands. » Sélectionneur de l’Italie en 2004 quand la Grèce a tout torpillé sur son passage, Trapattoni veut y croire. « Oui, pourquoi pas ? Il faudra s’engager à 100% mais pourquoi pas ? Aujourd’hui, je suis fier et très heureux de poursuivre mon travail avec la Fédération irlandaise. J’ai toujours dit que Marco (ndlr : Tardelli, son adjoint) et moi-même étions convaincus des qualités de ce groupe. Nous croyons fortement en tous les efforts consentis pour faire grandir et développer le jeu de l’équipe. »
Surmotivés comme à leur habitude, les petits hommes verts sont impatients d’en découdre, gonflés de certitudes, surtout en défense. A ce titre, le nul (0-0) rapporté du stade Loujniki de Moscou face à l’armada offensive russe a rassuré. Richard Dunne, l’un des piliers de la défense, explique : « C’est sûr que nous avons tous fait un gros match mais il faut quand même ressortir la performance de Shay (Given) dans les buts. Il est l’un des meilleurs gardiens du monde et depuis longtemps. Cette fois encore, il a réalisé des arrêts exceptionnels. On peut vraiment compter sur lui. »
Given dans le buts, Robbie Keane devant. Ne dit-on pas qu’il faut un grand gardien et un grand buteur pour faire une grande équipe ? En maternant ses leaders, Giovanni Trapattoni travaille à la fois dans la continuité et la sérénité. La progression est nette, bien au-delà de l’état d’esprit, même si c’est justement ce critère qui fait valeur d’étalon. Attention, il ne faudrait surtout pas réduire les performances des Irlandais à leur légendaire « fighting spirit ». Le onze d’aujourd’hui sait faire autre chose avec un ballon. D’abord – et c’est une caractéristique qui peut avoir son importance en juin prochain -, il y a la force de la continuité. Le fait de retrouver cinq joueurs présents lors de la Coupe du monde 2002 n’est pas anodin. Il y a la confiance née de quelques résultats contre les plus grands et l’injuste défaite face aux Bleus en novembre 2009 a elle aussi fait son œuvre. Il y a, surtout, cette formidable envie d’aller en découdre. Shay Given pose les gants et savoure : « C’était une longue campagne. Nous qualifier à Dublin a été quelque chose de très particulier. J’espère que ça va motiver tout le pays. Je n’ai aucun doute sur notre capacité à secouer les grosses cylindrées l’été prochain. » On n’en doute pas nous non plus.

L’équipe-type
Shay Given • 1,87 m, 81 kg • Aston Villa (ANG)

Kevin Kilbane • 1,84 m, 80 kg • Derby County (ANG)
Sean St Ledger • 1,83 m, 76 kg • Leicester (ANG)
Richard Dunne • 1,87 m, 95 kg • Aston Villa (ANG)
John O’Shea • 1,90 m, 75 kg • Sunderland (ANG)

Stephen Hunt • 1,75 m, 78 kg • Wolverhampton (ANG)
Glenn Whelan • 1,80 m, 76 kg • Stoke (ANG)
Aiden McGeady • 1,77 m, 71 kg • Spartak Moscou (RUS)
Damien Duff • 1,77 m, 60 kg • Fulham (ANG)

Kevin Doyle • 1,81 m, 80 kg • Wolverhampton (ANG)
Robbie Keane • 1,76 m, 73 kg • Los Angeles Galaxy (USA)

Euro star : Robbie Keane
Avec ses 53 buts en 113 sélections, il y a longtemps que Robbie Keane a fait oublier Tony Cascarino et sa dent en moins dans les pubs de Dublin. Robbie Keane, en Irlande, c’est un peu le pendant du Temple Bar. C’est sacré. Capitaine au long cours de la sélection, l’ancien emblème offensif des Spurs de Tottenham a mis le cap sur la Californie et en est revenu avec un titre. Champion des USA avec David Beckham et les L.A. Galaxy ! Ça le fait sur une carte de visite. Et ça ne l’empêche pas de rajeunir. L’Irlande va disputer sa première phase finale depuis 10 ans (Coupe du monde 2002) et Robbie, qui était déjà de la partie en Asie quand les Verts s’étaient hissés en 8es de finale, va plonger comme un junior dans son premier Euro. A le voir, au soir de la qualification contre l’Estonie en barrage, ça donnait envie. « Porter le brassard de capitaine et me qualifier pour un tournoi majeur, c’est probablement l’un de mes plus beaux moments sous le maillot de l’Irlande. Bravo à tous les gars qui l’ont amplement mérité. Maintenant, on peut se tourner vers la phase finale et je suis sûr qu’on va y faire quelque chose. » Numéro 10 dans le dos, numéro 9 dans l’âme, « 9 et demi » à l’Irlandaise. Déjà que pour un brunch footballistique de quartier, il a la bave aux lèvres… Pour son premier Euro, ça peut faire crunch ! La saison de MLS finie, Keane a fait une pige à Aston Villa.

