Équipe de France

Equipe de France : 2014, année de la reconquête (8)

On l’a dit et répété, cette équipe est née un 19 novembre 2013. Et ce n’était pas un mirage. Tout au long de 2014, les joueurs de Didier Deschamps ont montré une envie et un plaisir de jouer dont on avait perdu le souvenir. Ils ont étalé, parfois avec brio, des valeurs longtemps oubliées. C’est cette reconquête, approuvée par leurs supporters, que nous vous proposons de revivre. Rétro frisson avant de plonger vers l’Euro made in France.

Episode 8 • France-Espagne • Serbie-France : Très classe, la rentrée !
En s’offrant le scalp de l’Espagne dans un Stade de France tout acquis à la cause de ses « Brésiliens », les hommes de Didier Deschamps confirment leur élan. Et ils maintiennent la dynamique des résultats.

Au départ, il y a eu la volonté de « Coach DD » de rappeler les 23 du Brésil. « C’est un match de rentrée et les joueurs qui étaient présents à la Coupe du monde méritent tous d’être là. » A l’exception, donc, de Mickaël Landreau, tout jeune retraité, et d’Olivier Giroud, fraîchement opéré du pied, tous les joueurs présents au Mondial brésilien sont convoqués. Il faut ajouter le retour de Steve Mandanda (à la place de Landreau), qui avait manqué l’avion pour Rio au soir de la dernière journée de championnat contre Guingamp, victime d’une fissure aux cervicales dans un choc avec Mustapha Yatabaré. Il faut ajouter, aussi, celui d’Alexandre Lacazette (pour Giroud) qui faisait, lui, partie de la liste des sept réservistes, en mai à Clairefontaine.
L’idée : présenter les Mondialistes en chair et en os au public français et savourer une bonne grosse ovation du Stade de France au moment d’affronter l’Espagne. Ce sera chose faite, avec la manière en plus. Ce match est très bien maîtrisé par les Bleus. Ils ont su courber l’échine, face à certaines séquences de conservation de balle très anesthésiantes de la Roja, avant de porter l’estocade sur une superbe frappe enroulée de Loïc Rémy. Qui s’offre lui aussi une rentrée très digne : signature le dimanche à Chelsea, but à Saint-Denis le jeudi. Mathieu Valbuena, qui s’était rencardé auprès de son sélectionneur avant de signer au Dynamo Moscou, y va de sa passe décisive.
Les Bleus soignent les stats et la manière, comme en atteste Mathieu Debuchy, le nouveau Gunner : « Nous avons réussi à garder un bel état d’esprit, sur la lancée de la Coupe du monde. On avait à cœur de gagner devant notre public. On a souffert mais on a su rester solidaires. Il y avait beaucoup d’intensité. C’est une victoire importante pour marquer les esprits. » Paul Pogba, impressionnant de facilité dans le cœur du jeu, lui emboîte le pas : « L’Espagne est une grande équipe mais on ne les a pas laissés jouer. Le résultat confirme notre progression. On est très bien ensemble et ça se sent sur le terrain, vu la façon dont on se trouve. Nous formons vraiment une famille. »
Une smala qui sera mise à rude épreuve quatre jours plus tard à Belgrade, sur la pelouse défoncée du stade du Partizan, face à la furia serbe. Elle rapportera quand même un bon nul. Pourquoi ? En sept matches disputés à Belgrade, contre la Yougoslavie ou la Serbie, la France ne l’a jamais emporté. Trois nuls, quatre défaites. Une rencontre comme un test, avec une équipe largement remaniée et forcément des enseignements à tirer. Comme la bonne note attribuée à… Jérémy Mathieu, appelé de la dernière heure pour pallier le forfait de Laurent Koscielny. Il a prouvé à Belgrade qu’il n’était pas un titulaire par défaut à Barcelone. Deschamps implique tout le monde et se tourne, à partir de maintenant, vers l’Euro 2016.

