Équipe de France

Equipe de France : 2014, année de la reconquête (3)

On l’a dit et répété, cette équipe est née un 19 novembre 2013. Et ce n’était pas un mirage. Tout au long de 2014, les joueurs de Didier Deschamps ont montré une envie et un plaisir de jouer dont on avait perdu le souvenir. Ils ont étalé, parfois avec brio, des valeurs longtemps oubliées. C’est cette reconquête, approuvée par leurs supporters, que nous vous proposons de revivre. Rétro frisson avant de plonger vers l’Euro made in France.

Episode 3 • France-Honduras, changement de décor
Après une mi-temps tendue et crispée pour leur premier match de Coupe du monde, les Bleus déroulent. Ils s’installent en tête de leur groupe. Et ça change tout.

Depuis le début de l’année, ce qui fait quand même de longs mois quand arrive la mi-juin, Didier Deschamps a martelé le même message : « Le rendez-vous, c’est le Honduras. Le premier match. D’abord parce qu’il ne sert à rien de penser à l’après et surtout, parce qu’il conditionne tout. On sait à quel point l’entrée en matière est importante en Coupe du monde. » « La Desch’ » avait prévenu. L’adversaire n’a rien d’un foudre de guerre ? Qu’importe. Le premier match est un match à gagner. Point. Le sélectionneur tricolore a rappelé, malin et historiquement à la page : « Quand l’équipe de France a-t-elle gagné au 1er tour de la Coupe du monde pour la dernière fois ? C’était il y a huit ans. Contre le Togo. Avec tout le respect que j’ai pour le Togo, cela fait huit ans. C’est long. »
« DD » n’a jamais manqué de respect, non plus, au Honduras. Pour contrer le bloc défensif du Colombien Luis Fernando Suarez, les Bleus se présentent en 4-3-3, avec l’équipe-type du moment. Karim Benzema en pointe avancée, Mathieu Valbuena à droite et Antoine Griezmann à gauche. Yohan Cabaye en sentinelle et le duo Paul Pogba-Blaise Matuidi en serpent à deux têtes, au milieu. Après quarante-cinq premières minutes très hachées, à cause des fautes et de la grinta offensive des Honduriens, le match bascule. Dernière action de la première mi-temps. Paul Pogba est poussé dans le dos par Wilson Palacios, dans la surface de réparation. Penalty et second carton jaune pour le vieux Wilson, qui en avait déjà récolté un en se chamaillant avec le milieu de la Juve. Pogba aurait pu voir rouge et ne s’estime pas malheureux. « Vous voulez que je vous montre mes mollets ? », s’emportera-t-il après le match. C’est vrai, il s’est fait rafistoler au laser par les Honduriens mais en ne maîtrisant pas ses nerfs, il est passé à deux doigts du rouge.
A 1-0 à la mi-temps, le match est plié. Les Bleus, qui déroulent en supériorité numérique, ont la bonne idée de creuser l’écart dès le retour des vestiaires. Sur une reprise de volée de Benzema, Noel Valladares marque contre son camp. Le premier but accordé par la vidéo (la goal-line technologie) est un but bleu. Champagne ? Surtout pour Benzema, élu homme du match. L’attaquant du Real Madrid colorie sa feuille à lui d’une frappe sublime sous la barre et en angle fermé pour le 3-0. Il est le premier Tricolore à réussir un doublé en Coupe du monde depuis Zinédine Zidane dans la finale de 1998. Pas forcément prémonitoire mais révélateur d’un certain état d’esprit.
Deschamps avait donné rendez-vous ? Les Bleus sont pile à l’heure. Sept mois après le soir qui a tout changé contre l’Ukraine, ils rappellent qu’il se passe vraiment quelque chose dans ce groupe. Ils soignent leur goal-average. Le boss a géré les cartons en sortant Pogba et Cabaye (avertis) en seconde période. Et la France prend la tête de son groupe. Le décor change. La preuve : en cas de victoire dans cinq jours face à la Suisse (qui est venue à bout de l’Équateur 2-1), les Bleus seront assurés de voir les huitièmes de finale.

La fiche du match
Le 15 juin à Porto Alegre, stade Beira-Rio, France-Honduras 3-0 (1-0).
43 012 spectateurs.
Arbitre : M. Ricci (BRE).
Buts : Benzema (45e s.p., 72e), Valladares (48e c.s.c.) pour la France.
Avertissements : Évra (7e), Pogba (28e), Cabaye (45e+2) pour la France ; W. Palacios (28e), Boniek Garcia (53e), Garrido (83e) pour le Honduras.
Expulsion : W. Palacios (43e) pour le Honduras.
France : Lloris (cap.) – Debuchy, Sakho, Varane, Évra – Cabaye (Mavuba, 65e), Matuidi, Pogba (Sissoko, 57e) – Valbuena (Giroud, 78e), Benzema, Griezmann.
Sélectionneur : Didier Deschamps.
Honduras : Valladares (cap.) – Izaguirre, Figueroa, Bernardez (O. Chavez, 46e), Beckeles – W. Palacios, Garrido, Espinoza, Najar – Bengston (Boniek Garcia, 46e), Coslty.
Sélectionneur : Luis Fernando Suarez.

Zone mixte
Karim Benzema : « L’objectif était de faire un bon match collectivement, de gagner et de jouer notre jeu sans pression. Je suis très content et très fier d’avoir marqué deux buts mais le plus important, c’est la victoire. Je suis attaquant, certains me jugent sur le nombre de buts marqués, c’est normal, mais moi, je préfère m’attarder sur la manière et je suis satisfait parce qu’on a très bien joué. »

Les mots du coach
« Ce premier match était très important pour nous. C’est une excellente entrée en matière. Tout m’a plu. Karim (Benzema) évidemment, qui marque et qui est décisif. Mais j’ai aimé notre force collective aussi. Notre mobilité et notre jeu au sol ont permis de déstabiliser le Honduras, qui a mis beaucoup de qualité offensive et d’agressivité au début du match. Le penalty et l’expulsion changent tout. Après la pause, nous avons eu beaucoup plus d’espaces. La route est encore longue. Dans le vestiaire, il y avait la satisfaction d’avoir répondu présent mais c’était une joie mesurée. On joue dans cinq jours. Il faudra être à nouveau à notre meilleur niveau. »

Un chiffre : 3
Trois buts au compteur des Bleus. C’est déjà plus que sur l’ensemble de la précédente Coupe du monde en Afrique du Sud : où ils n’avaient marqué qu’une seule fois (contre l’Afrique du Sud, défaite 1-2).

Le saviez-vous ?
Avec 3 nuls et 4 défaites, le Honduras est la nation qui a disputé le plus de rencontres de Coupe du monde (7) sans jamais en gagner une.

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