Visa pour l’Euro
• Superficie : 70 273 km2
• Population : 4,7 millions d’habitants
• Capitale : Dublin
• Fédération : Football Association of Ireland
• Site Internet : www.fai.ie
• Année de fondation : 1921
• Affiliation FIFA : 1923
• Affiliation UEFA : 1958
• Classement FIFA : 21e
• Couleurs : maillot vert, short blanc, bas verts
• Equipementier : Umbro
• Palmarès mondial : néant
• Palmarès européen : néant
• Bilan Euro : 2 participations (1964, 1988) ; 5 m, 1 v, 1 n, 3 d, 3 b.p.-9 b.c.
• Meilleure performance : Quart de finaliste en 1964
• Meilleur buteur : Andy McEvoy (1 but en 1964), Ray Houghton (1 but en 1988), Ronnie Whelan (1 but en 1988)

Calendrier 1er tour 2012
– Dimanche 10 juin à 20h45, Stade Miejski à Poznan
Irlande-Croatie
– Jeudi 14 juin à 20h45, Stade PGE Arena à Gdansk
Irlande-Espagne
– Lundi 18 juin à 20h45, Stade Miejski à Poznan
Irlande-Italie

Le groupe de la qualification
G : Shay Given, Aston Villa (ANG)
G : Keiren Westwood, Sunderland (ANG)
D : Richard Dunne, Aston Villa (ANG)
D : Stephen Kelly, Fulham (ANG)
D : Kevin Kilbane, Derby County (ANG)
D : Darren O’Dea, Leeds (ANG)
D : John O’Shea, Sunderland (ANG)
D : Sean St Ledger, Leicester (ANG)
M : Keith Andrews, Ipswich (ANG)
M : Damien Duff, Fulham (ANG)
M : Keith Fahey, Birmingham (ANG)
M : Kevin Foley, Wolverhampton (ANG)
M : Darron Gibson, Manchester United (ANG)
M : Paul Green, Derby County (ANG)
M : Stephen Hunt, Wolverhampton (ANG)
M : Liam Lawrence, Stoke City (ANG)
M : James McCarthy, Wigan (ANG)
M : Aiden McGeady, Spartak Moscou (RUS)
M : Stephen Ward, Wolverhampton (ANG)
M : Glenn Whelan, Stoke City (ANG)
A : Simon Cox, West Bromwich Albion (ANG)
A : Kevin Doyle, Wolverhampton (ANG)
A : Robbie Keane, Los Angeles Galaxy (USA)
A : Andrew Keogh, Leeds (ANG)
A : Shane Long, West Bromwich Albion (ANG)
A : Jon Walters, Stoke City (ANG)
(26 joueurs utilisés)

Parcours en éliminatoires
2e du groupe B ; 21 points, 6 v, 3 n, 1 d, 15 b.p.-7 b.c.
Vainqueur en barrage de l’Estonie
3.09.2010 : Arménie-Irlande 0-1 (Fahey)
7.09.2010 : Irlande-Andorre 3-1 (Kilbane, Doyle, Keane)
8.10.2010 : Irlande-Russie 2-3 (Keane, Long)
12.10.2010 : Slovaquie-Irlande 1-1 (St Ledger)
26.03.2011 : Irlande-Macédoine 2-1 (McGeady, Keane)
4.06.2011 : Macédoine-Irlande 0-2 (Keane 2)
2.09.2011 : Irlande-Slovaquie 0-0
6.09.2011 : Russie-Irlande 0-0
7.10.2011 : Andorre-Irlande 0-2 (Doyle, McGeady)
11.10.2011 : Irlande-Arménie 2-1 (V. Aleksanyan c.s.c., Dunne)
Barrage :
11.11.2011 : Estonie-Irlande 0-4 (Andrews, Walters, Keane 2)
15.11.2011 : Irlande-Estonie 1-1 (Ward)

Comment ils jouent
Evidemment, quand on commence à parler de l’Irlande, on lève tout de suite les yeux au ciel. Dès que le ballon ne touche plus le sol, qu’il faut aller à la mailloche pour le boxer de la tronche au duel, front contre front, on veut avant tout éviter de croiser un homme en vert. A ce jeu, la charnière centrale est un peu lente mais terriblement complémentaire et athlétique. Pour la surprendre, mieux vaut passer au sol ou dans son dos. En tout cas, elle a pour habitude de défendre très bas. Sean St Ledger et Richard Dunne, quand même, faut se les farcir ces deux-là ! S’ils ont l’habitude de descendre leur bloc équipe très bas, de fermer la boutique dans le bon sens, c’est-à-dire de l’extérieur vers le cœur du jeu, les gaillards verts savent aussi ressortir balle au pied. Aiden McGeady et Ronnie Whelan en premier relais au milieu, il cherchent et trouvent la vitesse avec le roquet Damien Duff qui ne fait pas son âge. Devant, Robbie Keane, tout frais champion de MLS avec les Los Angeles Galaxy, s’est trouvé un compère d’attaque idéal en la personne de Kevin Doyle. Vraiment pas une mince affaire que de se les faire, ces Irlandais…

Le coach : Giovanni Trapattoni
• 72 ans
• En poste depuis mai 2008
• Poste précédent : entraîneur des Red Bull Salzbourg (AUT)

La décla
« Nous savions qu’avec notre classement, on aurait face à nous les équipes les plus fortes de cette compétition. Il y avait l’Angleterre, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne et nous avons donc tiré l’Espagne. Je pense que l’Irlande, l’Italie et la Croatie se battront pour la deuxième place qualificative. Je ne voulais pas affronter l’Italie pour des raisons techniques mais aussi pour des motifs psychologiques. On se connaît très bien et l’un de nous devra probablement quitter le tournoi. On verra… Ce qui est sûr, c’est qu’on jouera avec notre enthousiasme, notre volonté et notre identité. » (Giovanni Trapattoni)

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