Équipe de France

Equipe de France : les grands gagnants de l’année 2014

Karim Benzema, Paul Pogba et Raphaël Varane ont soit affirmé, soit validé leur nouveau statut en équipe de France durant l’année 2014. Ça demande bien sûr confirmation mais ça mérite un Prix Spécial du Jury.

■ Karim Benzema
Il se dit « très fier » de sa première Coupe du monde. Avec 7 buts et 6 passes décisives, l’attaquant qui a le plus joué en équipe de France en 2014 est bien devenu le leader d’attaque longtemps espéré. Oubliée, la période de disette de 2013 et ses 1 222 minutes sans but en bleu. Avec un meilleur concours de circonstances, le Madrilène aurait même pu truster la 1ère place du classement des buteurs de la Coupe du monde au Brésil. Dans l’ordre : face au Honduras, un but de Noel Valladares contre son camp, suite à sa reprise de volée du gauche sur l’intérieur du poteau. Un penalty manqué devant la Suisse puis un but refusé par l’arbitre, qui a eu la mauvaise idée de siffler la fin du match sur une frappe terrible et victorieuse.
Surtout, Karim confirme depuis le début de la saison avec le Real Madrid, où il collectionne les meilleures notes, match après match, dans la presse espagnole et où il enchaîne les avant-dernières et les dernières passes autant que les buts, aux côtés de James Rodriguez, Christian Bale et Cristiano Ronaldo. Tout le monde s’accorde à dire, Carlo Ancelotti le premier, que « CR7 » ne signerait sans doute pas ses stats stratosphériques sans le Français.
Chez les Bleus, Benzema a confirmé avec un match très costaud contre l’Espagne et un but plein d’opportunisme face au Portugal. Mobile et plus léger dans ses déplacements, « il griffe la pelouse », comme le dit si bien Guy Stéphan. Et ça change tout. Karim avait donné le ton, finalement, lors de l’ouverture du bal, avec sa reprise toute en autorité, en pleine course, à l’entrée de la surface contre les Pays-Bas en mars (victoire 2-0). Il figure déjà dans le Top 10 des meilleurs buteurs de l’équipe de France et au rythme qui est le sien depuis un an, il ne va pas rester au 9e rang très longtemps. Avec 25 pions, il est à une longueur de Sylvain Wiltord, trois de Youri Djorkaeff, cinq de Jean-Pierre Papin et Just Fontaine.

■ Paul Pogba
Élu meilleur jeune joueur de la Coupe du monde au Brésil, Monsieur Paul n’est pas allé au bout de son rêve. Cette Coupe, il voulait la gagner. Partie remise, peut-être, tant le bonhomme respire le talent et le haut niveau. Bon, il respire l’envie de jouer aussi, un peu trop parfois, surtout dans les trente derniers mètres. Mais même Didier Deschamps ne lui en veut pas, c’est dire ! « Je sais que j’ai encore des choses à corriger, il faut que je tende vers plus d’efficacité », disait-il après sa copie presque parfaite contre l’Espagne, en septembre.
Dans un 4-3-3 à pointe basse, avec Blaise Matuidi à gauche et lui à droite, sa palette technique et son volume athlétique valent de l’or. Le Turinois se projette vers l’avant. Il a une qualité de frappe dont le plus haut niveau ne peut se passer et une qualité de passe, dans le jeu long notamment, assez bluffante, quel que soit le pied. Ajoutez une capacité d’élimination étourdissante. Pogba est capable d’enrhumer un joueur par une feinte de corps. De se sortir d’un petit périmètre avec une justesse technique de dribbleur. Paul sait tout faire. Il sait marquer, aussi : quatre buts et trois passes décisives pour lui en 2014. Notamment cette reprise décisive de la tête à Brasilia, contre le Nigeria, en 8es de finale de la Coupe du monde.
Il a prolongé son bail à la Juventus Turin, qui se dit très fière mais qui a surtout assuré ses arrières. Son départ semble ineluctable, l’Europe entière le réclame. Avec tout le respect que l’on a pour le maillot rayé noir et blanc, on ne voit pas comment Paul peut s’éterniser dans le Piémont si la « Vieille Dame » n’arrive pas à franchir le seuil de la grande porte en Ligue des champions.

■ Raphaël Varane
Le plus jeune capitaine de l’équipe de France après-guerre a enfilé le brassard comme ça, dans le vestiaire d’Erevan (Arménie), et personne n’a trouvé à y redire. Tellement logique. Tellement naturel. « Je n’ai pas hésité une seule seconde, expliqua Didier Deschamps. Le connaissant, je savais que ça n’allait pas le déséquilibrer pour courir. Il respire tellement la sérénité. C’est un peu hors normes. »
Désigné coupable sur le but de Matts Hummels à Rio, en quart de finale de la Coupe du monde, Raphaël Varane ne s’est pas défilé. Dès la fin du match, il a ouvert le micro. « Je perds le duel, il me pousse un peu, il peut y avoir faute. Mais j’aurais dû m’engager plus que ça. » À 21 ans, l’avenir lui appartient. À un point que l’on a rarement vu. Surtout à son poste où la force de l’âge constitue souvent la meilleure arme. Surtout à son niveau. Le Real Madrid est sa cantine depuis maintenant trois ans. Carlo Ancelotti, son coach, dit qu’il a « de la chance de disposer de trois des meilleurs défenseurs centraux du monde avec Pepe, Ramos et Rafa ». Le Rafa en question n’est pas gaucher, il ne s’appelle pas Nadal et il est bien français. Comme dirait Deschamps, « on a de la chance de l’avoir. Il faut en profiter. » Alors, profitons le plus longtemps possible.
Et puisse la prédiction de Lazslö Boloni être la bonne. L’entraîneur roumain assurait dans « L’Équipe », au lendemain de France-Portugal, un soir où « CR » avait mordu la poussière, que « Varane et Mangala (allaient) dépasser le couple Blanc-Desailly ». Pour mettre en relief les mots de l’ancien coach de Nancy, aujourd’hui entraîneur d’Al-Khor, au Qatar, rappelons que c’est lui qui avait lancé Cristiano Ronaldo au Sporting Portugal, Eliaquim Mangala au Standard de Liège et bombardé Varane titulaire à Lens, à 18 ans.

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