Équipe de France

Equipe de France : 2014, année de la reconquête (5)

On l’a dit et répété, cette équipe est née un 19 novembre 2013. Et ce n’était pas un mirage. Tout au long de 2014, les joueurs de Didier Deschamps ont montré une envie et un plaisir de jouer dont on avait perdu le souvenir. Ils ont étalé, parfois avec brio, des valeurs longtemps oubliées. C’est cette reconquête, approuvée par leurs supporters, que nous vous proposons de revivre. Rétro frisson avant de plonger vers l’Euro made in France.

Episode 5 • Equateur-France, même pas grave !
Avec une équipe largement remaniée, les Bleus terminent leur premier tour par un petit nul sans but. Qui ne remet pas en cause certains acquis. Même si c’est un peu moins vite, ils continuent d’avancer.

Après leurs deux premières victoires, probantes et larges, dans cette Coupe du monde 2014, les Bleus affichent un joli six points sur six en tête de leur groupe, agrémenté d’un très sympathique +6 au goal average. Il faudrait un cataclysme, que dit-on, un tsunami, que les vaguelettes qui lèchent les plages de Rio ne laissent en rien présager, pour les voir louper le bal des huitièmes de finale.
S’il est resté fidèle à son 4-3-3 tellement efficace et ravageur face à la Suisse, Didier Deschamps a largement remanié son onze de départ par rapport à ce match référence contre les Helvètes. Pas moins de six changements, plus de la moitié de l’équipe. Aux « coiffeurs » de jouer et de pousser le sélectionneur à s’arracher les cheveux pour composer son onze suivant, dans les rencontres à élimination directe. Ils ont la joie, l’honneur et la fierté d’avoir à faire leurs preuves dans l’antre du Maracana, qui a perdu un peu de sa magie depuis son relookage mais qui n’en reste pas moins un lieu mythique.
Cette chance, les appelés du 25 juin ne vont pas franchement la saisir. On peut l’expliquer par le manque d’automatismes entre les joueurs et carrément, pour certains d’entre eux, privés de matches depuis un mois, par le manque de compétition tout court. Si les 10 000 supporters français – mais oui ! – qui ont investi le Maracana ne cessent jamais leurs joyeux encouragements, dans une ambiance festive, leurs favoris manquent clairement d’agressivité au pressing, de vitesse dans la remontée du ballon et de justesse dans les derniers gestes. Même après l’expulsion du capitaine équatorien Antonio Valencia en début de seconde période, ils ne parviennent jamais à franchir cette longue bande jaune qui s’étale sur toute la largeur de la pelouse, plutôt dans sa moitié de terrain, selon la technique du hérisson, avec l’espoir de tenir puis de placer un contre mortel.
Ces Bleus-là ont péché par manque d’imagination. Par maladresse aussi. Ils ont également eu la malchance de s’empaler sur un portier, Alexander Dominguez, très présent pour rassurer ses troupes. Toujours bien placé, souvent inspiré, parfois même chanceux. « On est tombé sur un bon gardien, résume Karim Benzema. Nous nous sommes créé beaucoup d’occasions mais il nous aurait fallu un peu plus de réussite pour les concrétiser. Et puis cette formation équatorienne a bien défendu, elle a su casser le jeu. Bien sûr qu’on aurait aimé gagner mais l’essentiel, c’était la qualification, non ? On l’a obtenue en terminant premiers de notre groupe. Ça nous rend fiers. » Coach D.D. ne dit pas autre chose : « Il faudra plus qu’un match nul pour gâcher ma joie. »
Vrai, l’objectif est atteint. Et si ce dernier match du 1er tour a été moins enlevé, moins maîtrisé, l’équipe de France continue d’avancer. « Oui, conclut Raphaël Varane, on garde une bonne dynamique et on continue à aller de l’avant. » Maintenant, place aux matches couperets. C’est une autre histoire qui commence…

La fiche du match
Le 25 juin au Maracana, à Rio de Janeiro, Équateur-France 0-0.
73 749 spectateurs.
Arbitre : M. Doué (C.I.).
Avertissement : Erazo (83e) pour l’Équateur.
Expulsion : A. Valencia (50e) pour l’Équateur.
Équateur : Dominguez – J.C. Paredes, Guagua, Erazo, Ayovi – A. Valencia (cap.), Minda, Noboa (Caicedo, 89e), Montero (Ibarra, 63e) – E. Valencia, Arroyo (Achilier, 82e).
Sélectionneur : Reinaldo Rueda (Colombie).
France : Lloris (cap.) – Sagna, Sakho (Varane, 61e), Koscielny, Sagna – Pogba, Schneiderlin, Matuidi (Giroud, 67e) – Sissoko, Benzema, Griezmann (Rémy, 79e).
Sélectionneur : Didier Deschamps.

Zone mixte
Morgan Schneiderlin : « J’ai appris ma titularisation le jour du match. Le coach m’a dit de jouer relâché, il m’a dit que j’avais montré beaucoup de choses aux entraînements et qu’il m’avait sélectionné parce qu’il avait confiance en moi. Il a pris des risques car personne ne me connaissait. Rien que pour ça, je tiens à le remercier. Après, pendant la rencontre, même s’il y avait de l’excitation, j’ai essayé de faire abstraction du contexte, du Maracana et de tous les éléments extérieurs. Cela faisait un peu plus d’un mois que je n’avais pas joué en compétition. Aussi, je me suis d’abord astreint à me remettre, au fur et à mesure, dans le rythme. Puis je suis rentré dans mon match. Il fallait faire attention, j’étais là pour protéger ma défense… C’est fou ! Il y a trois semaines, je n’aurais jamais imaginé évoluer au Maracana. Je viens de vivre un moment de pur bonheur. »

Les mots du coach
Didier Deschamps : « Quand il y a des changements, cela nuit forcément à la cohésion collective, il y a moins d’automatismes, moins de fluidité. Malgré tout, j’ai trouvé qu’on avait un bon fil conducteur. Si nous avons été moins dangereux en première période, c’est parce que cette équipe d’Équateur a bien défendu. Nous avons tout fait pour marquer mais on ne peut pas remporter tous nos matches 3-0. C’est bien de ne pas avoir pris de but. On est en huitièmes de finale, il s’agissait de notre objectif. Cela représente une grande satisfaction, un grand bonheur et une grande fierté. Maintenant, une nouvelle compétition commence. Nous allons savourer et nous concentrer sur le Nigeria. On dispose de cinq jours pour bien préparer ce match face à une formation dont on connaît les qualités athlétiques. »

Un chiffre : 32
Si les Bleus n’ont pas connu la réussite face à l’Équateur, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Ils ont effectué 32 centres au cours de cette rencontre. À titre de comparaison, les joueurs de Reinaldo Rueda en ont tenté 4. Huit fois moins !

Le saviez-vous ?
La moyenne d’âge des Bleus alignés par Didier Deschamps contre l’Équateur était de 25 ans et 7 mois. C’était l’équipe de France la plus jeune titularisée dans un match de phase finale de Coupe du monde depuis 1978 et une défaite de la bande à Michel Hidalgo, 2-1, face à l’Argentine, pays hôte du tournoi.

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