Équipe de France

Equipe de France : 2014, année de la reconquête (9)

On l’a dit et répété, cette équipe est née un 19 novembre 2013. Et ce n’était pas un mirage. Tout au long de 2014, les joueurs de Didier Deschamps ont montré une envie et un plaisir de jouer dont on avait perdu le souvenir. Ils ont étalé, parfois avec brio, des valeurs longtemps oubliées. C’est cette reconquête, approuvée par leurs supporters, que nous vous proposons de revivre. Rétro frisson avant de plonger vers l’Euro made in France.

Episode 9 • France-Portugal – Arménie-France, vendanges tardives
Un mois après l’Espagne, c’est le Portugal et Cristiano Ronaldo qui mordent la poussière au Stade de France. Les Bleus enchaînent avec deux nouvelles victoires. Karim Benzema, Paul Pogba et Raphaël Varane confirment qu’ils volent bien haut et André-Pierre Gignac soigne son retour. L’automne est millésimé bleu grand cru !

Dans sa logique de continuité, Didier Deschamps s’appuie toujours sur les Mondialistes. Mais le sélectionneur tricolore, ouvertement tourné, désormais, vers l’Euro 2016, rouvre la porte aux hommes en forme du moment et octobre se décline en mode OM. En l’absence de Hugo Lloris, blessé, Steve Mandanda prend place dans les buts bleus. Pour deux copies plutôt très propres, avec une parade somptueuse sur une tête à bout portant de Cristiano Ronaldo au Stade de France. Dimitri Payet est récompensé de son très bon début de saison phocéen et se retrouve ainsi titulaire en Arménie.
Mais à Erevan, c’est surtout le retour d’André-Pierre Gignac qui marque les esprits. Auteur de 10 buts sur les 10 premières journées de L1, le 9 tout neuf de l’OM s’offre un retour cinq étoiles. Deux passes décisives, un but sur son compteur personnel. « André-Pierre a confirmé la forme qu’il affiche avec son club. Il a été très intéressant dans le jeu, très mobile, et il est au top de sa condition physique. Il a fait beaucoup d’efforts, c’est très bien pour lui et pour l’équipe de France », insiste Deschamps.
Sinon ? On a vu un Raphaël Varane assez énorme contre le Portugal. Auteur d’un véritable sans-faute face à Cristiano Ronaldo qu’il a coupé dans les duels, dans l’anticipation et la justesse technique, comme dans les trajectoires, tout en vitesse. On a assisté à la naissance d’un joueur vraiment tout grand dans un Stade de France sous le charme. Quatre jours plus tard, Raphaël est devenu le plus jeune capitaine de l’équipe de France d’après-guerre (voir par ailleurs) et c’était tout sauf un hasard, comme le précisait encore « DD ». « Je n’ai pas hésité, j’avais décidé de faire une mi-temps avec Blaise (ndlr : Matuidi, le capitaine au coup d’envoi) et une avec Paul (Pogba). Il me semblait logique que ce soit lui qui prenne la succession au brassard, même s’il a 21 ans. Il sait que j’ai confiance en lui et il transpire tellement la tranquillité que je n’ai pas pris de risques. » Au final, une nouvelle victoire de prestige, un mois après l’Espagne. Et une nouvelle démonstration de force avec huit changements au coup d’envoi quatre jours après. Du tout bon pour ces Bleus qui maintiennent à la fois le niveau d’exigence et la courbe des résultats (une seule défaite en 2014 pour le moment, en quart de finale du Mondial contre l’Allemagne).
Patrice Évra, le plus ancien de la maison, posait un œil lucide et avisé sur cette année bleue haute en couleurs. « On se fait plaisir et on fait plaisir aux Français. Depuis ce match contre l’Ukraine (ndlr : en novembre 2013, 3-0 en barrage retour pour la Coupe du monde), on sent ce déclic très présent. On s’entend bien, il y a un bon état d’esprit et on sait que la vérité est sur le terrain. On ne va pas gagner tous les matches mais je peux vous garantir qu’on donnera tout à chaque fois. La star, c’est l’équipe. Si on fait, chacun, les sacrifices nécessaires, ça devient très difficile de nous bouger. On n’est pas les plus nuls, on n’est pas les meilleurs mais on est l’équipe de France et on défend ce maillot plus que tout. »

