Équipe de France

Elie Baup analyse le jeu de Montpellier

L’œil expert de « Planète » passe au crible le Montpellier de René Girard. Qu’a-t-il vu ? Un changement de tactique, des changements de joueurs mais un même état d’esprit.

LE ONZE DE MONTPELLIER
Pionnier
Bocaly – Yanga-Mbiwa – Hilton – Bedimo
Saihi – Estrada
Dernis – Belhanda – Utaka
Giroud

1. « Un changement tactique au milieu »
« La première chose qui saute aux yeux, c’est le changement tactique par rapport à l’année dernière, relève Elie Baup. Ils sont passés d’une sentinelle devant la défense à une paire de milieux défensifs avec Jamel Saihi et Marco Estrada. Ces deux milieux axiaux réduisent les espaces de l’extérieur vers l’intérieur. Ils ferment au cœur du jeu. Ce qui laisse un grand champ d’action à Younès Belhanda (photo) devant eux. Younès se libère aujourd’hui. Résultat, il percute beaucoup, enchaîne les changements de rythme. On parle beaucoup de lui en ce début de saison et c’est un super joueur mais il faut aussi noter ce changement tactique qui le place dans les meilleures dispositions. Bien sûr, il sera difficile de le retenir mais il est indiscutablement devenu le dépositaire du jeu offensif. »

2. « Bedimo-Bocaly, deux plus en attaque »
« Ils ont pris Henri Bedimo à Lens qui est un latéral différent de Cyril Jeunechamp. Bedimo monte davantage, il fait beaucoup d’appels, prend son couloir, n’hésite pas à frapper. Il a marqué du gauche. C’est le parfait pendant de Garry Bocaly qui est un joueur intéressant à droite. Il doit encore faire attention à bien fermer l’intérieur, aux joueurs qui partent dans son dos, mais c’est une question de dosage et d’équilibre. Sinon, c’est l’arrière droit moderne par excellence. L’apport de ces deux latéraux renforce les options de jeu de Montpellier en attaque, un peu plus que la saison dernière encore puisque Bedimo déborde et va au bout de ses actions à gauche, ce que ne fait pas Jeunechamp. »

3. « C’est très costaud et très jeune derrière, ça va vite »
« Emir Spahic était montré du doigt par tout le milieu du foot, il a pris 17 matches de suspension, il ne pouvait plus rester. Mais il ne faut pas oublier qu’il a été exceptionnel au cours de sa première saison. C’est un grand joueur, même si ses coups de coude constituent des gestes insupportables. Toute l’équipe en pâtissait. Aujourd’hui, avec Hilton, un joueur que j’aime bien, ils ont récupéré un gars d’expérience pour encadrer une défense très jeune. Hilton a du métier. Dans le placement, le calme qu’il dégage, il fait du bien. A ses côtés, Mapou Yanga-Mbiwa peut exprimer toute son explosivité. Lui dispose d’un gros, d’un énorme potentiel. C’est très costaud et très jeune derrière, ça va vite. »

4. « René Girard, l’homme qu’il fallait »
« Au niveau humain, René est quelqu’un de très bien. C’est exactement l’entraîneur qu’il fallait à Montpellier. Il s’agit d’un homme de caractère, de la région, il s’appuie sur certaines valeurs humaines, des principes de jeu et de comportement. Il pousse ses joueurs à s’exprimer. Il ne plaît pas à tout le monde mais ça fait partie du jeu. D’ailleurs, il en joue un peu, c’est normal. Le foot reste un sport viril, un sport de contacts. »

5. « Equilibrés sur les coups de pied arrêtés »
« Sur le plan athlétique, les Montpelliérains ont prouvé sur les trois dernières saisons mais je les trouve encore en progrès. Ils ont des grands et bons joueurs de tête avec Olivier Giroud, Yanga-Mbiwa et Hilton, sur les coups de pied arrêtés. Et puis Belhanda les frappe très bien. Ils sont bien équilibrés. Pareil défensivement où ils ont l’impact et la taille. Bon, ce n’est pas un énorme point fort comme Bordeaux à son époque mais ils sont armés. Ils savent l’importance de ces phases arrêtées. »

Comment jouer contre eux ?
« Avec un bloc-équipe qui doit rester très compact car il faut réaliser un pressing de tous les instants. Jouer assez haut pour leur poser des problèmes dans les premières passes. Car si elle trouve de l’espace, c’est une équipe qui sait jouer dans la profondeur. Ils utilisent bien les couloirs, beaucoup mieux que l’an dernier. Donc, d’abord fermer les espaces et aussi proposer des solutions dans les couloirs. Que les deux arrières latéraux obligent leurs deux joueurs offensifs excentrés, Souleymane Camara et John Utaka, pour ne citer qu’eux, à effectuer du travail défensif. »

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