Équipe de France

Equipe de France : 2014, année de la reconquête (4)

On l’a dit et répété, cette équipe est née un 19 novembre 2013. Et ce n’était pas un mirage. Tout au long de 2014, les joueurs de Didier Deschamps ont montré une envie et un plaisir de jouer dont on avait perdu le souvenir. Ils ont étalé, parfois avec brio, des valeurs longtemps oubliées. C’est cette reconquête, approuvée par leurs supporters, que nous vous proposons de revivre. Rétro frisson avant de plonger vers l’Euro made in France.

Episode 4 • Suisse-France, le carnaval de Bahia
Les Bleus font voler en éclats la tête de série du groupe et marquent la Coupe du monde de leur empreinte. Véritable récital offensif avec Karim Benzema en chef de meute et des pitbulls aux quatre coins du terrain.

Normalement, il se cache les lèvres pour masquer ses mots aux caméras qui l’entourent. Mais là, on l’a bien vu, le DD, meilleur profil et tout sourire, glisser à Guy Stéphan un « Oh, put… ! » même pas vulgaire. On jouait ce que le Néerlandais M. Kuipers, arbitre du match, avait décidé être la dernière seconde quand Karim Benzema troua pour la sixième fois les buts de Diego Benaglio, au short lourd comme une valise. Sixième but refusé, donc, pour cause de dépassement de temps. Ça aurait pu faire sept puisque Karim avait auparavant manqué un penalty. Même pas grave.
Les Bleus se congratulent, lèvent les bras au ciel et, surtout, affichent des sourires gros comme le tableau d’affichage. On les attendait, on voulait voir ce que les belles promesses allaient révéler face à la tête de série du groupe. La Suisse, le test. Les réponses ont dépassé les espérances. D’ailleurs, cela n’a pas été des réponses mais des fulgurances. Et le grand rendez-vous a mué en crash-test pour les Suisses. Transpercés par les flèches bleues, saucissonnés, éparpillés façon puzzle, presque perdus sur le terrain face à une furia tricolore qui marque au moins autant les observateurs que l’adversaire du soir. De Gary Lineker à Romario, pour ne reprendre que deux anciens grands buteurs de la Coupe du monde, on a retenu ceci : « La France a marqué le tournoi par sa force offensive et sa vitesse (Lineker). Benzema est au sommet, nous avons l’une des stars du tournoi qui démarre pied au plancher (Romario). »
Une soirée comme dans un rêve. Un match de Coupe du monde comme à l’entraînement, comme le montre le nombre de tirs cadrés des Bleus face à Benaglio (16 !). Sur son banc, Ottmar Hitzfeld, qui termine sa richissime carrière dans ce tournoi, prend un sacré coup de vieux en un peu plus d’une mi-temps. « Je suis évidemment très déçu. C’est un moment très dur pour nous. Nous ne sommes pas arrivés à montrer notre potentiel. On a bien débuté mais le second but de la France nous a laissés sans réaction. » Le troisième aussi. Pour la première fois de l’histoire, l’équipe de France regagne les vestiaires à la mi-temps d’un match de phase finale de Coupe du monde avec trois buts d’avance.
C’était showtime à Salvador. Alors évidemment, dans le camp bleu, c’est l’extase. Olivier Giroud, qui a ouvert le score sur un but historique, se présente le premier au micro. « On marque cinq super buts ! On est très efficaces, très déterminés. Si nous conservons l’état d’esprit qui nous a animés, je pense que nous irons loin dans la compétition. Même à 5-0, on a vu les gars se dépouiller sur chaque ballon. Ce ne sont pas les onze qui jouent mais vraiment les vingt-trois. »
Dans la soirée au presque parfait de Salvador, Didier Deschamps peut s’appuyer sur les deux buts suisses inscrits en fin de match pour garder ses troupes sous pression.

La fiche du match
Le 20 juin à Salvador de Bahia, Suisse-France 2-5 (0-3).
51 003 spectateurs.
Arbitre : M. Kuipers (P.-B.).
Buts : Giroud (17e), Matuidi (18e), Valbuena (40e), Benzema (67e) et Sissoko (73e) pour la France ; Dzemaili (81e) et Xhaka (87e) pour la Suisse.
Avertissement : Cabaye (88e) pour la France (suspendu au prochain match).
Suisse : Benaglio – Lichtsteiner, Djourou, Von Bergen (Senderos, 9e), R. Rodriguez – Behrami (Dzemaili, 46e), Inler (cap.) – Shaqiri, Xhaka, Mehmedi – Seferovic (Drmic, 69e).
Sélectionneur : Ottmar Hitzfeld.
France : Lloris (cap.) – Debuchy, Varane, Sakho (Koscielny, 66e), Évra – Sissoko, Cabaye, Matuidi – Valbuena (Griezmann, 82e), Giroud (Pogba, 63e), Benzema.
Sélectionneur : Didier Deschamps.

Zone mixte
Raphaël Varane : « Personne ne s’attendait à un tel résultat. On a réuni les ingrédients pour réaliser un très bon match mais cela a dépassé nos attentes car c’était face à une bonne équipe suisse. On a réussi à les mettre en difficulté, ça nous a surpris mais de façon positive. Maintenant, il n’y a pas de changement de statut. Il faut qu’on se concentre sur nos performances, que l’on garde la bonne mentalité, le bon état d’esprit, cette ligne de conduite car cela fonctionne très bien. On doit préparer le troisième match contre l’Equateur de façon sérieuse pour garder notre dynamique positive. »

Les mots du coach
Didier Deschamps : « Au bout de 75 minutes, on menait 5-0 contre une bonne équipe suisse. On les a mis en difficulté par notre pressing mais aussi par des attaques rapides qui leur ont fait mal. Je n’ai pas envie de freiner les réactions de joie qui peuvent naître. Pendant une certaine période, on aurait eu envie de bousculer les gens pour leur dire de nous encourager. En interne, nous ressentons une grosse satisfaction mais on ne s’enflamme pas. On a six points en deux matches, nous sommes très efficaces. Il ne faut pas se voir plus beaux qu’on ne l’est. On va jouer la première place du groupe contre l’Équateur. L’objectif, je le répète, ce sont les huitièmes de finale. Là, une autre compétition va commencer. »

Un chiffre : 100
Olivier Giroud marque le 100e but de l’équipe de France en Coupe du monde. Le tout premier, inscrit en 1930 par Lucien Laurent, avait aussi été le premier de l’histoire de la compétition.

Le saviez-vous ?
À la 31e minute, les Bleus bénéficient d’un penalty, tiré et manqué par Karim Benzema. C’est la toute première fois qu’un penalty est manqué par un Bleu en phase finale de Coupe du monde. C’est aussi le premier péno raté par les Bleus depuis le 7 juin 2006 contre la Chine (victoire 3-1 en amical). Ce soir-là, c’est Zinédine Zidane qui avait fauté.

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