Équipe de France

Equipe de France : 2014, année de la reconquête (10)

On l’a dit et répété, cette équipe est née un 19 novembre 2013. Et ce n’était pas un mirage. Tout au long de 2014, les joueurs de Didier Deschamps ont montré une envie et un plaisir de jouer dont on avait perdu le souvenir. Ils ont étalé, parfois avec brio, des valeurs longtemps oubliées. C’est cette reconquête, approuvée par leurs supporters, que nous vous proposons de revivre. Rétro frisson avant de plonger vers l’Euro made in France.

Episode 10 • France-Albanie – France-Suède, un dernier pour la route
Deux mi-temps pas simples mais intenses face à l’Albanie et une dernière victoire, en forme de symbole, sur la Suède. Les Bleus bouclent l’année 2014 en soignant les chiffres et la cohésion du groupe. Rendez-vous au printemps, pour la réception du Brésil au Stade de France.

On ne va pas se mentir, les deux derniers rendez-vous de l’année 2014 de l’équipe de France ne resteront pas calés en haut de l’étagère, entre les moments de grâce et les collectors. Il n’est jamais simple de rester debout sur le paddle quand la vague est toute petite. Ces deux matches contre l’Albanie et la Suède sont coincés entre deux rencontres décisives de Ligue des champions, elles-mêmes intercalées entre les chocs que les joueurs disputent dans leurs championnats respectifs. Vraiment pas facile, quand la vague est amicale et qu’elle ne crée pas la peur du vide ou l’ivresse d’un triomphe. Même un triomphe vierge de trophée. Juste une victoire fondatrice, comme un acte de naissance. Un passeport en règle. Une invitation au voyage. Après une première très « bretonne » (1) contre l’Albanie à Rennes, les Bleus réussissent à soigner leur sortie, à Marseille contre la Suède.
Dans un décor de rêve (le nouveau Vélodrome) mais avec une affiche moisie (à cause de l’absence de Zlatan Ibrahimovic et de l’incroyable tempête qui a secoué le foot français depuis le début de la journée) (2), le match met du temps à s’emballer. Il faut même attendre la sortie de Mathieu Valbuena, qui n’avait pas eu l’occasion de dire au revoir au public marseillais l’été dernier, à son départ pour Moscou, pour entendre le Vélodrome respirer pour de bon. Il faut surtout l’entrée du Parisien Lucas Digne à la place de Layvin Kurzawa, claqué pour sa deuxième sélection et sa première titularisation (il doit être allergique à la Suède !), pour que ça gronde et que ça siffle vraiment. Bête et méchant, sûrement, mais déclencheur.
C’est Raphaël Varane, capitaine pour la première fois dès le coup d’envoi (ça lui va encore mieux), qui se charge lui-même de l’affaire, du haut de ses 17 sélections et avec son immense talent. Non content d’exceller dans le placement, les relances, les courses (c’est rare de voir un défenseur faire la nique à tous les attaquants qu’il croise en vitesse pure), bref, dans tout, le Madrilène – la sérénité personnifiée – monte comme un i dans le ciel marseillais, à l’entame des dix dernières minutes, pour couper magistralement un corner très bien tiré par Antoine Griezmann. C’est son premier but en bleu et c’est un beau symbole. Un an après le 3-0 du 19 novembre contre l’Ukraine au Stade de France, voir les maillots bleus contre les maillots jaunes sur la pelouse du Vélodrome avait quelque chose d’une célébration. Varane qui se mue en chef de cérémonie, en s’occupant à peu près de tout, c’est autre chose qu’une coïncidence ou un hasard.
« Le sélectionneur nous a félicités pour cette victoire. Il nous a dit de bien finir l’année, de passer de bonnes fêtes et de revenir en forme pour le match contre le Brésil en mars », confiait Griezmann, le passeur. Steve Mandanda, titulaire trois fois lors des quatre dernières rencontres, concluait : « On a livré un match sérieux, avec pas mal d’occases, et décroché une bonne victoire. C’est bien de terminer l’année civile en gagnant. »
Prochain rendez-vous : le 26 mars 2015 contre le Brésil au Stade de France, en amical. Raphaël Varane n’aura rien à fêter. Ses 22 ans, c’est le mois d’après !

1. C’était la deuxième fois, dans son histoire, que l’équipe de France disputait un match au Stade de la Route de Lorient. Deuxième nul 1-1 face à une équipe d’Europe centrale après le 1-1 enregistré en août 2004 contre la Bosnie-Herzégovine, pour le premier match de Raymond Domenech à la tête des Bleus.
2. Suspicions de matches arrangés en Ligue 2 et enquête sur les transferts à l’OM. Et hop, tout le monde en garde à vue : Vincent Labrune, Jean-Claude Dassier et Pape Diouf d’un côté, certains entraîneurs ou dirigeants de Dijon, Caen et Nîmes de l’autre.

