Étranger

Et Dieu créa Zlatan (9)

Et « Ibracadabra » devint Zlatan… A Paris, la star s’est transformée en megastar. Au-delà de ses statistiques affolantes, c’est un vrai phénomène qui embrase la capitale et toute la France du foot. Le joueur semble prendre une autre dimension encore. Zlatanesque.

Et d’un coup, les murs se mirent à trembler. C’était au cœur du mois de juillet. L’été avait bien du mal à arriver et puis d’un coup, ce fut la secousse tellurique. Orage mécanique et orgasme parisien. Après des heures et quelques nuits de négociation, le Paris SG officialise enfin la nouvelle. « Zlatan Ibrahimovic arrivera demain pour passer la visite médicale préalable à la signature de son contrat. »
En une phrase, un an après la prise de pouvoir qatarie, le PSG valide son entrée dans la cour des très grands. Zlatan Ibrahimovic, l’un des joueurs les plus chers du monde (le second, en fait, après Samuel Eto’o à l’Anzhi Makhachkala), débarque en Ligue 1. Et la Ligue 1 se fait toute petite. A Paris, on met les petits plats dans les grands. Conf’ de presse XXL au Parc des Princes programmée dans l’après-midi. La foule s’amasse dès le milieu de la matinée. Il se passe quelque chose dans les parages. Entre cris et chuchotements. Le calme avant la tempête.

« Je ne connais pas la Ligue 1 mais les joueurs de Ligue 1 me connaissent »
Et « Ibra », pendant c’temps-là ? A la Pitié-Salpétrière, toute la batterie de tests est passée avec succès. Comme par enchantement, Jésus apparaît presque à l’heure au Parc. « Je ne connais pas la Ligue 1 mais les joueurs de Ligue 1 me connaissent. Un grand merci au Paris SG et à Leonardo qui ont rendu possible l’impossible. Je rejoins une équipe de rêve qui continue de grandir. Qui aurait imaginé une telle équipe en France ? Je comprends que ce soit une grande chose pour les médias, qui m’ont poursuivi jusque chez moi, ce qui n’est pas normal. Je vais les poursuivre jusque chez eux… »
Dès ses premiers mots, « Ibra » se met la salle dans la poche. « Etre une star n’est pas important, c’est le club qui compte. J’aime jouer sous pression. Je suis impatient de découvrir Paris, une ville magnifique. » Deuxième flèche en plein cœur. Communication ciselée, naturelle, droit au but. Le mec parle comme il joue. Le 11 août, le rideau se lève sur la L1. Le PSG accueille Lorient. Zlatan soigne l’apéro. Premier match officiel en France et premier doublé. A peine quelques minutes jouées et le voilà déjà nouveau prince du Parc.

« C’est plus tactique en Italie, plus physique en France »
La suite ? Une montée en puissance. Début septembre (4e journée de L1), le LOSC accueille Paris dans son nouveau stade flambant neuf. Un 5 étoiles, taillé pour la Ligue des champions. Taillé pour Zlatan qui éparpille Mickaël Landreau façon puzzle. De prince du Parc à tonton flingueur. Tonton marque encore contre Toulouse (5e journée). Sur une jambe, il en remet deux et en offre un troisième sur l’île de Beauté (Bastia-PSG 0-4, 6e journée). Zlatan éclabousse tout, tout de suite. La 6e journée vient de se terminer, il affiche déjà 7 buts à son compteur personnel. « C’est plus tactique en Italie, plus physique en France. J’ai l’impression que les joueurs de Ligue 1 sont tous aussi grands et aussi forts que moi, même plus forts. Et qu’est-ce qu’ils courent ! » Heureusement…
Les hostilités sont aussi lancées en Ligue des champions (penalty pour ouvrir la marque contre le Dynamo Kiev, 4-1). Paris se branche à l’heure européenne, le PSG et toute la France se mettent en mode Zlatan. Le Suédois ne marque pas contre Zagreb ? Il délivre quatre passes décisives, un record en C1 ! A Marseille début octobre, « Ibra » plante encore deux buts venus d’ailleurs, de chez lui, pour un doublé de feu dans la braise du Vélodrome. Le prince du Parc devient le Roi Soleil. Son « Guignol » est la star de la rentrée sur Canal+. Même les académiciens s’arrachent leur queue de pie. De nouveaux noms (d’oiseau) fleurissent sur les écrans télé et forcément dans les cours d’école. « Zlatan tacle Ménez. Zlatan pas confiance Ménez. Ensuite, Zlatan zlatane trois défenseurs, Zlatan met une zlatane de 30 m dans le but. Le gardien est zlatané. 1-0 pour Zlatan. »

Il adore son « Guignol »
Ibrahimovic a regardé certaines séquences et s’est fait traduire ses propos par ses coéquipiers. Paraît qu’il l’adore, son « Guignol ». Il n’est pas le seul. En France, tout le monde est sous le charme. Jean-Pierre Papin « lui (donnerait) le Ballon d’or », les joueurs de Ligue 1 en ont plein les bottes et plein la bouche. Blaise Matuidi a de la chance, il évolue à ses côtés. « C’est un joueur extraordinaire ! Il débloque des situations à lui seul, on le voit à chaque match. Ce qu’il vient de réaliser, c’est juste incroyable. » Blaise parle sous le coup de l’émotion en découvrant l’incroyable quadruplé de son partenaire avec la Suède contre l’Angleterre en amical. Et ce dernier but de pirate, ce ciseau à près de 2 m du sol et 25 m des buts. « La première chose qui m’est venue en tête, c’est : « Dois-je aller au contact avec le gardien ou dois-je attendre qu’il touche le ballon ? » Finalement, il a touché le ballon et j’ai marqué. » Just do it, « Ibra ».

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