Équipe de France

Euro 2012 : Danemark (Groupe B), entre chien et loup

Le groupe de Morten Olsen, qui a passé plus de 10 ans à la tête de l’équipe nationale, abordera l’Euro habité de quelques certitudes. Gare aux hommes du Nord qui ont forcé le Portugal à disputer les barrages…

125 matches. Plus d’une décennie à la tête de la sélection danoise. La toise grisonnante a blanchi. Elle fait maintenant mieux ressortir les grosses lunettes sombres. Mais la vision reste la même. Périphérique et générale. Huit ans après l’aventure portugaise, Morten Olsen mène à nouveau le Danemark au grand bal de l’Euro. Evidemment, on ne trouve pas une telle longévité dans la fonction parmi les quinze autres sélectionneurs. Il faut dire que l’ancien libéro d’Anderlecht (avec lequel il remporta la Coupe de l’UEFA en 1983 et trois titres de champion en 1981, 85 et 86) est un véritable monument du foot international en général et du foot danois en particulier. Avec 102 sélections au compteur, il fut le joueur le plus capé de l’histoire des Red Dynamites. Seuls Michael Laudrup (104) et Peter Schmeichel (129) ont fait mieux depuis. Idem pour Dennis Rommedahl, toujours en activité. Personne, en revanche, ne soutient la comparaison en tant que sélectionneur. Plus de 10 ans à la tête du Danemark, c’est vrai que ça laisse songeur. Inattaquable, indéboulonnable. Pour donner une idée du personnage, on pourrait dire que Morten Olsen au Danemark, c’est un peu Michel Platini pour la France.
Premiers du groupe H devant le Portugal, les Danois ont une nouvelle fois montré qu’il fallait toujours compter avec eux. Une seule défaite lors de la campagne éliminatoire et un match référence lors de la « finale » du groupe, à Copenhague, contre le Portugal (2-1 le 11 octobre 2011). Les Danois n’avancent pas vraiment masqués. Pas le genre de la maison Olsen de toute façon. Le boss a façonné une équipe à son image. Pragmatique, ambitieuse, foncièrement compétitrice. Il réussit à tirer la quintessence du groupe en panachant l’insouciance de la jeunesse et le poids de l’expérience. Le Danemark façon 2012 est un vrai patchwork. D’un côté, les vieux de la vieille, compagnie dans laquelle Christian Poulsen et Dennis Rommedahl montent fièrement la garde. De l’autre, les jeunes loups, insolemment emmenés par Christian Eriksen (en photo), la star montante. Le petit milieu de poche de l’Ajax, à mi-chemin entre Wesley Sneijder et Mario Götze, affirme son style à cette baguette que lui a bien volontiers tendue Morten Olsen. Le coach voulait savoir. La finale du groupe H, qui a vu le Danemark faire la leçon aux Portugais, est allée bien au-delà de ses espérances. Michael Krohn-Dehli (à surveiller, celui-là) et Nicklas Bendtner, après une action d’école de Eriksen et Rommedahl, ont donné le ton. Et voilà les Danish de nouveau Dynamites.
Dennis Rommedahl est aux anges : « Je vais apprécier chaque minute de cet Euro. C’est peut-être mon dernier grand tournoi, même si on m’a dit que j’étais encore jeune. » L’ex-grand attaquant du PSV Eindhoven, qui a débuté sa carrière internationale le 16 août 2000 (un Iles Féroé-Danemark chaud comme la braise, le premier match de l’ère Olsen), fut de toutes les aventures depuis. Coupe du monde 2002 (8e de finale), Euro 2004 (quart de finale), Coupe du monde 2010 (1er tour). A 33 ans, l’avant-centre de Bröndby incarne la joie de jouer de ce Drakkar version 2012. Une identité de jeu et un état d’esprit bien résumés aussi par le stoppeur du FC Nordsjaelland Andreas Bjelland, mieux qu’une doublure en charnière centrale. « Dans le championnat danois, je ne rencontre pas de joueurs de ce calibre, disait-il au sortir de ses face-à-face gagnants avec Nani, Joao Moutinho ou Cristiano Ronaldo. On a très bien joué et on a réussi à contrôler le ballon. Face à une équipe comme le Portugal, c’était une performance. Il faut que l’on prenne conscience de nos qualités. Nous sommes en confiance. »
Lars Jacobsen (32 ans), étiqueté « vieux de la vieille », témoigne : « Nous jouons tous ensemble, l’un pour l’autre. Contre le Portugal, on a fait preuve de courage et on méritait de gagner. » Des mots repris par Eriksen, jeune loup en chef : « J’ai compris à quel point il étaiot difficile de se qualifier. On a grandi match après match. » L’entente cordiale entre chiens et loups. Si bien que Morten Olsen, qui avait annoncé que cette campagne de l’Euro 2012 serait sa dernière à la tête de la sélection, a finalement décidé de prolonger son contrat jusqu’au Mondial 2014 au Brésil. Selon lui, c’est « le potentiel des joueurs danois » qui explique ce choix. Entre chiens et loups, toujours.

