Étranger

Espagne : Le patron revient aux affaires

Les Espagnols ont dégagé un tel sentiment de puissance et de maîtrise au cours des qualifications que l’idée de leur retour en force n’est plus une rumeur. Favoris, assurément.

En maltraitant l’Italie lors des qualifications, l’Espagne a non seulement donné les premiers coups de pioche au-dessus de la Nazionale (qui se savait alors condamnée à la 2e place du groupe et donc au barrage, mais pas encore condamnée tout court) mais aussi envoyé au reste du monde comme un rappel à l’ordre, écrit en lettres d’or sur le papier bristol.
Ce 3-0, début septembre, récité face aux Italiens avait tout d’une démonstration de force. Tout ce qu’on savait l’Espagne capable de réussir mais qui avait disparu au fil des gadins en full HD, au Brésil déjà, avec ce retentissant fiasco en forme de mise à mort, puis en France lors du dernier Euro. Une nouvelle défaite contre la Croatie et cette élimination, dès les 8es de finale, face à… l’Italie. Mais ce 3-0 n’était pas une revanche. Juste la traduction de l’écart, immense, qui séparait les deux équipes ce soir-là. Un fossé qui sépare l’Espagne et le reste du monde quand les joueurs de la Roja atteignent ce niveau de maîtrise et se rapprochent à ce point de la perfection.
Tout le mérite de ce retour en grâce revient d’abord à Julen Lopetegui, qui a su relancer la machine après avoir été champion d’Europe avec les U19 en 2012 et les U21 en 2013 (et après avoir hérité d’une lourde succession). L’ancien coach du FC Porto a réussi le tour de force de redonner confiance à ses stars, tout en les remettant sur les rails des fondamentaux. Un pari osé quand on se souvient d’Espagne-Pays-Bas au Brésil…
Avec quelques retouches discrètes et une gestion au plus que parfait des forces en présence, Lopetegui a replacé la Roja au centre du jeu et du coup, il n’a plus d’autre option : il faut maintenant assumer le statut de favori. C’est la rançon à payer lorsqu’on envoie des signaux de ce calibre au reste du monde.
Un statut et une petite interrogation, quand même : comment la sélection va-t-elle se préparer dans le contexte politique et social tendu comme un fil à linge en pleine tempête dans la Mancha ? L’indépendance (?) de la Catalogne et Gerard Piqué en larmes, insulté à l’entraînement avec la sélection, à Madrid, c’était en octobre…

L’homme à suivre : David Silva
Il n’a pas les mêmes délires capillaires qu’Antoine Griezmann mais on doit bien l’avouer : la première fois, on a cligné de l’œil pour se persuader que c’était bien lui. Les cheveux ratiboisés, « Petit Chinois » était presque méconnaissable à l’entame de la saison avec Manchester City. Et puis, dès que le ballon s’est approché, on l’a tout de suite reconnu. Son toucher, sa vista, les différences abyssales qu’il creuse en une seule touche de balle… Ils ne sont pas beaucoup, avec ou sans mèches sur le haut du crâne, à en distiller autant à la minute. Le temps file pour lui aussi : en Russie, il fera partie des trentenaires. Mais le temps a-t-il une prise sur David Silva ? Il éteint toujours la concurrence, aussi bien à City, malgré l’arrivée de Bernardo Silva, qu’en sélection, où il y a foule aussi. C’est un modèle. Un artiste mais un modèle dont il faudra profiter, encore, en juin prochain.

Classement FIFA : 8

1er tour
Le 15 juin à 20h, Stade Ficht à Sotchi : Espagne-Portugal
Le 20 juin à 20h, Stade de Kazan : Espagne-Iran
Le 25 juin à 20h, Stade de Kaliningrad : Espagne-Maroc

Le chiffre : 51
C’était le 31 mars 1993, une défaite contre le Danemark. Depuis ? L’Espagne ne s’est plus inclinée en préliminaire de la Coupe du monde. Soit 40 victoires et 11 nuls pour 51 matches sans défaite. Glaçons, s’il vous plaît.

Comment ils jouent
L’absence longue durée de Daniel Carvajal, atteint d’une péricardite en septembre et au sujet duquel Zinédine Zidane veut prendre toutes les précautions au Real Madrid, oblige Julen Lopetegui à redessiner son couloir droit. Il a fait tourner pour voir, de César Azpilicueta à Nacho Fernandez en passant par Alvaro Odriozola. S’il y a prime à l’expérience, alors « Azpi » tient la corde. Sinon, c’est toujours la même limonade. Très pétillante, très sucrée. On a choisi ici un milieu Sergio Busquets-Andres Iniesta-Koke, on aurait pu mettre Saul Niguez, Thiago Alcantara et Sergi Roberto. Il y a du monde dans l’arène et surtout un niveau de jeu, dans l’expression collective, qui atteint à nouveau des sommets depuis quelques mois. Isco en pointe ? Oui puisqu’on ne touche pas aux fondamentaux, et c’est tellement mieux que Diego Costa…

Leurs éliminatoires
Zone Europe
1er du groupe G
28 pts, 9 v, 1 n, 36 bp-3 bc
5.09.2016 : Espagne-Liechtenstein 8-0 (Diego Costa 2, Sergi Roberto, David Silva 2, Victor Vitolo, Alvaro Morata 2)
6.10.2016 : Italie-Espagne 1-1 (Victor Vitolo)
9.10.2016 : Albanie-Espagne 0-2 (Diego Costa, Nolito)
12.11.2016 : Espagne-Macédoine 4-0 (Darko Velkovski c.s.c., Victor Vitolo, Nacho Monreal, Atritz Aduriz)
24.03.2017 : Espagne-Israël 4-1 (David Silva, Victor Vitolo, Diego Costa, Isco)
11.06.2017 : Macédoine-Espagne 1-2 (David Silva, Diego Costa)
2.09.2017 : Espagne-Italie 3-0 (Isco 2, Alvaro Morata)
5.09.2017 : Liechtenstein-Espagne 0-8 (Sergio Ramos, Alvaro Morata 2, Isco, David Silva, Iago Aspas 2, Maximilian Göppel c.s.c.)
6.10.2017 : Espagne-Albanie 3-0 (Rodrigo, Isco, Thiago Alcantara)
9.10.2017 : Israël-Espagne 0-1 (Asier Illarramendi)

Le coach : Julen Lopetegui
51 ans
Espagnol
En poste depuis juillet 2016
« C’est difficile mais le Mondial est comme ça. Avec le Portugal, le champion d’Europe, le Maroc qui a sorti la Côte d’Ivoire et l’Iran qui est la seule équipe à ne pas avoir encaissé de but. C’est le haut niveau. »

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