Équipe de France

Equipe de France : 2014, année de la reconquête (1)

On l’a dit et répété, cette équipe est née un 19 novembre 2013. Et ce n’était pas un mirage. Tout au long de 2014, les joueurs de Didier Deschamps ont montré une envie et un plaisir de jouer dont on avait perdu le souvenir. Ils ont étalé, parfois avec brio, des valeurs longtemps oubliées. C’est cette reconquête, approuvée par leurs supporters, que nous vous proposons de revivre. Rétro frisson avant de plonger vers l’Euro made in France.

Episode 1 • France-Pays-Bas, un certain sourire
Après la qualification pour le Mondial face à l’Ukraine, les Bleus passent un test probant face à des Orange un peu trop compressés. Prometteur tout de même.

Ce France-Pays-Bas se situe un peu plus de cent jours après un 19 novembre 2013 fédérateur. La qualification mondiale a été fêtée dans la liesse et l’allégresse. Les Bleus avaient longtemps flirté avec la peur, près du précipice. Ce match se situe aussi un peu moins de cent jours avant que Didier Deschamps ne dévoile sa liste des 23 pour le vol à destination de Rio de Janeiro. C’est surtout la première – depuis la qualification – et la dernière occasion pour le sélectionneur tricolore de procéder à des tests et de peaufiner certains choses, sachant que les trois matches amicaux programmés juste avant le départ pour l’Amérique du Sud opposeront l’équipe de France et des formations présentant sensiblement les mêmes caractéristiques que ses adversaires du 1er tour.
Revenons à notre match. Les Néerlandais se présentent sans le renversant Arjen Robben ni l’horrible Nigel De Jong. Ils vont vite perdre leur métronome, Kevin Strootman, blessé en première période. Les Bataves ne sont pas un adversaire très féroce. On ne peut pas imaginer, à l’époque, qu’il fera, quelques mois plus tard, un flamboyant demi-finaliste de la Coupe du monde.
Ce soir-là, Didier Deschamps a trouvé quelques clés. D’abord, il a confirmé son 4-3-3 avec Yohan Cabaye en pointe basse et Blaise Matuidi et Paul Pogba sur les côtés. Il a aussi lancé le prometteur Antoine Griezmann comme titulaire pour sa première sélection. Il a également accordé sa confiance à Karim Benzema qui va confirmer ses talents de buteur, un temps égarés. Bref, ce n’est que du bonus. En prime, le goal « zlatanesque » de l’acrobate du soir, Blaise Matuidi. Il lui vaudra le chambrage de son partenaire suédois pour l’imitation, parfaite.
Tout roule. Le public est, de nouveau, après le 19 novembre, derrière ses Bleus, qui montrent plein d’envie. Cette fois, la réconciliation, autant que la rédemption, semble définitivement actée. « On a le droit de s’emballer, prévient « DD », mais pas trop. » Il a aussi le droit de placer quelques garde-barrières pour maintenir son groupe sous pression. Mais la vérité, c’est que cette équipe de France-là avance avec une véritable cohérence. « Nos performances s’inscrivent dans la continuité de ce qu’on a réalisé en qualifications », explique Karim Benzema. Ils avancent, ils avancent, on confirme. « C’était important de rester sur la dynamique de l’Ukraine, déclare de son côté Mathieu Debussy. On a pris un vrai plaisir, même si la deuxième mi-temps a été un peu moins facile. Nous avons su gérer. »
Pour l’anecdote, on rappellera que Lucas Digne est entré à la place de Patrice Evra, en seconde période, fêtant sa première cape chez les Bleus, tandis que Franck Ribéry a fait une apparition pour ce qui pourrait être, en ce qui le concerne, la der des ders. Mais on ne le sait pas encore. Les temps changent… Les Bleus, pour leur part, maintiennent le cap.

La fiche du match
Le 5 mars au Stade de France, à Saint-Denis, France-Pays-Bas 2-0 (2-0).
80 000 spectateurs.
Arbitre : M. Atkinson (ANG).
Buts : Benzema (32e), Matuidi (41e) pour la France.
Avertissements : Cabaye (78e) pour la France ; Van der Wiel (37e) pour les Pays-Bas.
France : Lloris (cap.) – Debuchy (Sagna, 88e), Varane, Mangala, Évra (Digne, 46e) – Pogba (Sissoko, 82e), Cabaye, Matuidi – Valbuena (Ribéry, 63e), Benzema (Giroud, 82e), Griezmann (Rémy, 68e).
Sélectionneur : Didier Deschamps.
Pays-Bas : Cillessen – Van der Wiel, Vlaar, Martins Indi, Blind (Rekik, 52e) – Strootman (Schaars, 39e), Clasie – Boëtius (Depay, 72e), Sneijder (Klaassen, 72e), Promes – Van Persie (cap.).
Sélectionneur : Louis Van Gaal.

Zone mixte
Raphaël Varane : « Depuis le match contre l’Ukraine, il s’est passé quelque chose. Cette rencontre nous a boostés dans la tête et dans les jambes, on a envie de surfer sur cette bonne vague et de réaliser de belles choses. Avec le public aussi, il existe un véritable élan aujourd’hui. En ce qui concerne le groupe, cela commence à bien tourner, on sent les automatismes qui se créent. Nous vivons bien et on se connaît de mieux en mieux. Mon genou ? Il ne gonfle plus depuis janvier, je joue sans appréhension, mais je sais aussi que je devrai faire attention tout au long de ma carrière. »

Les mots du coach
« Tout m’a plu dans ce match. Qu’il s’agisse du résultat, de la manière et de l’attitude générale, qui doit constituer le ciment de l’ensemble. Même s’il ne s’agissait pas du même contexte, comme face à l’Ukraine, en novembre dernier, on a retrouvé, chez les joueurs, la volonté de bien faire les choses de manière collective, les uns avec les autres. En face, il y avait tout de même une bonne équipe des Pays-Bas, même s’il manquait des éléments importants comme Robben. J’ai dit aux joueurs qu’ils avaient un devoir après avoir suscité une forte attente. Ils ont confirmé, c’est bien. Bon, cela ne va pas nous faire passer d’outsider à favori pour la Coupe du monde mais il était important de maintenir cette dynamique. Je trouve cela très intéressant. »

Un chiffre : 50
Face aux Pays-Bas, l’équipe de France dispute le cinquantième match de son histoire au Stade de France. L’enceinte parisienne a été inaugurée seize ans plus tôt, le 28 janvier 1998, à l’occasion d’une rencontre amicale contre l’Espagne (victoire 1-0 des Bleus grâce à un but de Zinédine Zidane).

Le saviez-vous ?
Mine de rien, les Bleus ont mis fin à une belle série néerlandaise. Les Orange étaient en effet invaincus depuis le 15 août 2012 et une défaite – déjà en amical – 4-2 face à la Belgique à Bruxelles. Soit 17 matches (11 victoires et 6 nuls).

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