Équipe de France

Equipe de France : 2014, année de la reconquête (6)

On l’a dit et répété, cette équipe est née un 19 novembre 2013. Et ce n’était pas un mirage. Tout au long de 2014, les joueurs de Didier Deschamps ont montré une envie et un plaisir de jouer dont on avait perdu le souvenir. Ils ont étalé, parfois avec brio, des valeurs longtemps oubliées. C’est cette reconquête, approuvée par leurs supporters, que nous vous proposons de revivre. Rétro frisson avant de plonger vers l’Euro made in France.

Episode 6 • France-Nigeria, le quart de la rédemption
Longtemps tendus, contrés par la vitesse et les gabarits nigérians, les Bleus patientent avant d’accélérer en fin de match, pour faire la décision. Ils sont en quarts de finale de la Coupe du monde et ils ont rendez-vous à Rio.

Il y a des victoires à 3 points, des nuls vraiment pas bons, d’autres qui auraient mérité meilleur sort. Des défaites au goût amer, des fessées douloureuses mais ô combien instructives. Il y a des matches à élimination directe et des matches à élimination directe que l’on finit dans la peau du qualifié. À Brasilia, dans la touffeur de 13h et dans celle de ce stade Mané-Garrincha aussi réussi qu’impressionnant, Hugo Lloris s’était échauffé à l’ombre. Heureux au tirage ? À l’heure de sortir de la douche, le costume bien porté mais la cravate dans la poche, il y avait bien longtemps qu’il avait oublié l’échauffement. Il fallait voir les visages bleus.
Creusés, cernés, un peu cramoisis, même, pour certains. Mais heureux, légers et fiers comme des têtes de vainqueurs. Ému, Hugo ? Il n’en semblait pas loin. « C’est un moment fort, un moment rare. » Lui qui n’avait disputé qu’une seule rencontre à la vie, à la mort avec le maillot bleu (à l’Euro 2012, défaite 0-2 en quarts de finale contre l’Espagne), lui qui en a tellement bavé depuis ses débuts d’international (éliminé au 1er tour de l’Euro 2008 et de la Coupe du monde 2010, évidemment) savoure l’instant présent.
Les Bleus, fringants 1ers de leur groupe, ont assumé leur statut de favori face au Nigeria. Ils sortent du vestiaire la cravate en bandoulière mais le sourire aux lèvres. La victoire a été arrachée en fin de match mais c’est une victoire en 8es de finale de la Coupe du monde. Yohan Cabaye déboule à son tour. « Comme nous l’a dit le coach dans le vestiaire, il faut savourer cette qualification parce qu’il y a quelques mois encore, personne ne nous voyait au Brésil. On revient de loin. Là, on se qualifie, on marque deux buts, on n’en prend aucun. »
Avec un premier travail de sape initié par Olivier Giroud, aligné en pointe aux côtés de Mathieu Valbuena et Karim Benzema puis un effet seconde lame avec l’entrée d’Antoine Griezmann à l’heure de jeu. Entrée qui a dynamité les monstres nigérians. « Ah oui, on est tombé sur des monstres, note Antoine, le Fifi Brindacier des Bleus. Mais on a réussi à les fatiguer. Olivier et Karim ont super bien bossé et moi, j’ai pu en profiter. » Avec ce but qui n’était pas le sien (Joseph Yobo contre son camp dans le temps additionnel) mais qui lui appartenait pour beaucoup, Griezmann a libéré pour de bon le camp tricolore. Paul Pogba avait crevé l’abcès dix minutes plus tôt. Corner de Valbuena. Vincent Enyeama, le mur, se déchire un peu. Au second poteau, Paul s’applique comme rarement pour pousser le ballon de la tête, assez fort pour faire trembler les filets.
« C’est une grande joie, glissait Karim Benzema. On fait partie des huit meilleures équipes du monde. Nous sommes fiers. C’était un match difficile, surtout avec la chaleur et ce coup d’envoi à 13h. Mais on a su rester soudé et on est monté en puissance au fil du match. » Comme le dit Blaise Matuidi : « On ne voulait pas partir aujourd’hui. » Ils ont gagné le droit de rester une semaine de plus avec, en bonus, le privilège de revoir Rio. Le Maracana les attend pour défier l’Allemagne en quarts de finale.

La fiche du match
Le 30 juin à l’Estadio Nacional Mané-Garrincha à Brasilia, France-Nigeria 2-0 (0-0).
67 882 spectateurs.
Arbitre : M. Geiger (E.U.).
Buts : Pogba (79e), Yobo (90e +1 c.s.c.).
Avertissements : Matuidi (54e) pour la France.
France : Lloris (cap.) – Debuchy, Varane, Koscielny, Évra – Pogba, Cabaye, Matuidi – Valbuena (Sissoko, 90e +4), Giroud (Griezmann, 62e), Benzema.
Sélectionneur : Didier Deschamps.
Nigeria : Enyeama – Ambrose, Yobo (cap.), Omeruo, Oshaniwa – Onazi (Gabriel, 59e), Obi Mikel – Odemwingie, Moses (Nwofor, 89e), Musa – Emenike.
Sélectionneur : Stephen Keshi.

Zone mixte
Mathieu Valbuena : « Il s’agit d’une joie immense, quelque chose de difficile à réaliser. Ce n’était pas évident mais on a fait le boulot et on l’a fait avec le meilleur état d’esprit. Il faut vraiment savourer. On a traversé des moments difficiles, on s’était dit que c’était là qu’on verrait l’état d’esprit de cette équipe. Nous sommes très heureux d’être français ce soir. C’était un horaire inhabituel pour nous, on savait que le Nigeria n’était pas champion d’Afrique pour rien, on a été un peu en difficulté mais personne n’a rien lâché. On a montré les valeurs qui faisaient notre force. Et nous voilà parmi les huit meilleures équipes du monde ! »

Les mots du coach
Didier Deschamps : « Nous sommes très fiers et très heureux d’être dans les huit (derniers qualifiés). Les garçons le méritent. Notre Coupe du monde n’est pas ratée. Nos objectifs augmentent. Vu par où on est passé, d’où on vient, ce n’est pas rien ! Maintenant, il ne faut pas s’enflammer. On n’est pas les plus beaux ni les meilleurs. On a eu en face une équipe qui a fait le match qu’on pouvait prévoir avec beaucoup de densité physique. Mais on a disputé une dernière demi-heure avec plus de dynamisme et de vivacité tandis que le Nigeria a baissé de pied. Nous avons pris l’ascendant et la délivrance est venue. Tardivement mais ce serait dur de ne pas être très satisfait. »

Un chiffre : 19
Le nombre de passes réussies par les Bleus dans la surface de réparation adverse au cours de leur huitième de finale. Avec 76% de passes réussies et 448 passes au total, les chiffres parlent d’eux-mêmes. La qualification a mis longtemps à se dessiner mais elle est plus que méritée.

Le saviez-vous ?
Au 1er tour, le gardien de but du Honduras, Noël Valladares, avait inscrit un but contre son camp pour les Bleus. Joseph Yobo, le capitaine nigérian, en a inscrit un second dans le temps additionnel, en huitièmes. Et voilà comment la France est devenue la première équipe à bénéficier de deux buts contre son camp lors d’une même édition de la Coupe du monde !

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