Les fiches des matches
Le 4 septembre au Stade de France, à Saint-Denis, France-Espagne 1-0 (0-0).
75 000 spectateurs.
Arbitre : M. Bieri (SUI).
But : Rémy (73e) pour la France.
Aucun avertissement.
France : Lloris (cap.) – Debuchy, Varane, Sakho, Évra (Digne, 68e) – Pogba, Matuidi (Cabaye, 68e) – Sissoko (Schneiderlin, 78e), Valbuena, Griezmann (Rémy, 58e) – Benzema.
Sélectionneur : Didier Deschamps.
Espagne : De Gea – Carvajal, San José, Sergio Ramos (cap.), Azpilicueta – Busquets (Iturraspe, 46e), Koke, Fabregas (Pedro, 68e) – Raul Garcia (David Silva, 58e), Cazorla (Isco, 78e) – Diego Costa (Alcacer, 68e).
Sélectionneur : Vicente Del Bosque.

Le 7 septembre au Stade du Partizan, à Belgrade, Serbie-France 1-1 (0-1).
12 500 spectateurs environ.
Arbitre : M. Stark (ALL).
Buts : Kolarov (80e) pour la Serbie ; Pogba (13e) pour la France.
Avertissements : Nastasic (64e), Djuricic (76e) pour la Serbie ; Cabaye (66e), Pogba (72e) pour la France.
Serbie : Stojkovic – Ivanovic (cap.), S. Mitrovic, Nastasic, Kolarov – Gudelj (Kuzmanovic, 61e), Matic – Z. Tosic, Tadic (Djuricic, 61e), Markovic (Ljajic, 86e) – Djordjevic (A. Mitrovic, 75e).
Sélectionneur : Dick Advocaat.
France : Lloris (cap.) – Sagna, Varane, Mathieu, Digne – Pogba (Matuidi, 74e), Cabaye, Schneiderlin – Sissoko (Valbuena, 82e), Rémy (Benzema, 61e), Cabella (Lacazette, 61e).
Sélectionneur : Didier Deschamps.

Zone mixte
Mamadou Sakho : « On a réussi un match très costaud face à une belle équipe d’Espagne. On sait que c’est toujours compliqué contre eux mais nous avons su rester concentrés pendant la tempête. Ils ont des phases de conservation toujours importantes, voire impressionnantes. On a fait les efforts ensemble, on était vraiment heureux de se retrouver après la Coupe du monde et je pense que cela s’est vu. En tout cas, ça se ressentait sur le terrain. On essaie de pratiquer notre football. Loïc marque un super but, sur une belle action collective. On est là. Nous sommes super contents d’avoir partagé cette belle victoire devant et avec notre public. »

Les mots du coach
Didier Deschamps : « Il y a beaucoup de satisfaction suite à ce stage de rentrée. Les joueurs se connaissent tous depuis deux ans, il existe une base, c’est important. Ils ont envie de faire des choses ensemble, avec des objectifs communs. Il y a une vraie vie de groupe. Pour mon staff et moi, c’est un plaisir de les voir évoluer. Ils s’impliquent au quotidien, il y a cette unité de pensée et cette unité d’objectif que l’on doit travailler et maintenir. Les matches amicaux ? On ne les joue pas juste pour participer. Ceux qui commencent, ceux qui rentrent ont l’obligation de tout donner et d’être performants. Après, le résultat n’est pas une science exacte. Gagner, c’est dur au haut niveau. »

Un chiffre : 1
C’est à Belgrade que Rémy Cabella, qui avait remplacé Clément Grenier dans la liste des 23 pour la Coupe du monde, a connu sa première titularisation chez les Bleus. Sur le papier comme sur la pelouse ou plutôt le champ de patates, cela n’avait rien d’un cadeau. Mais le nouveau Magpie s’en est plutôt bien sorti.

Le saviez-vous ?
Depuis quand la France n’avait-elle plus battu l’Espagne ? Cela faisait huit ans et deux mois. Depuis le 27 juin 2006 et le huitième de finale de Coupe du monde qui devait envoyer Zinédine Zidane à la retraite (victoire 3-1 à Hanovre grâce à Franck Ribéry, Patrick Vieira et Zidane). Depuis, ils restaient sur un nul (1-1 à Madrid en qualifications pour la Coupe du monde 2014, en octobre 2012) et quatre défaites (0-1 le 26 mars 2013 en qualifications pour la Coupe du monde à Saint-Denis, 0-2 le 23 juin 2012 à Donetsk à l’Euro, 0-2 le 3 mars 2010 au Stade de France en amical et enfin 0-1 le 6 février 2008 à Malaga, toujours en amical).

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