Les fiches des matches
Le 14 novembre au Stade de la Route de Lorient, à Rennes, France-Albanie 1-1 (0-1).
29 778 spectateurs.
Arbitre : M. Zelinka (RTC).
Buts : Griezmann (73e) pour la France ; Mavraj (40e) pour l’Albanie.
Avertissement : Agolli (74e) pour l’Albanie.
France : Lloris (cap.) – Jallet, Varane, Yanga Mbiwa, Digne (Kurzawa, 70e) – Sissoko (Schneiderlin, 80e), Cabaye (Griezmann, 59e), Pogba, Valbuena (Payet, 85e) – Lacazette (Gignac, 70e), Benzema.
Sélectionneur : Didier Deschamps.
Albanie : Berisha – Hisaj, Cana (cap.), Mavraj, Agolli – Lila (Vila, 85e), Abrashi (Ajeti, 69e), Kukeli (Bulku, 90e +3), Memushaj, Lenjani (Shala, 76e) – Cikalleshi (Balaj, 90e +3).
Sélectionneur : Gianni De Biasi (ITA).

Le 18 novembre au Stade Vélodrome, à Marseille, France-Suède 1-0 (0-0).
50 000 spectateurs.
Arbitre : M. Gil Manzano (ESP).
But : Varane (83e) pour la France.
Avertissement : Wendt (85e) pour la Suède.
France : Mandanda – Sagna, Varane (cap.), Mangala, Kurzawa (Digne, 78e) – Pogba, Guilavogui (Gonalons, 86e) – Griezmann, Payet (Sissoko, 61e), Valbuena (Lacazette, 68e) – Gignac (Benzema, 68e).
Sélectionneur : Didier Deschamps.
Suède : Isaksson (cap.) – Krafth, Jansson, Granqvist, Bengtsson (Wendt, 46e) – S. Larsson, Källström (Ekdan, 46e), Kacanililic (Forsberg, 86e) – Bahoui (Durmaz, 46e), Kiese Thelin (Guidetti, 67e), Zengin (Hrgota, 67e).
Sélectionneur : Erik Hamren.

Zone mixte
Bacary Sagna : « C’était important de s’imposer, surtout après notre contre-performance contre l’Albanie. Maintenant, nous avons à cœur d’être prêts pour l’Euro. Ça ne va pas être facile tous les jours, il faut savoir être patient, comme face à la Suède. On doit continuer à travailler, le chemin est long jusqu’à l’Euro. On sait, à l’intérieur du groupe, qu’on dispose d’une marge de progression énorme. On veut tous mieux faire. On va retrouver une belle équipe du Brésil au Stade de France pour démarrer 2015. À nous de maintenir la dynamique qui est la nôtre depuis pas mal de temps maintenant. »

Les mots du coach
Didier Deschamps : « C’est très positif, pour tout le monde, de finir l’année par une victoire. On s’est créé beaucoup d’occasions, on n’a pas assez cadré. Nous avons joué quinze matches pour dix victoires, quatre nuls et une seule défaite face aux champions du monde 2014. Les joueurs ont pris confiance pendant la Coupe du monde, l’esprit est là, le groupe continue de grandir. Depuis septembre, je suis amené à effectuer pas mal de changements d’un match à l’autre, avec plusieurs systèmes différents. Sur le court terme, cela va à l’encontre des automatismes, je le sais, mais on doit aussi en passer par là. En termes de contenu, on continue de proposer de très bonnes choses. Arrive une période de quatre mois sans voir les joueurs, cela va être long. Mais une belle perspective nous attend en mars avec la réception du Brésil. »

Un chiffre : 34
Comme le nombre de buts marqués par l’équipe de France en 2014. Son meilleur total depuis 2003. Elle en avait alors inscrit 40, ce qui constitue son record absolu.

Le saviez-vous ?
Antoine Griezmann a marqué contre l’Albanie son cinquième but en équipe de France. Tout cela en 14 sélections seulement. Ce qui donne, au même pointage intermédiaire, un meilleur ratio buts/match que Thierry Henry ou David Trezeguet ! L’attaquant de l’Atlético Madrid présente la particularité d’avoir toujours marqué en étant entré en cours de match. Un peu « super sub », le Tonio ! On peut dire que son match contre la Suède a été – et de loin – sa meilleure production en tant que titulaire. Avec une passe décisive en prime : son corner pour la tête de Raphaël Varane.

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