L’équipe-type
Thomas Sorensen • 1,95 m, 89 kg • Stoke (ANG)

Lars Jacobsen • 1,81 m, 76 kg • FC Copenhague
Simon Kjaer • 1,89 m, 82 kg • AS Rome (ITA)
Daniel Agger • 1,90 m, 83 kg • Liverpool (ANG)
Simon Poulsen • 1,84 m, 76 kg • AZ Alkmaar (P.-B.)

Michael Krohn-Dehli • 1,71 m, 68 kg • Bröndby IF
William Kvist • 1,84 m, 80 kg • Stuttgart (ALL)
Christian Poulsen • 1,82 m, 76 kg • Evian (FRA)
Christian Eriksen • 1,74 m, 72 kg • Ajax Amsterdam (P.-B.)

Nicklas Bendtner • 1,93 m, 84 kg • Sunderland (ANG)
Dennis Rommedahl • 1,78 m, 73 kg • Bröndby IF

Euro star : Nicklas Bendtner
Prêté à Sunderland par Arsenal depuis le 31 août dernier, le massif et longiligne attaquant danois n’a pas réussi à s’imposer totalement à la pointe de l’attaque des Gunners. La faute à la concurrence, explique Arsène Wenger. Bendtner était dans le même cas que Marouane Chamakh cette saison, impuissant face à l’efficacité monstrueuse de Robin Van Persie qui n’a pas d’équivalent quand il n’est pas blessé (of course). Au Danemark, Nicklas n’en a pas non plus. C’est sous le maillot de la sélection des U16, en 2004, qu’Arsenal avait repéré l’asticot. Il avait claqué 3 buts en 3 matches. En 2004 toujours, il enchaîne avec 6 pions en 15 rencontres chez les U17. Nommé Joueur de l’année de la catégorie, il devient le plus jeune capé de la sélection Espoirs du Danemark pour l’Euro 2006. Dans la foulée, il enfile la tunique de l’équipe A. Massif et longiligne, donc, Bendtner est très difficile à prendre au marquage. Vif et rapide, malgré son gabarit de bûcheron, il est également doté d’une technique et d’une souplesse de cheville qui rendent souvent la trajectoire de ses frappes illisibles pour les gardiens. On peut lui reprocher son manque d’efficacité. Mais on peut la redouter aussi. A raison. Il a été le meilleur buteur des éliminatoires avec Rommedahl (3 buts chacun) et forme, avec le papy de Bröndby, une paire rudement complémentaire.

Visa pour l’Euro
• Superficie : 43 100 km2
• Population : 5,5 millions d’habitants
• Capitale : Copenhague
• Fédération : Danish Football Union
• Site internet : www.dbu.dk
• Année de fondation : 1889
• Affiliation FIFA : 1904
• Affiliation UEFA : 1954
• Classement FIFA : 11e
• Couleurs : Maillot rouge, short blanc, bas rouges
• Equipementier : Adidas
• Palmarès mondial : Néant
• Palmarès européen : Champion d’Europe (1992)
• Bilan Euro : 7 participations (1964, 84, 88, 92, 96, 2000, 04) ; 24 m, 6 v, 6 n, 12 d, 33 bp-33 bc
• Meilleure performance : Vainqueur en 1992
• Meilleur buteur : Arnesen (3 buts en 1984), Larsen (3 buts en 1992), B. Laudrup (3 buts en 1996), Tomasson (3 buts en 2004)

Calendrier 1er tour 2012
– Samedi 9 juin à 18h, Stade Metalist à Kharkiv
Danemark-Pays-Bas
– Mercredi 13 juin à 18h, Stade de l’Arena à Lviv
Danemark-Portugal
– Dimanche 17 juin à 20h45, Stade de l’Arena à Lviv
Danemark-Allemagne

