Équipe de France

En route pour la Coupe du monde 2014 (30) : Argentine, groupe F

Nous poursuivons notre présentation de la Coupe du monde 2014 (12 juin-13 juillet). Après le Brésil, le Mexique, la Croatie et le Cameroun dans le groupe A, les Pays-Bas, l’Australie, l’Espagne et le Chili dans le groupe B, la Côte d’Ivoire, la Grèce, la Colombie et le Japon dans le groupe C, l’Angleterre, l’Italie, l’Uruguay et le Costa Rica dans le groupe D, la Suisse, l’Equateur, la France et le Honduras dans le groupe E, la Bosnie-Herzégovine, le Nigeria et l’Iran dans le groupe F, le Ghana, le Portugal et les USA dans le groupe G, la Russie, l’Algérie et la Corée du Sud dans le groupe H, place à l’Argentine dans le groupe F.

Tous derrière Messi !

Quand un tournoi de foot débute, l’équipe de Lionel Messi part forcément favorite. Et très souvent, ça se gâte…

Groupe F • Argentine • Nigeria • Iran • Bosnie-Herzégovine

Là-bas, c’est un peu comme un Superclasico entre Boca Juniors et River Plate. C’est tout le pays qui se sent concerné. Lionel Messi, le meilleur joueur du monde pour beaucoup, dieu pour les Argentins, réussira-t-il un jour à remporter le trophée majeur avec l’Albiceleste ? Leo le génie saura-t-il hisser ses compatriotes sur le toit du monde comme il a su hisser le Barça sur le toit de l’Europe ? La question taraude les Argentins, l’interrogation hante l’Argentine. A Rosario, la crèche des Newell’s Old Boys de Gabriel Heinze et David Trezeguet mais aussi le bled de Messi, on est sûr que oui. Dans les longues artères de Buenos Aires qui montent jusqu’à l’Estadio Monumental, là où Dieu se produit généralement avec le maillot ciel et blanc, on attend toujours…
Alejandro Sabella, sélectionneur depuis 2011, a fait naître quelque chose comme un espoir nouveau. Il était arrivé au lendemain de l’éviction de Sergio Batista, qui n’avait pas réussi à redresser la situation après l’échec de Diego Maradona il y a quatre ans en Afrique du Sud (souvenez-vous de la gifle cinglante infligée par l’Allemagne, 4-0, en quarts de finale). Sabella jouait milieu offensif – et plutôt bien -, notamment à River Plate. Sa carrière de joueur l’avait mené à Sheffield et Leeds, en Angleterre. Mais c’est sur le banc qu’il eut le plus de succès. Sous ses ordres, Estudiantes de La Plata conquit la Copa Libertadores en 2009 et s’offrit le championnat d’ouverture en 2010. Des titres marquants au pays de l’asado.
Pour le rendez-vous brésilien, il faut lui répondre à « LA » question. Toujours la même, lancinante, obsédante : et Messi ? Ça va aller ce coup-ci ? « Leo doit se sentir bien et pour cela, il doit être libre. Sur le terrain, il doit faire ce qu’il veut à chaque moment du match », a décrété Alejandro Sabella. Le lutin du Barça est souvent critiqué pour son rendement avec la sélection que les Argentins, fins connaisseurs, jugent bien en dessous de ce qu’il montre en Catalogne. Vous connaissez le débat et le refrain : en sélection, il n’y a pas de Xavi et d’Andres Iniesta pour lui adresser de bonnes passes… Messi est-il capable de faire la différence seul ? S’il ne l’est pas, peut-on vraiment le considérer comme le meilleur de son époque ?
Attention aux jugements hâtifs : Leo a offert quelques performances de haute volée lors des premières sorties de l’Albiceleste version Sabella. Elles suscitent l’espoir, forcément. Le coach n’en rajoute pas. « Vous savez, je ne parle pas forcément beaucoup avec lui. Je ne le fais que lorsque c’est nécessaire et de la façon la plus juste possible. Les joueurs sont sous pression, Leo d’autant plus et moi aussi. C’est pour cela que je n’aime pas en rajouter. » Messi a désormais le brassard autour du bras. Lourd à porter ? « Non, rétorque Sabella. Je le vois content. Il faut le laisser tranquille. Il faut qu’il soit heureux sur le terrain, c’est ce qu’il y a de mieux pour tout le monde. »
Parce que l’Argentine ne peut pas se passer de Lionel, quelles que soient les attentes placées en lui. « On le vérifie dans n’importe quelle équipe où il joue : ce n’est pas pareil quand il est absent, poursuit Sabella. On le voit à Barcelone. Et on parle de Barcelone, la meilleure équipe de ces trente dernières années. » Alors, tous derrière et Leo devant ? « Il ne faut pas non plus réduire les choses à ça. Le système dépend du contexte général. On peut évoluer, par exemple, avec deux ou trois attaquants. Barcelone joue avec un seul et je crois savoir qu’en Espagne, il y a une polémique pour savoir qui de Fernando Torres ou de Cesc Fabregas doit jouer devant pour l’équipe nationale. Ils ont évolué sans attaquant de pointe au dernier Euro et ils ont fini champions d’Europe. » Alors…

