Étranger

Et Dieu créa Zlatan (8)

C’est un Zlatan Ibrahimovic surmotivé et revanchard après son expérience frustrante au Barça qui déménage en Lombardie. Deux saisons très marquantes au Milan, dans tous les sens du terme…

« Je ne saluerai pas Guardiola. Je suis impatient d’être à demain. Je suis très heureux de rejoindre le Milan AC. Milan m’a redonné le sourire. C’est l’un des clubs les plus forts du monde, encore plus prestigieux que Barcelone. Je rejoins Ronaldinho, Pato et Robinho, nous avons une attaque fantastique. Maintenant, tout ne dépend plus que de nous mais je pense que les tifosi vont prendre du plaisir au stade avec nous quatre. »
Fidèle à ses habitudes, Zlatan n’y va pas par quatre chemins lors de sa présentation officielle à l’AC Milan. Pan sur le bec de Pep Guardiola, histoire de remettre un peu d’huile sur un feu pas éteint. Et flèche en plein cœur de ses nouveaux supporters, les fans du Milan, pas malheureux de voir arriver dans leurs rangs le footballeur qui remporte tout, partout où il passe.

Remonté comme un coucou
Et les tifosi de l’Inter, alors ? « Je ne crois pas qu’ils pensent à moi. L’an passé, ils ont tout gagné. » Surtout la Ligue des champions, en terrassant le Barça et Zlatan en demi-finales. Cette coupe aux grandes oreilles qui se refuse décidément à lui. Insolente ! Pas grave, Zlatan a faim. « La situation née à Barcelone m’a donné beaucoup d’adrénaline. Je suis remonté comme un coucou et maintenant, mon rêve est de tout rafler avec le Milan. »
Ça commence bien : pour son grand retour dans le Calcio, il manque un penalty et le Milan perd à Cesena (2-0). Le Suédois devra patienter quatre jours pour ouvrir son compteur buts. Après ce come-back en Série A, le voici de retour en Ligue des champions. Face à lui, que des têtes inconnues. L’A.J. Auxerre. « Ibra » claque deux buts aux culs-terreux de France. L’histoire se remet en marche. Avec les trentenaires Gennaro Gattuso, Massimo Ambrosini et Andrea Pirlo au milieu, le Milan de Massimiliano Allegri ne se pose pas trente-six mille questions. La priorité, c’est de trouver Zlatan.

Le 4-3-3 d’Allegri est fait pour lui
En pointe, il se régale, tantôt dans le rôle du pivot, quand il oriente le jeu vers Alexandre Pato, Ronaldinho ou Robinho, tantôt dans celui du déménageur de surfaces, quand il décide de s’occuper de tout, tout seul. Le 4-3-3 d’Allegri est fait pour lui. Aussi, Zlatan entaille toutes les défenses. Quatorze buts et 13 passes décisives (!) viennent sucrer le bilan d’une première saison pleine. Champion d’Espagne ronchon en 2010, champion d’Italie revanchard en 2011. Il découvre la maison rossonera mais confirme qu’il connaissait déjà le patelin avec 22 buts et 15 passes décisives toutes compétitions confondues.
Massimiliano Allegri, son entraîneur d’alors, a des mots forts pour son (très fort) numéro neuf. « Il est fondamental pour nous. Il se sent important pour l’équipe et ce sentiment l’implique davantage. Il a transmis au Milan sa méchanceté sportive, son caractère bien trempé, l’envie de toujours tout gagner. » Dans les plus hautes sphères du club, autrement dit d’Adriano Galliani à Silvio Berlusconi, il jouit d’une attention toute particulière. Kakà, le fils spirituel du « Cavaliere », est parti au Real Madrid. « Ibra » prend le témoin et incarne le Milan qui gagne. « Il est tout simplement exceptionnel, renchérit Allegri. Dans la zone des 16,50 m, il n’est pas marquable. C’est impossible ! Il crée des espaces d’insertion pour ses partenaires quand il part sur un côté. Puis il y a des moments où il se place devant, tout seul. Là, il se fait donner le ballon. Tu es quasiment obligé de le lui donner. Il le tient et parvient à le conserver pour permettre à tout le bloc équipe de remonter le terrain. C’est un joueur exceptionnel. »

« Je me sentais tellement bien à Milan… »
Confirmé dans son rôle de « franchise player », Ibrahimovic soigne ses stats personnelles la saison suivante. Comme en 2009 avec l’Inter, il termine « capocannoniere », meilleur buteur du championnat d’Italie : 28 réalisations en 32 matches de championnat (!), plus 5 buts en 8 rencontres de Ligue des champions. Les chiffres enflent encore dans la colonne des passes décisives : 15 au total (10 en championnat, 5 en Coupe d’Europe).
En Italie, Zlatan affiche un total de 122 buts en 219 rencontres de championnat (0,56 par match). Un ratio impérial qui traduit l’emprise assez ahurissante du géant scandinave. Sa place est au chaud, à la Scala, aux côtés des plus grands. Milan occupe définitivement une place à part dans son cœur. « Je m’y sentais tellement bien… Moi, ma femme et mes enfants… C’était comme à la maison. Il s’agit d’un club fantastique. L’un de ceux où je me verrais bien revenir un jour. Je souhaite vraiment le meilleur pour le Milan AC et ses dirigeants. »

Un seul titre vous manque…
Pourtant, les Rossoneri ne sont pas champions. La Juventus de Pirlo, son ex-compère de jeu, réussit une saison d’intouchables (elle termine le championnat invaincue) et le Milan, longtemps à la lutte, doit s’incliner. Comme il plie, encore, en Ligue des champions. Intraitables face à Arsenal en 8es de finale aller (4-0, un but et trois passes décisives de Zlatan), les Italiens s’en sortent presque miraculeusement au retour, à l’Emirates (défaite 0-3). Ce ne sera qu’un sursis. En quarts de finale, le Barça de Lionel Messi zlatane tout sur son passage.
Deux ans après s’être fait bouter hors de la compétition par son ancienne équipe (contre l’Inter avec Barcelone), Zlatan revit le truc en couleurs. La Ligue des champions se refuse toujours à lui. Le seul trophée de club qui manque à un palmarès au moins aussi grand que lui. Pour l’instant ?

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