Étranger

Espagne : Opération reconquête (1)

Balayés en deux coups de cuillère à pot lors de la Coupe du monde au Brésil, les Espagnols ont perdu de leur superbe mais restent toujours tenants du titre européen. Et ils ne sont pas décidés à lâcher l’affaire comme ça !

C’est un peu comme si le rouge cramoisi du maillot avait pris un gros coup de Javel. Un peu terne, beaucoup plus fade. L’opération Brésil 2014 a tourné au cauchemar pour les Espagnols qui ont pris en plein visage ce que les mauvaises langues avaient susurré deux ans plus tôt, au moment de s’avancer vers l’Euro 2012 pour y réussir un improbable doublé, une première dans l’histoire. Mais là, stop. Au Brésil, pas de deuxième étoile mondiale sur le maillot. La Roja s’est écroulée. Comme ça, presque sans s’en apercevoir. Dominée par les Pays-Bas, martyrisée par le Chili. Un au revoir sans lendemain.
Comme les Bleus en leur temps, comme tous les champions, a fortiori dans les sports collectifs, qui dominent leur sujet à ce point pendant une période donnée. La première erreur et celle à ne surtout pas commettre, serait de jeter le bébé et toute l’eau du bain. Vicente del Bosque, maintenu à son poste par des dirigeants qui doivent donc connaître un minimum les choses du ballon, a tenu bon la barre. Il a gardé ses joueurs sous une pression positive, en sachant ne pas trop leur en mettre. Et la « Spanish team », qui était devenue, au Brésil, une caricature d’elle-même, est repartie au combat avec les mêmes armes et, surtout, avec la même philosophie de jeu. Même une défaite en Slovaquie en novembre 2014 n’a pas eu raison de tout cela.
Les voilà qualifiés haut les crampons, avec une seule petite défaite au compteur, justement, et neuf victoires. Ça s’appelle faire les choses bien. Mais pour remettre vraiment les compteurs à plat, c’est en juin prochain, face aux plus grands, qu’il faudra montrer qui ils sont. Le face-à-face tant attendu de novembre contre le numéro 1 mondial (la Belgique) ayant été annulé pour des raisons de sécurité, quatre jours après le vendredi 13 de Paris, il faudra patienter encore un peu pour les voir face à la crème de la crème. Mais on peut difficilement les en extraire. Parce que Vicente Del Bosque, parce que Sergio Ramos, Andres Iniesta, David Silva et les autres.
Et peut-être aussi parce que Diego Costa, le boucher de Stamford Bridge, qui s’est tellement bien adapté à la Seleccion qu’il a réussi à ne marquer qu’un seul but, au Luxembourg, au cours des éliminatoires, semble avoir perdu sa place en attaque pour de bon. Ce qui constitue une très bonne nouvelle pour les futurs adversaires des Espagnols, surtout les mous de la tempe et les moins bien lotis de la mâchoire. Mais c’est aussi une excellente nouvelle pour l’Espagne qui peut s’appuyer de nouveau, avec Paco Alcacer ou Alvaro Morata, sur des attaquants mobiles et techniques, qui respirent bien plus le foot que le brun bouclé de Chelsea.
Bon, il a aussi fallu digérer les retraites internationales de Xabi Alonso et Xavi Hernandez, pas les plus faciles à remplacer sur l’échiquier. Mais la maîtrise managériale de Del Bosque, qui sait faire tourner les talents au milieu avec Koke, Cesc Fabregas, Isco et Santi Cazorla – lequel réussit, pour le moment, une saison pleine à Arsenal -, fait mouche. Le boss semble avoir trouvé la recette. Ça peut, dans six mois, se transformer en deuxième effet Kiss Cool. Ou en retour de boomerang. En clair, à une phase de reconquête en règle. Si elle se déroule de façon aussi spectaculaire et violente que la chute du Brésil, il faudra compter sur eux pour un bon moment.

Populaires

Presse magazines

Société d’Édition de Sites Internet Musicaux et Sportifs

Vélo Tout Terrain Planète Cyclisme City Ride Ride it

© 2017-2018 Editions Blue Print / SESIMS

To Top