Star à la barre : Lionel Messi
Depuis le temps qu’on lui promet tous les trophées, depuis le temps qu’il les collectionne… Il ne lui en manque plus qu’un. Toujours le même. Si Lionel Messi parvient à hisser l’Argentine sur le toit du monde en terre brésilienne, le débat sera clos. Il sera vraiment le meilleur footballeur de son époque. L’affront aurait de l’allure et l’histoire n’en serait que plus belle. Sera-ce la Coupe du monde de Messi ? Pour le quadruple Ballon d’or, les années civiles ne se terminent pas toutes de la même façon. L’an passé, il avait effacé Gerd Müller des tablettes en devenant l’homme ayant marqué le plus de buts sur une année civile (91). En 2013, il a passé les fêtes loin des pelouses. Il s’est soigné. Il jouait trop. On disait qu’il avait la faculté de récupérer en se dépensant, il fallait bien qu’à un moment ou un autre, son corps dise « Stop ». En Argentine, on a tremblé et prié pour que Leo revienne à 100%. Cette absence prolongée peut être un mal pour un bien. Physiologiquement, il était mieux pour lui d’arrêter. C’est d’ailleurs un danger qui guette Cristiano Ronaldo qui enchaîne les matches depuis plusieurs saisons. Concernant Messi, l’attente est encore plus grande. Parce qu’il est l’héritier, avec un grand H, du « Pibe ». Le peuple argentin est convaincu qu’une troisième étoile sur le maillot rayé ciel et blanc dépend des exploits de son Leo. Laminé par l’Allemagne en quarts de finale il y a quatre ans, il n’avait pas pu (ou su) peser sur le destin de l’équipe. Il n’avait pas été aidé, il faut bien l’avouer, par son sélectionneur, Diego Maradona, qui s’était un peu emmêlé les pinceaux tactiquement face à la Mannschaft. Alejandro Sabella semble davantage maîtriser son sujet. Les tâches paraissent mieux réparties et le capitaine s’appelle dorénavant Messi. Tout bénef’ à l’heure de repartir à l’assaut du monde ? Il répondra sur le terrain. Il n’y a que là qu’il parle, de toute façon.