Les fiches des matches
Le 11 octobre au Stade de France, à Saint-Denis, France-Portugal 2-1 (1-0).
78 000 spectateurs.
Arbitre : M. Marciniak (POL).
Buts : Benzema (3e) et Pogba (69e) pour la France ; Quaresma (77e s.p.) pour le Portugal.
Avertissements : Cabaye (28e), Mangala (34e) pour la France.
France : Mandanda – Sagna, Varane, Mangala, Évra – Pogba, Cabaye (Sissoko, 71e), Matuidi (cap.) – Valbuena (Payet, 58e), Benzema (Gignac, 90e), Griezmann (Schneiderlin, 85e).
Sélectionneur : Didier Deschamps.
Portugal : Rui Patricio – Cedric, Pepe, Bruno Alves (Ricardo Carvalho, 46e), Eliseu – Tiago (Eder, 68e), Moutinho, Andre Gomes – Nani (Quaresma, 68e), Danny (Vieirinha, 85e), Cristiano Ronaldo (cap.) (Mario, 76e).
Sélectionneur : Fernando Santos.

Le 14 octobre au Stade de la Liberté, à Erevan, Arménie-France 0-3 (0-1).
8 000 spectateurs.
Arbitre : M. Kovacs (ROU).
Buts : Rémy (8e), Gignac (56e s.p.) et Griezmann (83e) pour la France.
Avertissements : Sissoko (4e) et Jallet (79e) pour la France ; Voskanian (26e) et Dashian (65e) pour l’Arménie.
Arménie : Berezovski (cap.) (Kasparov, 61e) – Haroyan, Arzoumanian, Voskanian, Hayrapetian – Hovannisian, Mkrtchian (Aslanian-Mamedov, 90e), Iedigarian (Dashian, 58e) – Sarkisov (Hambardzoumian, 65e), Pizzelli (Karapetian, 82e), Simonian (Hovsepian, 69e).
Sélectionneur : Bernard Challandes (SUI).
France : Mandanda – Jallet, Varane, Mathieu, Digne – Schneiderlin, Matuidi (cap.) (Pogba, 46e), Payet (Cabella, 60e) – Sissoko (Griezmann, 60e), Gignac (Benzema, 87e), Rémy (Valbuena, 73e).
Sélectionneur : Didier Deschamps.

Zone mixte
André-Pierre Gignac : « C’est une belle victoire ce soir (à Erevan) avec trois buts marqués, aucun encaissé. Vu ma timidité face à la Géorgie l’an passé (ndlr : quand Didier Deschamps l’avait rappelé, il était entré en jeu sans forcément briller, 0-0 au coup de sifflet final), j’avais envie de me montrer, de prouver que j’avais acquis beaucoup d’expérience. J’ai pris mes responsabilités. Je suis heureux pour l’équipe, je suis content de moi aussi. Côtoyer un groupe qui vit aussi bien, c’est exceptionnel. Je me sens comme un poisson dans l’eau. »

Les mots du coach
Didier Deschamps : « J’ai eu, au cours de ces dix jours de stage, la confirmation que les joueurs avaient du plaisir à se retrouver ensemble, sur comme en dehors du terrain. Il y a eu quelques changements mais ceux qui arrivent se sentent à l’aise parce qu’ils sont bien acceptés. Je n’ai rien découvert. Il y a une dynamique, on continue à être performants. Après l’Espagne, on bat le Portugal au Stade de France dans un stade plein. Les gens viennent, nous supportent, sont heureux de nous voir. Il faut qu’on entretienne cela. »

Un chiffre : 18
Paul Pogba (buteur contre le Portugal et à l’origine du penalty en Arménie) et Blaise Matuidi (capitaine contre le Portugal et l’Arménie, jusqu’à sa sortie à la mi-temps à Erevan) ont pris part aux 18 derniers matches des Bleus. Meilleure série en cours, en octobre.

Le saviez-vous ?
En prenant le brassard de capitaine à la pause du match à Erevan contre l’Arménie, suite à la sortie de Blaise Matuidi, Raphaël Varane est devenu le deuxième capitaine le plus jeune de l’histoire de l’équipe de France. Pas le plus jeune ? Non. Le 3 avril… 1910, Etienne Jourde portait le brassard, contre la Belgique, à 20 ans.

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