Équipe de France

Equipe de France : 2014, année de la reconquête (7)

On l’a dit et répété, cette équipe est née un 19 novembre 2013. Et ce n’était pas un mirage. Tout au long de 2014, les joueurs de Didier Deschamps ont montré une envie et un plaisir de jouer dont on avait perdu le souvenir. Ils ont étalé, parfois avec brio, des valeurs longtemps oubliées. C’est cette reconquête, approuvée par leurs supporters, que nous vous proposons de revivre. Rétro frisson avant de plonger vers l’Euro made in France.

Episode 7 • France-Allemagne, la Mannschaft siffle la fin de la récréé
Un but précoce de Matts Hummels sur coup de pied arrêté d’abord, Manuel Neuer en mur de Berlin ensuite : les Bleus se sont cassé les dents sur la Mannschaft. Leur Coupe du monde s’arrête en quarts de finale et les regrets sont déjà éternels.

Antoine Griezmann est inconsolable. Il marche, il erre, perdu dans l’infini vert. Jamais le Maracana n’a paru aussi gigantesque. Pourtant, il a donné des frissons, voire le vertige à beaucoup depuis le début du tournoi. Mais là, la chute est trop lourde, le réveil trop brutal. Et le réveil fait mal. M. Pitana, l’arbitre argentin du premier quart de finale de Coupe du monde, vient de porter le sifflet à sa bouche. La rencontre est terminée et les Bleus sont éliminés. Fin de la récré. En face, les maillots blancs, avec un peu de rouge, un peu de jaune et un peu de noir autour. C’est l’Allemagne qui se retrouve dans le camp des vainqueurs. Et l’odeur des regrets qui titille les naseaux bleus porte en elle le goût du réchauffé. Le bourreau est allemand, alors les regrets sont un peu plus éternels encore.
Parce que les Bleus n’ont pas su répondre à l’ouverture du score précoce de Matts Hummels, dès le premier quart d’heure, parce qu’ils n’ont jamais su forcer le verrou Manuel Neuer, cette espèce de gardien de hand au pays du football, parce qu’ils n’ont pas su forcer leur destin, les voilà totalement abattus au moment de rejoindre les vestiaires de ce Maracana qu’ils s’étaient approprié dans leurs rêves les plus doux.
La gifle infligée à la Suisse avait fait naître une confiance assez folle dans les rangs tricolores. C’est entre le deuxième et le troisième match de poule contre l’Équateur que Didier Deschamps a dû le plus s’employer pendant cette Coupe du monde, avec l’unique ambition de calmer les ardeurs. Et voilà les Bleus qui restent à quai, au moment où l’aventure pouvait basculer dans l’épopée. En larmes. Inconsolables.
Même après une douche que l’on devine très silencieuse, Blaise Matuidi est apparu marqué comme rarement après une défaite. Avec un silence long et lourd entre chaque phrase. Avec les yeux fuyants mais toujours bien rouges. « Ça s’est joué à quoi ? À très peu, des détails. On a tout donné, tout donné jusqu’au bout. Ce serait tellement plus simple de dire : « Il n’y a pas eu photo ». Mais là, non, ce n’est pas le cas. On s’est un peu lâchés en seconde période, seulement les Allemands avaient déjà marqué. Il fallait revenir et on n’a pas su le faire. On a joué le tout pour le tout mais ils ont su rester compacts. Nous sommes vraiment tristes. Mais on doit aussi être très fiers de ce qu’on a réalisé pendant cette Coupe du monde. Maintenant, il faut digérer… J’avais vraiment envie d’aller au bout avec cette équipe. »
Relever les yeux, regarder devant. Mathieu Valbuena passe derrière Blaise avec lui aussi pas mal de rouge dans les pupilles. « Il faut que l’on soit fiers de ce qu’on a fait et que l’on conserve tout cela pour continuer à avancer. Nous avons montré un état d’esprit, tout au long de ces dernières semaines, qui doit constituer notre moteur. » Rendez-vous en septembre, donc, pour remettre le tablier bleu. Mais là, dans les entrailles du Maracana, entre les effluves de gel douche et les larmes, pas besoin de rajouter grand-chose. La récré est terminée. Et elle était drôlement bien, cette récréé…

La fiche du match
Le 5 juillet au Maracana, à Rio de Janeiro, France-Allemagne 0-1 (0-1).
74 240 spectateurs.
Arbitre : M. Pitana (ARG).
But : Hummels (12e).
Avertissements : Khedira (54e) et Schweinsteiger (80e) pour l’Allemagne.
France : Lloris (cap.) – Debuchy, Varane, Sakho (Koscielny, 72e), Évra – Pogba, Cabaye (Rémy, 73e), Matuidi – Valbuena (Giroud, 85e), Benzema, Griezmann.
Sélectionneur : Didier Deschamps.
Allemagne : Neuer – Lahm (cap.), J. Boateng, Hummels, Höwedes – Schweinsteiger, Khedira – T. Müller, Kroos (Kramer, 90e +2), Özil (Götze, 83e) – Klose (Schürrle, 69e).
Sélectionneur : Joachim Löw.

Zone mixte
Hugo Lloris : « Là, l’ambiance est assez lourde, il y a beaucoup de tristesse. C’est d’autant plus frustrant qu’on a livré un bon match et une belle performance. Nous étions un peu timorés au début du match. Par la suite, on a manqué de réalisme. Mais on a quand même réalisé de très belles choses, on a montré un beau visage et il ne nous a pas manqué grand-chose face à une grande équipe européenne. Il va falloir du temps pour évacuer la déception mais on doit garder tout ce qui a été bon dans l’optique de l’Euro 2016. »

Les mots du coach
Didier Deschamps : « Un rien a fait la différence. C’est le haut niveau. En face, il y avait une formation qui possédait plus d’expérience que la nôtre. On a été un peu timides au début. Par la suite, nous avons réalisé beaucoup de bonnes choses mais on n’a pas eu la réussite. Neuer a aussi fait les parades qu’il fallait. Il y a un sentiment de frustration chez les joueurs car l’écart n’était pas si important que cela. Mais à l’arrivée, on va s’arrêter là et eux vont continuer. N’empêche, je suis très fier de ce qu’ont proposé les joueurs sur le terrain comme en dehors. Un groupe est né avec la qualification contre l’Ukraine (en novembre 2013). Il faut maintenir cet état d’esprit et cette qualité. C’est dur, bien sûr, de vivre des moments comme celui que nous traversons. Je veux retenir tout le positif que j’ai pu voir depuis que nous avons posé les pieds au Brésil le 9 juin. Je ne peux pas enlever ce sentiment de tristesse aux joueurs mais il ne faut pas oublier tout ce que l’on a fait de bien et même de très bien jusque-là. »

Un chiffre : 3
Les Français ont cadré trois tirs de plus que les Allemands (9 contre 6). Pas assez toutefois pour s’inviter dans le dernier carré du Mondial.

Le saviez-vous ?
Hugo Lloris et Karim Benzema sont les seuls, parmi les 23 Bleus, à avoir disputé l’intégralité des rencontres de l’équipe de France au Brésil, soit 450 minutes.

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