Le coach : Alejandro Sabella (59 ans)
En poste depuis juillet 2011
« Nous avons de la chance car nous avons évité les groupes de la mort. Le nôtre est un bon groupe d’un point de vue géographique : nous avons deux courts déplacements et un match à Belo Horizonte, où nous établirons notre camp de base. Nous débutons au Maracana, c’est une fierté en raison de la symbolique de ce stade. Je mentirais si je disais que l’Argentine n’est pas l’équipe la plus forte des quatre mais le football est souvent fâché avec la logique… »

Comment ils jouent
Sergio Romero a beau cirer le banc de touche de l’AS Monaco, doublure de Danijel Subasic qu’il est, c’est le titulaire du poste avec l’Albiceleste. Alejandro Sabella a testé différents schémas de jeu devant lui au cours des qualifications. Les défenseurs, par exemple, connaissent bien les changements de système (on passe de trois à cinq éléments). L’abondance de biens, sans doute. Hugo Campagnaro devrait être arrière droit et Pablo Zabaleta arrière gauche. Dans l’axe, Ezequiel Garay et Federico Fernandez paraissent en avance, sachant que Javier Mascherano évolue plutôt au milieu du terrain avec la sélection. C’est là que les talents s’entrechoquent. Fernando Gago, co-capitaine de Boca avec Juan Roman Riquelme, forme un beau duo avec Mascherano. Ever Banega peut se positionner un cran plus haut. En sélection, Sergio Kun Agüero est bon sur un côté. Il se donne au pressing comme un fou. Comme Ezequiel Lavezzi. Comme Rodrigo Palacio. Houlala, il y a du monde… Allez, on laisse Angel Di Maria à droite, avec son « faux » pied, et Leo Messi en pointe. Leo quand même. Avec Messi aux avant-postes, Gonzalo Higuain reste scotché sur le banc. Problème de riches.

Le chiffre : 56
Le nombre de buts de Lionel Messi en sélection ? Non, celui de Gabriel Batistuta qui reste le meilleur buteur de l’histoire de l’Argentine. Loin devant Leo (37 buts en 83 sélections).

Programme 1er tour
Le 15 juin 2014 à minuit à Rio, Argentine-Bosnie-Herzégovine
Le 21 juin 2014 à 18h à Belo Horizonte, Argentine-Iran
Le 25 juin 2014 à 18h à Porto Alegre, Argentine-Nigeria

Leurs éliminatoires

Zone AmSud
1er du groupe : 32 pts, 9 v, 5 n, 2 d, 35 bp-15 bc

7.10.2011
Argentine-Chili 4-1 (Higuain 3, Messi)
11.10.2011
Venezuela-Argentine 1-0
11.11.2011
Argentine-Bolivie 1-1 (Lavezzi)
15.11.2011
Colombie-Argentine 1-2 (Messi, Agüero)
2.06.2012
Argentine-Équateur 4-0 (Agüero, Higuain, Messi, Di Maria)
7.09.2012
Argentine-Paraguay 3-1 (Di Maria, Higuain, Messi)
11.09.2012
Pérou-Argentine 1-1 (Higuain)
12.10.2012
Argentine-Uruguay 3-0 (Messi 2, Agüero)
16.10.2012
Chili-Argentine 1-2 (Messi, Higuain)
22.03.2013
Argentine-Venezuela 3-0 (Higuain 2, Messi)
26.03.2013
Bolivie-Argentine 1-1 (Banega)
7.06.2013
Argentine-Colombie 0-0
11.06.2013
Equateur-Argentine 1-1 (Agüero s.p.)
10.09.2013
Paraguay-Argentine 2-5 (Messi 2 s.p., Agüero, Di Maria, Maxi Rodriguez)
11.10.2013
Argentine-Pérou 3-1 (Lavezzi 2, Palacio)
15.10.2013
Uruguay-Argentine 3-2 (Maxi Rodriguez 2)

Visa
• Superficie : 2 766 890 km2
• Population : 41,1 millions d’habitants
• Capitale : Buenos Aires
• Fédération : Asociacion del Futbol Argentino
• Site Internet : www.afa.org.ar
• Année de fondation : 1893
• Affiliation FIFA : 1912
• Couleurs : maillot rayé ciel et blanc, short noir et bas blancs
• Equipementier : Adidas

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