Le groupe de la qualification
G : Anders Lindegaard, Manchester UTD (ANG)
G : Thomas Sorensen, Stoke (ANG)
D : Daniel Agger, Liverpool (ANG)
D : Andreas Bjelland, Nordsjaelland
D : Nicolai Boilesen, Ajax Amsterdam (P.-B.)
D : Lars Jacobsen, FC Copenhague
D : Leon Jessen, Kaiserslautern (ALL)
D : Mathias Jörgensen, FC Copenhague
D : Simon Kjaer, AS Rome (ITA)
D : Per Kröldrup, Fiorentina (ITA)
D : Simon Poulsen, AZ Alkmaar (P.-B.)
D : Bo Svensson, Mayence (ALL)
D : Daniel Wass, Evian (FRA)
M : Thomas Enevoldsen, Groningue (P.-B.)
M : Christian Eriksen, Ajax Amsterdam (P.-B.)
M : Daniel Jensen, Novara (ITA)
M : Martin Jörgensen, AGF Aarhus
M : Thomas Kahlenberg, Wolfsburg (ALL)
M : Michael Krohn-Dehli, Bröndby IF
M : William Kvist, FC Copenhague
M : Kasper Lorentzen, Randers FC
M : Christian Poulsen, Evian (FRA)
M : Jakob Poulsen, AGF Aarhus
M : Lasse Schöne, NEC Nimègue (P.-B.)
M : Michael Silberbauer, Young Boys Berne (SUI)
M : Martin Vingaard, FC Copenhague
M : Niki Zimling, FC Bruges (BEL)
A : Nicklas Bendtner, Sunderland (ANG)
A : Mads Junker, Roda JC (P.-B.)
A : Peter Lövengrands, Newcastle (ANG)
A : Nickas Pedersen, Groningue (P.-B.)
A : Morten Rasmussen, Sivasspor (TUR)
A : Dennis Rommedahl, Bröndby IF
A : Morten Skoubo, OB Odense
(34 joueurs utilisés)

Parcours en éliminatoires
1er du groupe H ; 19 points, 6 v, 1 n, 1 d, 15 bp-6 bc
7.09.2010 : Danemark-Islande 1-0 (Kahlenberg)
8.10.2010 : Portugal-Danemark 3-1 (Carvalho c.s.c.)
12.10.2010 : Danemark-Chypre 2-0 (Rasmussen, Lorentzen)
26.03.2011 : Norvège-Danemark 1-1 (Rommedahl)
4.06.2011 : Islande-Danemark 0-2 (Schöne, Eriksen)
6.09.2011 : Danemark-Norvège 2-0 (Bendtner 2)
7.10.2011 : Chypre-Danemark 1-4 (Jacobsen, Rommedahl 2, Krohn-Dehli)
11.10.2011 : Danemark-Portugal 2-1 (Krohn-Dehli, Bendtner)

Comment ils jouent
De droite à gauche, Jacobsen, Kjaer, Agger et Simon Poulsen forment une ligne à la fois robuste, athlétique et pleine d’explosivité. Une ligne à l’image de l’équipe, panachage de jeunesse et d’expérience. Agger est le chef de bande. Simon Kjaer reste un grand espoir mais il a du mal à franchir un cap. Sa saison à la Roma, où il est prêté par Wolfsburg et où il était appelé à prendre la place de Philippe Mexès, doit le lancer vers l’Euro. Sinon… Au milieu, le Poulsen d’Evian fait office d’indéboulonnable grognard. Kvist fait le boulot à ses côtés alors que la pépite Eriksen est plus tournée vers l’avant. Le meneur de jeu de l’Ajax apporte, avec Krohn-Dehli, de la vitesse au jeu. Devant, Rommedahl et Bendtner célèbrent à leur manière l’identité de l’équipe : mélange de joueurs d’expérience et de jeunes loups.

Le coach : Morten Olsen
• 62 ans
• En poste depuis juillet 2000
• Poste précédent : entraîneur de l’Ajax Amsterdam (P.-B.)

La décla
« On a deux grands favoris dans notre groupe qui sont les Pays-Bas et l’Allemagne. Et puis il y a également le Portugal qu’on a battu plusieurs fois récemment mais qui reste une formation redoutable. Il faudra évidemment être au top et avoir tous nos meilleurs joueurs en forme à ce moment-là. Il nous faudra aussi un peu de réussite pour réussir à nous en sortir. Cela dit, ce n’est pas non plus un groupe facile pour nos adversaires et sur ce que j’ai pu voir après le tirage, mes trois homologues n’avaient pas le sourire eux non plus… » (Morten Olsen)

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